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  • 30 avril 2019 – Etat des lieux des impacts territoriaux du changement climatique en France

    Pour le deuxième numéro de sa revue de presse, Notre Affaire à Tous vous propose un état des lieux des impacts territoriaux du changement climatique en France ! Les prochaines revues de presse seront envoyées de manière mensuelle et sur des thèmes précis : aggravations des inégalités sociales, impacts sur les perspectives de la jeunesse, effets des hausses de chaleur sur nos territoires et la biodiversité… Pour continuer à recevoir cette revue de presse, abonnez-vous, et rendez-vous le 28 mai pour le prochain numéro !  

    Nous avons aussi lancé un appel à témoins du changement climatique pour mettre des visages sur ces impacts et montrer la nécessité d’agir pour le climat et l’environnement. Témoignez, pour faire entendre votre voix et celle de toutes celles et ceux qui subissent un préjudice. 

    • Les chaînes de montagnes : sentinelles du climat en danger

    Les chaînes montagneuses sont mises en danger par les activités destructrices du climat. Selon le bilan climatique dans les Alpes du Nord de l’Observatoire régional des effets du changement climatique (ORECC), en 2018, “l’année 2018 enregistre un écart de +2.35°C par rapport à la normale 1961-1990 et de +2°C par rapport à 1981-2010. C’est l’année la plus chaude jamais enregistrée sur les Alpes françaises”. Les conséquences de ce réchauffement rapide ? “Les glaciers des Alpes risquent de fondre à 90% d’ici 2100”, selon une équipe de chercheurs suisses qui insistent sur la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre. 

    Les fontes des glaces vont aussi causer l’assèchement des cours d’eau et entraîner une potentielle émergence d’un conflit d’usage entre neige de culture et eau potable. Chaque année, 263 000 mètres cubes d’eau servent à la production de neige et permettent d’enneiger 35% du domaine. Pour l’heure, il n’y aurait pas de déficit en eau potable. 

    Le phénomène de la fonte des glaces se retrouve ailleurs dans le monde, de l’Alaska, à la Patagonie, en passant par les Alpes. Les glaciers “ont perdu plus de 9 000 milliards de tonnes de glace depuis 1961, contribuant à l’élévation du niveau des mers”. Et les glaciers continentaux seront les plus touchés par le réchauffement que les calottes glaciaires du Groenland ou de l’Antarctique.

    • L’Occitanie : entre sécheresses, inondations, et diminution de l’enneigement

    Avec un réchauffement attendu entre 2 et 7°C d’ici 2100, outre les impacts sur le tourisme, l’agriculture, ou la production hydroélectrique, la population devra se préparer à affronter davantage de phénomènes climatiques extrêmes, des risques naturels accrus, des réserves d’eau réduites et de qualité moindre, sans oublier les impacts sur la biodiversité. Le Pic du Midi a enregistré un record de chaleur, en été 2018, le plus chaud depuis 130 ans selon l’Observatoire des Pyrénées qui a relevé un record de plus de 100 jours sans gel. Météo France et des météorologistes espagnols ont montré qu’entre 1959 et 2010, “les températures moyennes dans les Pyrénées ont augmenté de 1,2 °C, bien que le réchauffement n’ait été ni constant, ni régulier.” 

    Les territoires et les populations de l’Occitanie aussi sont particulièrement touchés par le changement climatique. Dans les Pyrénées par exemple, on note une diminution de l’enneigement, avec ses répercussions sur les rivières. Par ailleurs, il est estimé que la Garonne devrait perdre jusqu’à 30 ou 40% de son débit, avec des effets déjà visibles aujourd’hui. La fréquence augmentée des intempéries vient en revanche la faire déborder plus souvent, entraînant, outre des dégâts matériels, des risques sanitaires, comme suite aux inondations dans l’Aude en octobre 2018. Ces événements extrêmes touchent aussi les cultures, notamment celle du vin.

    • Bretagne : adaptation du territoire face à l’érosion du littoral, et la pollution

    La Bretagne aussi fait face aux effets du changement climatique et des dégradations environnementales. C’est d’abord la hausse du niveau des mers qui inquiète, puisque une hausse de 1 mètre est prévue sur le littoral breton d’ici à 2100, ainsi qu’une hausse des coefficients de marées, provoquant l’érosion du littoral. Le rapport de l’Observatoire de l’environnement en Bretagne démontre que le climat est déjà impacté, notamment à cause des polluants venant de l’élevage de porcs ou du transport. 

    Ce sont aussi les dégradations environnementales comme la pollution qui entraînent une détérioration de la qualité de l’air breton et près de 3000 décès par an. 3 départements étaient d’ailleurs en alerte aux particules fines en ce début de mois d’avril. 

    Face à cela, collectivités, citoyens et associations agissent : à l’image de la métropole rennaise qui a adopté un plan climat ayant pour objectif de diviser par deux ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, ou encore l’agglomération lorientaise qui enclenche une dynamique collective contre le changement climatique, autour du label européen Cit’ergie. C’est aussi une cinquantaine de citoyens rennais volontaires qui tentent de contrôler eux-mêmes la qualité de l’air pour alerter et susciter une prise de conscience auprès des habitants.

    • Alerte sécheresse en avril, en Hauts-de-France : le symbole de l’urgence

    Depuis le 9 avril 2019, la région des Hauts-de-France, à l’exception du delta de l’Aa, se trouve en alerte sécheresse, et ce, jusqu’au 30 juin 2019. De lourdes restrictions sont ainsi imposées pour faire face au déficit pluviométrique : de l’interdiction de laver les véhicules pour les particuliers, à la restriction de l’irrigation pour les agriculteurs en passant par un objectif de réduction de consommation d’eau de 10% pour les industriels. 

    La préfecture de l’Aisne avait déjà restreint la consommation d’eau dans le département à la fin du mois d’octobre 2018 pour la même raison. Cette situation a un impact très fort notamment dans les zones agricoles : certains départements français ont d’ailleurs été reconnus en état de « calamité agricole » en décembre 2018

    L’hydrologue Emma Haziza alerte sur les risques d’accroissement des périodes de sécheresse, en alternance avec des épisodes d’inondations majeurs. Elle signale que « pour arrêter de subir, il faut revoir en profondeur la manière dont on pratique notre usage des sols en France ». Des solutions efficaces peuvent être mise en place, sur le modèle de la ville de Loos-en-Gohelle qui a profité de la révision du plan d’occupation des sols et est finalement devenu un modèle en matière de transition écologique et sociale.

    • La Nouvelle-Aquitaine face au danger de la mer

    L’érosion du littoral est la principale conséquence du réchauffement climatique en Nouvelle-Aquitaine. La hausse du niveau de l’Océan Atlantique provoque une diminution inexorable du trait de côte.Le Groupement d’Intérêt Public du Littoral Aquitain estime à 160 les logements menacés à court terme par l’érosion côtière et porte le chiffre à 5.800 d’ici 2050. Un des symboles de la problématique de l’érosion côtière ? Le Signal, un immeuble de 4 étages, qui à sa construction entre 1965 et 1970 à Soulac-sur-Mer, se trouvait à 200 mètres de l’océan. Depuis, “la plage a avancé de 4,5 mètres par an”. Mais dans les terres aussi, la problématique de la montée des eaux se fait déjà ressentir, comme dans le Marais Poitevin,largement en dessous du niveau de la mer, où le risque de submersion du territoire va augmenter. 

    La région Nouvelle-Aquitaine a d’ailleurs fait l’objet de plusieurs études sous la direction du climatologue Hervé Le Treut, sur les impacts du changement climatique et sur l’anticipation des changements climatiques par les territoires et les populations.

    • Outre-Mer : les injustices climatiques en première ligne

    Les territoires et populations d’outre-mer sont aussi particulièrement touchés par le dérèglement du climat. La question des injustices climatiques y est encore plus prégnante. Alors que les territoires d’outre-mer français représentent quasiment 0% des émissions de gaz à effet de serre de la France, ils sont les plus vulnérables et les premiers impactés. Au delà de leur position géographique, le combat est non seulement celui de la justice climatique mais aussi de la justice sociale. Le prisme de l’histoire coloniale est à prendre en compte dans l’étude de ces inégalités climatiques. 

    Ces inégalités s’illustrent d’ailleurs par l’ouragan Irma de septembre 2017. A Saint-Martin, un appel à la grève générale a été lancé, jeudi 11 avril 2019, par des syndicats et des collectifs pour dénoncer les suites de l’ouragan, avec des revendications concernant les reconstructions, le maintien du service public, ou encore la résolution d’un conflit social à la collectivité. Symbole des inégalités, Saint-Martin cumule aléas climatiques et forte vulnérabilité, exposée à des cyclones de plus en plus intenses et fréquents, et l’insuffisance des mesures de prévention et réduction des risques. Les populations s’en relèvent difficilement à cause d’un accompagnement post-catastrophe trop faible et la lenteur de la reconstruction.

    Les impacts sur la nature aussi sont très visibles : les coraux de la Polynésie Française sont particulièrement menacés. On remarque dès maintenant une accélération de leur blanchissement à cause des températures trop élevées de l’Océan Pacifique. Malgré ces effets, les décideurs politiques ne semblent pas comprendre l’ampleur de l’urgence, puisque le Parlement Européen a voté, le 4 avril dernier, une loi pour subventionner le secteur de la pêche pour la période 2021-2027, qui aura notamment des effets désastreux sur la biodiversité des “régions ultrapériphériques européennes” (dont la Guadeloupe, La Réunion, Mayotte, La Guyane, La Martinique, Saint Martin).

  • 19 avril 2019 – Etat des lieux des impacts socio-économiques du dérèglement climatique

    Ce 19 avril 2019, Notre Affaire à Tous sort sa première revue de presse sur les impacts du changement climatique ! Notre souhait ? Mettre en lumière les conséquences du dérèglement du climat sur les territoires, les populations, le vivant. En partant du constat, qu’en France aussi, dès aujourd’hui, les dégradations environnementales et le bouleversement des équilibres de notre planète accentuent les vulnérabilités et renforcent les inégalités existantes. Dans un premier temps, cette revue de presse s’attèlera à faire un état des lieux des enjeux de justice climatique. Sur deux numéros, chacun envoyés à deux semaines d’intervalle, nous balayerons les impacts sociaux, économiques et territoriaux des changements climatiques. La revue de presse sera ensuite envoyée à tou-tes celles et ceux qui souhaitent s’y abonner de manière mensuelle. 

    Fin 2018, des journalistes de Basta Mag, Mediapart, Politis, Reporterre et la Revue Projet se sont associés, sous l’impulsion de Notre Affaire à Tous, et ont formé le JIEC – Journalistes d’Investigation sur l’Écologie et le Climat. Ils ont publié le 18 avril une deuxième série de portraits de témoins du changement climatique :

    Ils ont étudié l’impact du changement climatique sur la santé, à travers l’explosion du nombre d’allergies et de la réalité du stress post-traumatique causé par des catastrophes naturelles, de l’Aude à Saint-Martin. Ils sont allés à la rencontre de viciticulteur-rices et d’éleveurs laitiers, qui doivent sans cesse s’adapter à leurs milieux. Enfin, la jeunesse est mise en avant, car, inquiète de son avenir sur Terre, elle se mobilise, et ne laisse pas les destructeurs du climat lui voler son futur.

    I – Des conséquences sociales du changement climatique toujours plus visibles

    • La santé humaine, considérablement impactée

    Le GIEC a d’ailleurs reconnu cette menace importante, montrant que les problèmes de santé existants étaient aggravés et que d’autres survenaient avec ce phénomène. En période de canicule notamment, les impacts sur la santé vont “du coup de chaleur ou insolation à l’exacerbation de problèmes cardiaques existants ou encore le risque accru de lésions rénales dues à la déshydratation”.

    L’émergence de maladies est rendue favorable par la chaleur. La Réunion est particulièrement vulnérable à la dengue par exemple, même si cette maladie “s’étend à d’autres terres”, jusqu’en métropole. Causée par les piqûres du moustique tigre, elle fait partie des pathologies qui migrent avec le réchauffement climatique. Les maladies vectorielles comme la dengue ou le chikungunya comptent d’ailleurs parmi les principaux impacts sanitaires du réchauffement. Elles sont sont surveillés en France depuis le début des années 2000.

    Notre santé mentale, aussi, est altérée par le changement climatique : puisque “de 20 % à 50 % des personnes exposées à une catastrophe naturelle ont un risque de développer des troubles psychologiques”. Ses effets sont encore peu étudiés, alors même que les personnes les plus vulnérables sont les plus touchées. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), “dans les pays développés comme en développement, il apparaît que les sécheresses peuvent entraîner une augmentation du taux de suicide disproportionnée chez les hommes agriculteurs”.

    Les dégradations environnementales dûes notamment à la pollution ont aussi de graves effets sur la santé : un rapport de mars 2019 de l’association Respire fait un état des lieux de la pollution de l’air à proximité des établissements scolaires en Ile-de-France, accompagnée d’une carte interactive du niveau de pollution par école. Un quart des écoles sont particulièrement exposées. UNICEF France a d’ailleurs lancé une campagne “Pour chaque enfant, un air pur !” début avril, pour exposer les effets de l’air en ville sur les enfants.

    • Les logements, signes des inégalités environnementales

    Outre la santé, ce sont les lieux de vie des personnes et leur droit au logement qui sont inégalement touchés : la précarité énergétique touche aujourd’hui 5 millions de ménages en France. Certaines de ces personnes haussent le ton pour exiger la rénovation de leurs bâtiments.

    II – Des activités économiques mises en danger par le réchauffement planétaire

    Dans son rapport d’évaluation de 2014, le GIEC estime, avec un degré de confiance élevé, que le changement climatique va “remettre en cause certaines activités anthropiques courantes, notamment le fait de cultiver la terre ou de travailler en extérieur”. Mais les professionnels de ces secteurs ne se laissent pas abattre et tentent d’adapter leurs pratiques. 

    • Les métiers de la terre en ligne de mire du changement climatique

    La viticulture en est un exemple. Certains cépages comme le Merlot risquent de disparaître à l’horizon 2050. Face à cela, des chercheurs tentent dès aujourd’hui d’adapter les vignobles au changement. Les rendements des terres agricoles aussi sont particulièrement affectés, comme en Haute-Savoie où “les agriculteurs cherchent les solutions face au changement climatique” : de l’agroforesterie aux semences paysannes, ils tentent de s’adapter, tout en étant inquiets pour leur avenir. Ou encore dans la Drôme, où la famille Feschet qui a perdu 44% de ses revenus liés à la production de lavande ces 6 dernières années. Des stratégies d’adaptation se mettent en place, comme en Ardèche, où des agriculteurs réfléchissent à l’autonomie agricole “non pas à l’échelle de la ferme mais par zone de territoire, en construisant des partenariats avec d’autres paysans”, pour devenir résilients face au changement climatique. 

    C’est également l’activité des apiculteurs qui est en danger, puisque les abeilles, non seulement affectées par l’utilisation des pesticides, sont aussi touchées par la hausse des températures et donc des sécheresses. Les fleurs et la nature souffrent de ces changements, rendant la quête de nourriture des abeilles plus compliquée. Un couple d’apiculteurs du Morbihan a, par exemple, perdu 170 de ses 190 ruches en 2018.

    • Les activités liées au tourisme seront aussi affectées

    A la fois critiqué à l’international comme un des secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre, puisque contribuant à 8% des émissions mondiales, selon une étude de la revue Nature climate change, les professionnels du secteur subiront pourtant des pertes de revenus. 

    Dans les Alpes par exemple, il existe un fort risque de baisse de la fréquentation touristique en hiver comme en été. En hiver, en moyenne montagne à cause de la diminution de l’enneigement. Les années sans neige entraînent d’ailleurs “une baisse de 20 à 30% des revenus des moniteurs de ski”. En été aussi, dans les villes particulièrement, à cause de l’augmentation des températures, qui forment des îlots de chaleur urbains. La Haute-Savoie a d’ailleurs connu une sécheresse très rude en été 2018 : le lac d’Annecy a atteint son niveau le plus bas depuis 1947, ayant des impacts sur les revenus des professionnels du tourisme notamment les loueurs de bateaux et de pédalos. Il n’y a plus non plus de saisons pour l’alpinisme. Les professionnels de la montagne doivent dès lors adapter leurs pratiques.

    Dans deux semaines, nous reviendrons sur les impacts affectant les différents territoires français, et comment ceux-ci essayent de s’adapter ! 

  • Rapport « Total, le chaos climatique »

    Le groupe pétrolier Total a une ambition : « devenir la major de l’énergie responsable » ! Notre Affaire à tous, 350.org et les Amis de la Terre ont confronté cette ambition affichée à la réelle stratégie environnementale du groupe par la publication le 29 mai 2019 du rapport « Total, la stratégie du chaos climatique » afin de dénoncer ses incohérences en matière climatique.

    Total communique sur un scénario à 2°C

    Dans sa communication, Total assure suivre l’objectif de limitation du changement climatique à 2 °C défini par l’Accord de Paris. Pourtant la lecture des annexes aux comptes consolidés  du groupe révèle clairement une incompatibilité avec cet objectif. L’entreprise se réfère en réalité au New Policies Scenario (NPS) de l’Agence Internationale de l’Énergie pour le développement de ses activités d’énergies fossiles. Le réchauffement de la planète à la fin du siècle ne serait plus de 2 °C, mais de 2,7 °C selon les concepteurs de ce scénario, voir de 3,3 °C selon certains experts.

    Incompatibilité totale entre la stratégie du groupe et son ambition d’être leader de « l’énergie responsable »

    Total affiche son ambition de croître dans le gaz que le groupe qualifie d’énergie “bas carbone”. C’est pourtant une énergie au potentiel de réchauffement global 84 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone sur 20 ans ! Pour compenser cela, le groupe compte sur les technologies de capture et de séquestration de carbone (CCUS). Celles-ci ne sont pourtant même pas disponibles  Les bioraffineries, à base d’huile de palme ne peuvent représenter non plus une mesure concrète de lutte contre le changement climatique.

    Et les énergies renouvelables ? Seulement 0,5 milliards ont été investi par Total en 2018 dans les énergies “bas carbone” dont le gaz contre 9,2 milliards dans l’exploration – production d’hydrocarbures . Un objectif à 2 °C ne permet pas de nouveaux projets d’extraction d’hydrocarbures, laissons les énergies fossiles dans le sol !

    Il semble sensé de se questionner sur l’ambition affichée par Total d’être le leader de l’énergie responsable, surtout lorsque le rapport 2014 du Carbon Majors place Total à la 14ème place des industriels ayant le plus contribué au changement climatique !

    Total joue un scénario risqué

    Le dernier rapport du GIEC est sans appel. Un réchauffement de plus de 1,5 °C à la fin du siècle aura des conséquences non négligeables sur les populations et les écosystèmes. Au delà de 2°C, les impacts seront dramatiques. Beaucoup de conséquences du changement climatique sont aujourd’hui visibles. La montée des eaux menace les populations insulaires, les agriculteurs manquent d’eau pour leurs cultures, les vagues de chaleurs répétées tuent les personnes les plus vulnérables… Le rapport 2019 de l’IPBES sur la biodiversité est tout autant alarmant et nous questionne sur notre rapport au vivant. Poursuivre une trajectoire à 2,7 °C, c’est accepter de mettre en danger les générations futures et l’écosystème terrestre.

    Qui paiera cette prise de risque ?

    Dans le monde ou en France, les premiers touchés sont les pays ou les personnes qui contribuent le moins au changement climatique. Le dérèglement climatique renforce les inégalités sociales et économiques.

    Qui supportera le coût des pertes et des dommages ? Les multinationales, principales émettrices de CO2 ne peuvent plus se soustraire à leur responsabilité dans cette crise climatique. Elles ont le devoir de prévenir une aggravation supplémentaire du changement climatique et réparer les coûts engendrés par le réchauffement climatique.

    C’est pourquoi, le 23 octobre 2018, accompagnées de Notre Affaire à tous, Sherpa, les éco-maires et ZEA Océans ont décidé d’interpeller Total pour exiger la mise en conformité de sa stratégie d’entreprise avec les objectifs de l’Accord de Paris et le respect des 1,5°C.

    Le 29 mai, lors de l’Assemblée Générale du groupe Total, Notre Affaire à Tous et les associations partenaires ont informé les actionnaires et investisseurs de la firme du double discours tenu par Total en leur distribuant un résumé du rapport.

    Nos demandes

    Nous appelons Total et les décideurs à interrompre les recherches & les exploitations d’hydrocarbures, non seulement en France mais également dans le monde entier.

    Nous appelons les investisseurs à cesser d’investir dans les entreprises pétrolières et gazières comme Total, fortement émettrices de CO2 et principales responsables de changement climatique.

    La mise en œuvre d’une transition énergétique demeure techniquement et économiquement possible, y compris pour Total

    En savoir plus

  • CP / Rapport Total : la stratégie du chaos climatique

    Communiqué de presse – 28 mai 2019

    A la veille de l’Assemblée générale de Total, Notre Affaire à Tous, 350.org et les Amis de la Terre France publient, avec le soutien de Sherpa, des Ecomaires, d’Attac et de l’Observatoire des multinationales, un rapport décryptant la stratégie climat du groupe pétrolier : une stratégie de façade, absolument incompatible avec les objectifs de l’Accord de Paris. En continuant à miser massivement sur les hydrocarbures, Total menace les vies de millions de personnes en France et dans le monde, et s’expose à des risques juridiques et financiers importants. (1)

    Alors que dans sa communication, la multinationale assure vouloir limiter le réchauffement climatique à 2°C, les annexes aux comptes consolidés de Total révèlent que le Groupe construit en réalité une stratégie complètement déconnectée du respect des objectifs de l’Accord de Paris, nous menant vers 2,7°C à 3°C de réchauffement (2). En effet, Total continue d’investir massivement et quasiment exclusivement dans le pétrole et le gaz, y compris dans l’exploration de nouveaux gisements et a multiplié les nouveaux projets depuis la COP21.

    Grâce à un travail de recherche approfondi, le rapport publié par les associations démontre que la stratégie climat de la multinationale pétrolière ainsi que ses leviers d’atténuation d’impact climatique ne sont qu’une façade et qu’ils nous conduisent au contraire irrémédiablement vers une aggravation de la crise actuelle.

    En effet, la stratégie climat de Total est criblée de fausses solutions : d’une part des investissements massifs dans le gaz et les agrocarburants, qui provoquent à la fois de lourds impacts climatiques, sociaux et environnementaux, et d’autre part, un espoir aveugle dans les technologies de capture et stockage du CO2, dont le déploiement est risqué et dont l’effectivité repose grandement sur de la spéculation.

    Selon Juliette Renaud, des Amis de la Terre France : “Le gaz n’est pas une énergie “propre” ou “de transition”, c’est une énergie fossile au bilan climatique catastrophique en raison des inévitables fuites de méthane liées à son extraction, sa transformation et  son transport. Total s’enorgueillit de croître dans ce secteur, avec notamment l’acquisition récente d’importants actifs au Mozambique, alors qu’il s’agit d’une véritable bombe climatique. De plus, avant même qu’il ne commence, ce méga-projet gazier est déjà associé à de nombreuses violations des droits humains des communautés locales” (3).

    Pour Clémence Dubois, de 350.org : “Tandis que des millions de jeunes sont en grève à travers le monde pour exiger la fin de l’ère des combustibles fossiles, Total redouble d’efforts de communication et de lobbying pour continuer à développer de nouveaux projets de pétrole et de gaz qui ne leur laissent aucune chance d’avoir un avenir. Total cherche à échapper à sa responsabilité historique face à la crise climatique, mais notre mouvement force les institutions à prendre la mesure des responsabilités qui leur incombent, et à tenir Total responsable pour les dommages qu’elle cause.”

    Pour Yann Robiou du Pont, climatologue : « Total, à la source d’émissions presque égales à celles de la France poursuit une trajectoire décrite comme ‘responsable’ sur la voie de l’accord de Paris, malgré un objectif d’intensité carbone insuffisant pour rester même sous 2 °C. Ce manque d’ambition et cette ambiguïté sapent les efforts de tous pour atténuer des impacts de plus en plus graves !« 

    Paul Mougeolle, de Notre Affaire à Tous, et auteur du rapport, conclut : “La stratégie climat de Total apparaît d’autant plus grave qu’une limitation du réchauffement climatique à +1.5 °C demeure encore possible, si une réelle transition énergétique vers les renouvelables était entamée. Il y a urgence à agir : Total n’a d’autre choix que de changer radicalement de modèle économique. Faute de quoi l’entreprise s’expose à des risques financiers et juridiques imminents”. (3)

    Nos organisations appellent Total et les décideurs à faire cesser les recherches et les exploitations d’hydrocarbures en France et dans le monde et se conformer aux recommandations scientifiques pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. De même nous appelons les acteurs publics et privés à désinvestir des entreprises pétrolières et gazières comme Total.

    Contacts presse

    Notes :

    (1) Notons que Total fait d’ores et déjà face à plusieurs procédures juridiques lancées par des collectivités territoriales états-uniennes en raison de sa responsabilité dans les impacts provoqués par les changements climatiques. Le Carbon Tracker Initiative en partenariat avec le Principles for Responsible Investment estiment que 30 à 40 % des actifs actuels de Total devraient être abandonnés si une trajectoire conforme aux objectifs de l’Accord de Paris était choisie.

    (2) L’entreprise prend comme modèle le New Policies Scenario de l’Agence Internationale de l’Énergie pour le développement de ses activités d’énergies fossiles. Ce scénario nous mène à 2,7°C de réchauffement selon ses concepteurs, voir à 3,3°C selon certains experts. Il n’est pas certain de surcroît que les mesures annoncées par Total permettent de rejoindre ce scénario.

    (3) Les Amis de la Terre France accueillent en ce moment à Paris Ilham Rawoot et Florence Sitwamynia, deux partenaires du Mozambique et de RDC, qui se rendront à l’Assemblée Générale de Total mercredi 29 mai pour interpeller le PDG et les actionnaires.
    Voir également : Amis de la Terre France, “La France amorce une bombe climatique au large du Mozambique” (mai 2019): https://www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/note-mozambique-lng-at.pdf

  • Vous êtes un-e citoyen-ne ? Agissez !

    En tant que citoyen-ne, vous aussi, vous pouvez agir !

    Accompagnez vos élu-es, en les incitant à rejoindre le mouvement des collectivités qui se défendent !

    Pour ce faire, vous trouverez ici le Kit de mobilisation qui vous servira de guide pour diffuser notre campagne et interpeller vos élu-es.

    De plus, en remplissant ce formulaire, vous pouvez demander à recevoir directement des outils de mobilisation facilement utilisables, notamment pour écrire à vos élu-es.

    Notre Affaire à Tous est là pour vous accompagner dans votre mobilisation.

    Diffusez l’information !

    Les mots-clés pour soutenir l’action :

    • #TerritoiresQuiSeDéfendent
    • #MairesPourLeClimat

    Exemple de post Facebook :

    “Le changement climatique, nous sommes toutes et tous impacté-es, mais personne n’est responsable. Il est temps que cela change ! Grenoble, Bayonne, Nanterre…  : les collectivités se mobilisent pour réclamer la fin de l’impunité et de l’inaction ! Alors [Nom de votre collectivité], on se lance ensemble ?”

    Exemple de tweet :

    “Le #Climat ne semble pas être l’affaire de @Total : les collectivités se mobilisent ! Il est temps d’appliquer le principe #PollueurPayeur ! #TerritoiresQuiSeDéfendent !”

     

    « Face à l’impunité des multinationales fossiles, nous sommes les territoires qui se défendent ! #TerritoiresQuiSeDéfendent”

    “Total est l’entreprise la plus émettrice de GES en France. Réclamons une réelle vigilance des multinationales ! #TerritoiresQuiSeDéfendent”

    Voir et télécharger le logo de l’action et les visuels Facebook et Twitter

    Cette action est soutenue par :

  • Vécus climatiques, injustices écologiques et imaginaires du dérèglement

    Offre de mission : enquête et documentation autour des impacts des changements climatiques

    Participez à notre projets de documentation des impacts des changements climatiques !

    Nous avons lancé ce projet en mai 2018 pour documenter les impacts concrets des changements climatiques et de renforcer la sensibilisation du grand public. La France est déjà touchée par les changements climatiques et de nombreuses personnes en font déjà les frais, nous souhaitons leur donner la parole, rejoignez-nous pour cela !

    Notre partenariat avec l’Université de Lyon 2 permettra la réalisation d’une enquête qualitative cet été dans le sud de la France sur le ressenti des habitant-es par rapport aux effets des changements climatiques. Ces travaux pourront ensuite faire l’objet d’une publication et d’une restitution lors d’un événement public commun à l’automne. Par la suite nous pourrons peut-être former une coalition des personnes impactées en France et peser pour une réelle justice climatique !

  • CP / People’s Climate Case : le Tribunal reconnaît le changement climatique comme une menace pour les individus, mais déclare l’affaire irrecevable

    Communiqué de presse – 22 mai 2019

    Le Tribunal de l’UE a le 15 mai 2019 acté l’irrecevabilité de l’affaire du People’s Climate Case pour des raisons de procédure. Si le tribunal reconnaît dans sa décision les impacts du changement climatique comme menaçant les droits humains des plaignant-es, celui-ci a déclaré de fait, que les familles et les jeunes affecté-es par le changement climatique n’avaient pas le droit de recourir aux tribunaux pour contester les objectifs climatiques européens – objectifs qui mettent leurs droits fondamentaux en danger. Les familles à l’initiative du recours ont prévu de faire appel devant la Cour Européenne de justice (CJUE).

    En mai 2018, 10 familles du Portugal, d’Allemagne, de France, d’Italie, de Roumanie, du Kenya, des Fidji ainsi que l’Association suédoise de la jeunesse saami, Sáminuorra, se rassemblaient dans un recours unique face au Parlement européen et au Conseil Européen, pointant l’insuffisance de l’objectif climatique de l’UE à l’horizon 2030, et les impacts de cette politique inadéquate sur leurs droits humains fondamentaux. Les plaignant-es, au travers de ce recours inédit, affirmaient que l’objectif de l’UE en matière de lutte contre le changement climatique visant à réduire les émissions nationales de gaz à effet de serre d’au moins 40% d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 1990, était trop faible et ainsi menaçait leurs droits fondamentaux à la vie, à la santé, au travail et à la propriété.

    Dans le cadre de leur défense, le Parlement européen et le Conseil européen, en octobre 2018, avaient demandé au Tribunal de statuer sur la recevabilité de l’affaire – une procédure préliminaire permettant de déterminer si les 10 familles et les jeunes Saamis pouvaient être autorisés à contester la politique climatique de l’union devant le Tribunal européen.

    Dans sa décision du 15 mai 2019, et même si le Tribunal de l’UE admet que «chaque individu est affecté d’une manière ou d’une autre par le changement climatique» (“every individual is affected one way or another by climate change”) – ce qui confirme la légitimité des demandeurs à l’origine de la présente affaire -, la plainte est rejetée sur le fondement d’une interprétation des dispositions légales, en particulier le critère de «préoccupation directe et individuelle». Cette décision négative sur la « recevabilité » est décevante mais pas surprenante, car ce critère est connu pour restreindre l’accès aux tribunaux sous certaines conditions. En 2017, un comité de l’ONU a estimé que l’interprétation de ce critère (pour les ordres exécutifs) par la Cour européenne contrevenait aux dispositions de la Convention d’Aarhus relatives à l’accès à la justice.

    Les familles et l’association de jeunesse Saami prévoient de faire appel devant la Cour de justice européenne avant le 15 juillet 2019. Le tribunal de grande instance et de dernière instance (i.e. la CJUE) a toute latitude pour interpréter la loi différemment et ainsi initier de nouveaux développements juridiques, ce que les plaignant-es appellent de leurs voeux. Celle-ci devra décider si les familles des demandeurs et les jeunes Saamis sont autorisés à faire valoir leurs droits devant la justice européenne.

    Roda Verheyen, avocate coordinatrice de l’affaire, a déclaré : « L’affaire n’est pas classée sur le fond. Au contraire, la Cour admet que le changement climatique a un impact sur tout le monde, mais s’abstient de traiter des faits relatifs au changement climatique et aux impacts sur les droits humains. Au cours de la procédure d’appel, nous demanderons à la Cour de justice de la Communauté européenne d’examiner la décision à la lumière des faits climatologiques et des conséquences pour les droits humains que nous avons démontrées au travers de notre requête. Cet ordre ne peut subsister si l’UE souhaite réellement porter le projet d’une « Europe pour tous »« .

    Sanna Vannar, 23 ans, représentante de l’association de jeunesse Saami, a déclaré : « Depuis que nous avons déposé ce recours l’an dernier, les effets du changement climatique se sont encore aggravés. Pour les jeunes Saamis, le changement climatique ne concerne plus seulement la politique. Cela affecte notre vie quotidienne: feux de forêt frappant les pâturages Saamis, morts de rennes dûs au manque de nourriture, et stress émotionnel créé par l’incertitude des conditions climatiques devenant le principal problème de santé de ma génération. Nous avons besoin que les tribunaux examinent les faits sur le changement climatique et rappellent aux dirigeants de l’UE qu’ils ont le devoir de protéger les citoyens. Ce n’est pas juste un recours comme les autres. Il s’agit de protéger nos droits et notre avenir.“

    Maurice Feschet, lavandiculteur français âgé de 73 ans, a déclaré : « À mon âge, en plus de soutenir les marches pour le climat avec les nouvelles générations qui se lèvent, cette affaire est la seule chose que je puisse faire pour protéger mes enfants et mes petits-enfants. En tant que citoyen, je me dois de faire appel devant les tribunaux de cette décision, car les politiciens ne parviennent malheureusement pas à prendre les mesures qui s’imposent en faveur du climat.“

    Pour Marie Pochon, Coordinatrice Générale de Notre Affaire à Tous : « Partout dans le monde et en Europe, les impacts du changement climatique affectent de plus en plus nos droits fondamentaux, et aggravent les inégalités déjà existantes. Or, en refusant d’ouvrir la possibilité pour ces personnes de faire entendre leurs voix et leurs préjudices en matière environnementale ou climatique, ce sont bien les plus fragiles que nous privons de justice. Il est temps que les institutions tout autant que le droit s’adapte à la nouvelle donne climatique, et permette à chacun-e de faire valoir ses droits, non seulement fondamentaux, mais aussi, à un avenir juste et vivable. Nous irons jusqu’au bout de cet appel, et continuerons d’exhorter les élu-es, à tous les niveaux, d’agir à la hauteur de la crise climatique et des solidarités que nous vivons.

    Depuis le lancement du People’s Climate Case en mai 2018, le Parlement européen a adopté deux résolutions appelant à augmenter de 40 % à 55 % les objectifs climatiques de l’UE à l’horizon 2030. La semaine dernière, plusieurs États membres, dont la France, les Pays-Bas, le Danemark, la Suède, l’Espagne, le Portugal, le Luxembourg, la Lettonie et la Belgique, ont publié une déclaration commune invitant tous les dirigeants de l’UE à se mettre d’accord sur la neutralité carbone à l’horizon 2050 et sur le rehaussement de l’Objectif 2030 au Conseil européen de juin.

    Contacts presse

    • Marie Pochon, Coordinatrice Générale, Notre Affaire à Tous : marie@notreaffaireatous.org ; 06 52 26 19 41
    • Goksen Sahin, Coordinatrice du projet, CAN Europe : goksen@caneurope.org ; +32 04 68 45 39 20

    NOTES

    1) L’analyse de ClientEarth sur la procédure d’admissibilité du People’s Climate Case met en évidence le manque d’accès aux tribunaux de l’UE

    2) Chronologie du People’s Climate Case :

    • 24 mai 2018 : 10 familles et l’association de jeunes saami déposent le People’s Climate Case devant le Tribunal de l’UE
    • 13 août 2018 : le Tribunal européen publie l’affaire au Journal officiel de l’Union européenne et la procédure commence officiellement.
    • 24 septembre 2018 : Le CAN Europe, Wemove.eu et l’Association allemande des petits agriculteurs (Arbeitsgemeinschaft bäuerlicher Landwirtschaft e.V.) deviennent intervenants dans le People’s Climate Case
    • 15 octobre 2018 : la défense écrite du Parlement européen et du Conseil sont soumises à la Cour
    • 10 décembre 2018 : les plaignants répondent à la défense de l’UE et la procédure écrite est close.
    • 15 mai 2019 : le Tribunal européen partage son ordonnance du 8 mai 2019 sur l’irrecevabilité de l’affaire.

    3) Les plaidoiries relatives au People’s Climate Case et à l’ordonnance de la Cour sont disponibles ici

  • CP / L’Affaire du siècle est désormais entièrement entre les mains du juge

    Communiqué de presse – Lundi 20 mai 2019

    Les quatre ONG requérantes déposent aujourd’hui devant le tribunal administratif de Paris leur mémoire complémentaire.

    Après la requête déposée pour l’Affaire du Siècle devant le tribunal administratif de Paris le 14 mars dernier, les avocats de Notre Affaire à Tous, la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, Greenpeace France et Oxfam France ont transmis au juge un “mémoire complémentaire” détaillant l’ensemble des arguments présents dans le recours en responsabilité contre l’État français pour inaction climatique.

    Présentation au juge de tous les arguments détaillés des ONG

    Pour Notre Affaire à Tous, la Fondation Nicolas Hulot, Greenpeace France et Oxfam France :

    « Avec le dépôt de ce “mémoire complémentaire”, l’étude complète de l’Affaire du siècle peut enfin commencer. Le document transmis au tribunal administratif de Paris détaille les manquements de l’État en matière climatique depuis le premier rapport du GIEC en 1990 et le Grenelle de l’environnement. Le travail des avocats, juristes et experts de nos quatre organisations dévoile une quantité conséquente d’obligations non mises en oeuvre par l’État. Le document revient aussi sur le préjudice écologique et sur les préjudices moraux des associations.

    Les préoccupations de nos associations sont les suivantes : peut-on accepter que les gouvernements français successifs aient échoué à leur obligation générale de protéger les droits fondamentaux de leurs concitoyens, menacés par les changements climatiques ? Peut-on accepter qu’alors que les autorités étaient informées du dérèglement climatique au plus tard dès les années 1990, la première politique publique climatique ne date que de 2005 avec la loi dite “POPE” ? Peut-on accepter que parmi les obligations spécifiques que l’État s’est lui-même fixées depuis les années 2000, la majorité d’entre elles ne soient pas respectées ou pas mises en oeuvre ? Pour nos ONG, la réponse est trois fois non. »

    Par exemple :

    • En matière d’efficacité énergétique : L’objectif fixé pour la France pour 2020 au niveau européen ne serait atteint qu’en 2026. La loi Grenelle I (2009) fixait déjà l’objectif de 38 % de baisse des consommations d’énergie du parc des bâtiments existants d’ici à 2020, soit un objectif de 400 000 rénovations de logements chaque année à compter de 2013, rehaussé à 500 000 par la loi de transition énergétique de 2015. Or, il n’y a aucun dispositif de suivi mis en place par l’État. Actant le retard pris par la France sur la rénovation, le projet de nouvelle Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) évoque désormais 300 000 rénovations « équivalent complètes » par an.
    • En matière de transport : aucune stratégie cohérente n’a été mise en oeuvre pour atteindre les objectifs fixés par la loi pour renverser la prédominance du transport routier. Alors que la loi Grenelle prévoyait d’atteindre 25 % de hausse de la part modale du fret non routier et non aérien en 2022, la part du ferroviaire s’est effondrée depuis 2001 pour atteindre 10 % en 2017. Sur les 400 milliards d’euros investis dans les infrastructures de transport entre 1990 et 2015, 69,4 % l’ont été pour les routes (contre 19,6 % pour le réseau ferroviaire SNCF et 10 % pour les réseaux ferrés urbains).
    • En matière d’agriculture : en 2017, seule une portion de 6,5 % de la surface agricole utile était cultivée en France en agriculture biologique, loin de l’objectif fixé par la loi Grenelle I de 20 % en 2020. Les ventes d’engrais azoté (41 % des émissions du secteur) ont augmenté de 13 000 tonnes sur la période 2014-2016, en totale contradiction avec la Stratégie nationale bas carbone (SNBC) qui prévoyait de réduire l’utilisation de ces engrais.

    Oui, nous pouvons remporter l’Affaire du Siècle

    Dans le monde, le mouvement pour la justice climatique remporte des victoires et une nouvelle jurisprudence est en train de voir le jour. Le juge peut reconnaître la responsabilité de l’État français et enjoindre au Premier ministre et aux ministres compétents d’adopter toutes les mesures nécessaires pour mettre un terme à l’ensemble des manquements de l’État et réparer les préjudices subis.

    Si malgré tout l’État ne se décidait pas à agir, il se mettrait hors la loi. Les ONG pourraient alors saisir à nouveau la justice et demander l’exécution forcée de la décision.

    Une procédure qui ne dédouane pas l’État d’agir pour le climat

    Alors que plus de deux millions de personnes ont apporté leur soutien à cette initiative juridique sans précédent en France, le gouvernement ne peut se contenter d’attendre l’audience qui pourrait intervenir dans 1 à 2 an(s), sans compter un éventuel appel. La crise climatique est telle que chaque jour qui passe doit être mis au service d’avancées structurantes. Nous appelons l’État à accélérer ses efforts sans attendre l’issue de l’instruction.

    Parallèlement au recours, les ONG de l’Affaire du Siècle ont ainsi proposé 6 catégories de solutions politiques pour commencer à endiguer la crise
    climatique en France :

    1. Instaurer une fiscalité socialement juste au service de la lutte contre le changement climatique. Par exemple : une taxation du kérosène des avions et une taxe carbone dont les recettes sont redistribuées aux ménages.
    2. Créer un service public local de la rénovation énergétique des logements dans tous les territoires, notamment pour éliminer les passoires énergétiques.
    3. Donner la possibilité à toutes et tous de se déplacer plus proprement. Par exemple, en investissant dans les transports en commun, le train et en interdisant la vente de véhicules diesel et essence à horizon 2030.
    4. Instaurer le droit à une alimentation saine et durable pour toutes et tous. Par exemple, en soutenant les repas bios et végétariens dans les cantines.
    5. Développer massivement des énergies renouvelables.
    6. Mettre fin aux cadeaux qui encouragent les entreprises dans leurs actions climaticides. Par exemple, en supprimant les niches fiscales aux activités et industries les plus polluantes.

    Pour les porter, et contraindre l’État à agir dès maintenant en matière climatique, l’ensemble des leviers doit être mobilisé. Par conséquent, les organisations de l’Affaire du Siècle apportent leur soutien à la mobilisation de la jeunesse le 24 mai prochain, qui, pour la deuxième fois en quelques mois, prendra place partout dans le monde pour assurer leur avenir.

    Contacts presse :

    • Fondation Nicolas Hulot : Manuela Lorand – 06 98 45 46 91 / m.lorand@fnh.org
    • Greenpeace France : Aude Schmuck – 06 33 58 39 46 / aude.schmuck@greenpeace.org
    • Oxfam France : Noélie Coudurier – 06 17 34 85 68/ ncoudurier@oxfamfrance.org
    • Notre Affaire à Tous : Marie Pochon – 06 52 26 19 41 / marie@notreaffaireatous.org

  • Notre Affaire à Tous est fière d’avoir contribué au Journal de l’Année Climat de Place To B

    Avec le premier Journal de l’Année Climat, l’association Place To B s’associe à 7 ONGs pour vous raconter l’année climatique !

    • Le Journal de l’Année Climat, c’est quoi ?

    Ce journal est engagé et collaboratif, et tire le bilan d’une année de changements climatiques. Il est dédié à l’information sur la lutte contre le changement climatique et aux négociations climatiques ! Pour ce premier numéro de mai 2019, Humans & Climate Change Stories, le REFEDD, CliMates, le GERES, Nature Rights, Climate Chance et Notre Affaire à Tous ont apporté leurs contributions sur les actualités climatiques de 2018.

    Que s’est-il passé de la #COP23 à la #COP24 ? Quels ont été les grands événements de la lutte contre le changement en climatique de 2018 à 2019, en France et hors de nos frontières ? Quels sont les visages et les thèmes qui ont marqué le traitement médiatique du climat lors de l’année écoulée ?

    • Télécharger le premier numéro
  • INVITATION PRESSE / Rencontre croisée mercredi 15 mai

    INVITATION PRESSE : Anuna De Wever et Kyra Gantois, du mouvement jeunes pour le climat de Belgique, aux côtés de Notre affaire à tous pour présenter leur Manifeste “Nous sommes le climat”

    « Nous avons commencé petit – plus petit est presque impossible. Nous étions deux. « Maintenant, on fait quelque chose », s’est-on lancé l’une à l’autre. »

    Ce mercredi 15 mai, deux mois exactement après le lancement de son manifeste pour une justice climatique “Comment nous allons sauver le monde”,  Notre Affaire à Tous accueillera lors d’une rencontre exceptionnelle les initiatrices des marches pour le climat qui ont mobilisé jusqu’à 70 000 personnes à Bruxelles, Anuna de Wever et Kyra Gantois, pour présenter leur manifeste “Nous sommes le climat”, récemment publié le 9 mai aux éditions Stock.

    Cette rencontre se tiendra à la Base d’action sociale et écologique, 31 rue Bichat, Paris 10, ce mercredi 15 mai, à partir de 19h30

    En présence de : Anuna De Wever, Kyra Gantois, auteures du manifeste Nous sommes le climat ; Judith Perrignon et Marie Toussaint, porteuses du Manifeste Comment nous allons sauver le monde; soirée animée par Hugo Viel, de Youth for Climate et en présence de nombreux-ses militant-es de Notre Affaire à Tous et du mouvement de la jeunesse pour le climat.

    Notre affaire à tous est ravie d’accueillir, une fois de plus, la jeunesse qui réclame son droit à un avenir, par-delà les frontières, et rappelle que l’action est encore possible !

    A la suite des batailles pour les droits civiques, auxquelles ont succédé, à l’ère industrielle, celles pour les droits sociaux, la bataille du XXIe siècle sera celle qui consacrera un nouveau rapport au vivant, en protégeant les pollués des pollueurs. Associations de la justice sociale, de protection de l’environnement, syndicats, collectivités, mouvements de jeunesse… nous sommes tou.te.s des avocat.e.s d’une planète qui meurt de ne pas avoir de voix. Nos manifestes portent cet appel à la révolte et à l’action, pour la protéger et faire valoir la justice climatique.

    Contacts presse

    • Marie Pochon, Coordinatrice Générale Notre Affaire à Tous 06 52 26 19 51 marie@notreaffaireatous.org
    • Vanessa Retureau, attachée de presse du manifeste “Nous sommes le climat” VRETUREAU@editions-stock.fr