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  • Ordonnance municipale de Yellow Springs, Ohio (2012) 🗓 🗺

    Ordonnance municipale de Yellow Springs (2012)

    Le 10 janvier 2012, la ville de Yellow Springs (Ohio, USA) a voté une ordonnance municipale accordant des droits aux communautés et écosystèmes naturels par l’adoption d’une Community Bills of Rights. L’ordonnance de Yellow Springs interdit les activités d’extraction de gaz de schiste sur son territoire parce que celles-ci violent les droits civils des résidents de la ville, mais aussi parce qu’elles menacent la santé, la sécurité et le bien-être de la population et des communautés avoisinantes.

    Toutefois, l’ordonnance a été invalidée par une décision de la Cour suprême de l’Ohio car une ordonnance municipale instituant une Charte va à l’encontre de la Constitution de l’Etat.

  • CP / Interdiction d’interpeller les députés devant l’Assemblée : la décision du préfet attaquée par les militants et l’association Notre Affaire à Tous

    7 avril 2021

    Le 6 avril 2021, le rassemblement des militants devant l’Assemblée Nationale, initié par un groupe de jeunes activistes parmi lesquels Camille Étienne, a été interdit par la préfecture de police de Paris. Les militants, et l’association Notre Affaire à Tous, attaquent l’arrêté devant le juge des référés du Tribunal Administratif de Paris. L’affaire sera jugée dans les prochaines 48 heures.

    Depuis le lundi 29 mars, chaque jour de débat à l’Assemblée nationale, des militants écologistes se retrouvent devant le Palais Bourbon pour interpeller les députés au sujet de la loi climat et résilience, des enjeux qui y sont débattus et de la nécessaire ambition du texte.

    Camille Etienne, initiatrice des manifestations explique : “On s’est saisi, nous, les gens, de cette loi climat. On l’a fait sortir de l’hémicycle pour qu’elle prenne l’air. On a aussi retrouvé tout ce qui nous manque cruellement depuis cette pandémie: un lien humain. On a débattu, on s’est retrouvé, on a échangé et c’était beau”.

    Cette initiative est jugée cruciale par les militants. En effet, “le projet de loi climat a profondément dévoyé les 149 propositions de la Convention citoyenne pour le Climat” d’après Chloé Gerbier, juriste de l’Association Notre Affaire à Tous. De plus, les amendements déposés, qui avaient pour but de reprendre l’ambition initiale de ces propositions, ont en grande partie été jugés irrecevables lors de la commission spéciale et de la séance plénière à l’Assemblée Nationale, engendrant un taux record d’irrecevabilité à plus de 30%

    Le mardi 6 avril les militants reçoivent une notification du préfet Didier Lallement annonçant que les rassemblements prévus les mercredi 7, jeudi 8 et vendredi 9 seront interdits. Pourtant lors de ces rassemblements les gestes barrières sont respectés, et la vingtaine de personnes présentes se partagent une place de près de 250m2. Les arguments sont fallacieux : d’après le préfet, les 7, 8 et 9 avril, les forces de l’ordre seront particulièrement occupées à faire respecter les mesures sanitaires et ne pourront assurer la sécurité du regroupement des 20 militants devant l’Assemblée Nationale. 

    En juin dernier le Conseil d’Etat avait pourtant déjà censuré le fait d’interdire les manifestations du fait de la crise sanitaire, jugeant le dispositif attentatoire aux libertés fondamentales.

    Soutenus par l’association Notre Affaire à Tous, Hugo Viel, Julie Pasquet, Mathis Fidaire, Lou Garcia, Stacy Algrain, Camille Etienne, Agathe Daniel déposent un référé liberté au Tribunal Administratif de Paris afin que l’arrêté soit jugé illégal. La décision est attendue dans les prochaines 48 heures.

  • Propositions de loi visant à faire reconnaître les droits de la Nature (2015 et 2017) 🗓 🗺

    Propositions de loi visant à faire reconnaître les droits de la Nature (2015 et 2017)

    Un sénateur argentin a déposé un projet de loi, à deux reprises (2015 et 2017), visant à faire reconnaître les droits de la Nature dans le pays. Bien que cela n’ait pas abouti, c’est la première fois en Argentine qu’une proposition de loi exprime clairement la volonté de faire évoluer la législation de l’anthropocentrisme vers l’écocentrisme.

  • Décret du gouverneur de Nariño (2019) 🗓 🗺

    Décret du gouverneur de Nariño (2019) 🗓 🗺

    Décret du gouverneur de Nariño (2019)

    Le département de Nariño est un des départements de Colombie qui possède la plus grande réserve de biodiversité du pays. Toutefois, il est aussi classé dans les 10 départements les plus déforestés de la région. Pour ces raisons, le 15 juillet 2019, est signé le décret du gouverneur du département de Nariño. Par cet acte, il devient le 1er département colombien à reconnaître des droits à des entités naturelles, et à la nature en général (et non à des entités au cas par cas). Le gouvernement départemental de Nariño s’engage donc à promouvoir le respect, la protection, la conservation et la restauration des écosystèmes stratégiques du département de Nariño. 

  • Décision de la Haute Cour du Bangladesh, rivière Turag (2019) 🗓 🗺

    Décision de la Haute Cour du Bangladesh, rivière Turag (2019)

    Après un grand débat national sur la protection des rivières, la Haute Cour du Bangladesh a déclaré que la rivière Turag et les autres rivières du pays sont des entités vivantes ayant la personnalité juridique et pouvant faire valoir leurs droits. Plusieurs directives sont publiées dans l’objectif de protéger les rivières de la pollution et de l’empiètement sur les rives. Les sanctions prévues en cas de non-respect de ces directives sont sévères. La Commission Nationale de Conservation des Rivières est désignée gardienne des rivières du Bangladesh.

  • Loi du Parlement de l’État de Victoria, Fleuve Yarra (2017) 🗓 🗺

    Loi du Parlement de l’État de Victoria, Fleuve Yarra (2017) 🗓 🗺

    Loi du Parlement de l’État de Victoria, Fleuve Yarra (2017)

    Le 21 septembre 2017, le parlement de l’État de Victoria adopte le Yarra River Protection (Wilip-gin Birrarung murron) Act, qui reconnaît au fleuve Yarra le statut d’entité naturelle. Grâce à ça, est adopté un plan stratégique de gestion et de développement du fleuve sur le long-terme. 

    En parallèle est créé un Conseil, dont la composition reflète les différents intérêts liés au fleuve (membres du peuple Wunrundjeri, intérêts environnementaux, intérêts agricoles et industriels), ayant pour rôle de conseiller le Ministre chargé de la gestion, protection et développement du fleuve Yarra. Le Conseil peut aussi agir au nom du fleuve en tant que gardiens pour défendre ses intérêts, hors terrain judiciaire.

    C’est la première fois que des représentants du peuple aborigène traditionnel détenteur des terres participent à l’élaboration d’un texte de loi dans l’Etat de Victoria. C’est aussi la première fois que l’on confie, avec le Conseil Birrarung, des postes de représentants aux membres de la population aborigène dans cet État.

  • Résolution du Conseil de la Tribu Yurok, rivière Klamath (2019) 🗓 🗺

    Résolution du Conseil de la Tribu Yurok, rivière Klamath (2019)

    Face à la dégradation de l’état de la rivière Klamath à cause de l’agriculture intensive, et à la disparition progressive des saumons, ressource primordiale pour la tribu Yurok, une déclaration des droits de la rivière a été adoptée.. La déclaration octroie à la rivière une personnalité juridique, ce qui lui confère des droits fondamentaux (droit à la vie, droit de s’épanouir et de se développer naturellement, etc.). Elle reconnaît également  la capacité à agir en justice en son nom. Cependant, sans ordonnance, cette résolution n’a pas valeur contraignante. 

  • Code de l’environnement de la Nouvelle-Calédonie, Province des Îles Loyauté (2016) 🗓 🗺

    Code de l’environnement de la Nouvelle-Calédonie, Province des Îles Loyauté (2016) 🗓 🗺

    Code de l’environnement de la Nouvelle-Calédonie, Province des Îles Loyauté (2016)

    La Nouvelle-Calédonie, forte de son statut particulier, a eu l’opportunité de développer son code de l’environnement. La Province des Îles Loyauté le 6 avril 2016, soucieuse de protéger les fondements de la société Kanak, a consacré la possibilité de reconnaître une personnalité juridique à certains éléments de la Nature. Toutefois, il n’y a pas eu à ce jour d’application concrète de cette législation. De plus, les termes de la reconnaissance des droits de la nature sont assez vagues et conditionnés, ce qui peut faire craindre une application très limitée de cette disposition.

  • Loi du Parlement néo-zélandais, Fleuve Whanganui (2017) 🗓 🗺

    Loi du Parlement néo-zélandais, Fleuve Whanganui (2017) 🗓 🗺

    Loi du Parlement néo-zélandais, Fleuve Whanganui (2017)

    La loi du 20 mars 2017 accorde une personnalité juridique au fleuve Whanganui, reconnaissant aux tribus maoris leur connexion spirituelle avec ce fleuve. Les tribus agissent comme son gardien et sont autorisées à défendre ses intérêts et ses droits devant la justice. Cette loi est venue mettre un terme au conflit centenaire qui opposait la Couronne et les cinq tribus maoris qui vivent le long du fleuve Whanganui.

  • Nouvelle étape : nos demandes devant les juges pour que l’Etat respecte sa trajectoire climatique

    Mardi 6 avril, l’Affaire du Siècle a déposé de nouveaux éléments scientifiques et juridiques, pour permettre aux juges de “déterminer avec précision les mesures qui doivent être ordonnées à l’État”[1] pour que la France respecte enfin ses engagements pour le climat et compense son inaction passée.

    Une question inédite en droit

    Rappelez-vous, le 3 février 2021, dans une décision historique, la justice a reconnu l’illégalité de l’inaction climatique de la France, et le préjudice écologique causé par ses émissions excessives de gaz à effet de serre. La faute de l’État établie, le tribunal administratif de Paris devrait désormais condamner l’État à agir en conséquence.
    Les juges ne se substituent pas au gouvernement et au parlement : le pouvoir judiciaire n’a pas pour rôle de définir la politique climatique de la France. En revanche, le tribunal peut contraindre l’État à enfin respecter ses propres engagements !

    👉 Lire les “observations complémentaires” de l’Affaire du Siècle, déposées le 6 avril

    Climat : quand l’État est hors-la-loi

    Dans les 100 pages que nous avons déposées cette semaine au tribunal, nous avons donc démontré en détail que les mesures prises jusqu’ici ne permettent pas à la France de respecter ses objectifs. Nous avons également signalé aux juges un certain nombre de points sur lesquels l’État n’applique pas la loi.

    Ainsi, par exemple, un an et demi après l’adoption de la première loi Énergie-climat du quinquennat d’Emmanuel Macron, moins de la moitié des décrets et ordonnances ont été publiés. Ces textes sont pourtant essentiels à la mise en œuvre effective de la rénovation énergétique des bâtiments, un secteur clé pour lutter contre le réchauffement climatique.

    Pire encore, alors que le secteur des transports est non seulement le secteur le plus émetteur, mais également le seul secteur dont les émissions ont augmenté depuis 1990 [2], moins d’un quart des mesures d’application de la loi d’orientation des mobilités (LOM) de 2019, existent. Un frein majeur au développement des mobilités douces et du ferroviaire…

    Nous soulignons également qu’aucun dispositif de suivi et d’évaluation des mesures n’est en place, même quand ils sont prévus dans la loi !

    En dépit des preuves, le gouvernement continue de nier

    Avec mauvaise foi, l’État continue, dans ses mémoires déposés en janvier, à prétendre que sa politique climatique est suffisante, et met en avant le respect des budgets carbone en 2019 et 2020. Nous rappelons donc aux juges que le budget carbone de 2019 a été rehaussé de près de 5%, soit presque au même niveau que la période 2015-2018, précisément parce que la France n’avait pas réussi à respecter ses objectifs sur cette période ! C’est comme si, pour réussir une épreuve de saut en hauteur, l’État abaissait la barre afin de la franchir plus facilement.
    Quant à 2020, si les émissions de la France ont baissé, c’est uniquement dû à la crise du Covid-19, et non à la mise en place d’actions structurantes pour le climat.

    Comme dans son précédent mémoire, l’État joue la carte de la quantité plutôt que de la qualité et affirme que de nombreuses mesures ont été mises en place… sans les détailler, ni justifier de leur impact supposé sur les émissions de gaz à effet de serre françaises.

    Ainsi par exemple, dans le secteur des bâtiments, l’étude réalisée par Carbone 4 pour l’Affaire du Siècle, montre qu’au mieux, les mesures engagées et vantées par le gouvernement “ne permettraient d’effectuer qu’un peu plus de la moitié des rénovations requises par la Stratégie nationale bas carbone sur la période (2,7 millions contre 4,5 millions) pour espérer atteindre les objectifs climat de la France sur le résidentiel.

    Sur les transports, l’État met en avant le soutien à l’achat de “véhicules à faibles émissions”, alors même que le Haut Conseil pour le Climat juge cette mesure “ambigüe” et signale que “le seuil d’éligibilité actuel est néanmoins totalement incohérent avec le signal d’une transition bas-carbone rapide.” L’État est par contre particulièrement silencieux sur son absence de soutien au ferroviaire, un levier pourtant essentiel pour la transition écologique…

    La France doit agir, vite

    Nous demandons donc aux juges de contraindre l’État à agir, et en particulier à mettre en place les mesures nécessaires et prévues par la loi, pour :

    • respecter les objectifs de réduction des émissions de GES qu’il s’est fixés ;
    • développer les transports ferroviaires ;
    • faire véritablement évoluer le parc automobile français vers des véhicules à faibles émissions ;
    • soutenir les mobilités douces ;
    • rénover effectivement 500 000 logements par an ;
    • rattraper le retard accumulé par le passé sur la rénovation énergétique ;
    • augmenter la surface agricole en bio ;
    • réduire la consommation d’engrais ;
    • réduire la consommation de viande ;
    • effectuer un suivi et une évaluation sincères de la politique climatique de la France.

    Nous insistons sur l’urgence qu’il y a à agir, comme le tribunal l’a lui-même souligné, “le non-respect de la trajectoire [que l’État] s’est fixée pour atteindre ces objectifs engendre des émissions supplémentaires de gaz à effet de serre, qui se cumuleront avec les précédentes et produiront des effets pendant toute la durée de vie de ces gaz dans l’atmosphère, soit environ 100 ans, aggravant ainsi le préjudice écologique”.

    Une nouvelle feuille de route pour la France est nécessaire

    Un texte en particulier encadre la politique climatique de la France : la Stratégie nationale bas carbone (SNBC), qui est censée être notre feuille de route pour arriver à la neutralité carbone en 2050.
    Or la SNBC, telle qu’elle est rédigée, présente de nombreuses limites. D’une part, la trajectoire prévue n’est pas crédible, en repoussant l’essentiel de l’effort de réduction à plus tard. D’autre part, la SNBC ne prend en compte que les “émissions territoriales” de la France, c’est-à-dire uniquement les gaz à effet de serre émis sur le territoire français, et ne comptabilise donc pas les émissions liées au transport international et les “émissions importées”, celles générées par la fabrication à l’étranger de produits consommés en France. Ces dernières représentent pourtant 57% de notre empreinte carbone.

    Enfin, l’Union européenne est sur le point de relever à 55% (contre 40% aujourd’hui) l’objectif de réduction des émissions à l’horizon 2030, il faut donc dès maintenant anticiper l’effort supplémentaire.

    C’est pourquoi nous demandons également à la justice d’ordonner à l’État de revoir sa copie, et de réécrire une politique climatique qui permette effectivement à la France de respecter ses engagements pour le climat.

    👉 Lire les “observations complémentaires” de l’Affaire du Siècle, déposées le 6 avril

    Les prochaines étapes

    L’État peut à nouveau déposer des mémoires pour faire valoir ses arguments, auxquels nous répondrons si cela nous semble nécessaire. Les juges examineront en détail les faits et arguments exposés, puis fixeront une nouvelle date d’audience.
    Le Tribunal administratif de Paris pourrait décider d’attendre la décision que rendra le Conseil d’Etat sur le recours de Grande-Synthe, que nous soutenons également, avant de rendre son jugement dans l’Affaire du Siècle. Ce dernier pourrait donc intervenir entre l’été et la fin de l’année.

    Notes

    [1] Paragraphe 39 de la décision du tribunal administratif de Paris

    [2] Selon les statistiques du Ministère de la transition écologique et solidaire