Nouveau PFAS autorisé dans la Vallée de la chimie : la société civile demande l’annulation de l’arrêté préfectoral

Communiqué des associations Bien Vivre à Pierre-Bénite, Notre Affaire à Tous – Lyon, Eau Bien Commun Lyon-Métropole, LDH Lyon Confluences, et du collectif PFAS contre Terre – Le 28 septembre 2026, quatre associations – Bien Vivre à Pierre-Bénite, Notre Affaire à Tous – Lyon, Eau Bien Commun Lyon-Métropole, LDH Lyon Confluences -, et les Écologistes Rhône-Alpes Pays de Savoie, avec le soutien du collectif PFAS contre Terre, ont saisi la Cour administrative d’appel de Lyon afin de demander l’annulation de l’arrêté préfectoral1 qui a autorisé l’utilisation d’un nouveau PFAS sur le site de Daikin Chemical à Oullins-Pierre-Bénite, sans qu’aucune étude d’impacts ne soit réalisée. 

Pour rappel, la Vallée de la chimie, où sont implantées les usines de production de PFAS d’Arkema et de Daikin Chemical France, est marquée par une contamination généralisée à ces “polluants éternels”, révélés dans la presse au printemps 2022. Depuis, cette pollution fait l’objet d’une documentation croissante et d’une forte mobilisation citoyenne et associative, notamment animée par les populations riveraines des sites industriels.

En mai 2026, la société Daikin Chemical France a porté à connaissance de la Préfecture du Rhône un nouveau projet de production, autorisé par l’arrêté contesté par la requête de nos associations2. Ce nouveau procédé se fonde sur l’utilisation d’une substance nouvelle : le R-1234YF, gaz inflammable de la famille des PFAS présentant un risque de vaporisation violente et explosive d’un liquide (dit risque de BLEVE). Plus inquiétant encore, le scientifique Hans Peter Arp, spécialiste des PFAS, confirme dans une enquête d’Émilie Rosso parue dans France 3 AURA le 25 septembre 2026 que le R-1234YF se dégrade, dans l’atmosphère, en TFA. Le TFA, une des plus petites molécules PFAS, est à l’origine d’une contamination quasi-généralisée des eaux potables en Europe et est suspecté comme toxique pour la reproduction par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) en juin 2026.

Or, l’évaluation des risques sanitaires produite par Daikin, sur lequel se fonde l’arrêté préfectoral à défaut d’étude d’impacts, ne prend pas en compte ces risques d’émissions augmentées de TFA. Pour Jeanne Fleury, présidente de Notre Affaire à Tous – Lyon : “il est incompréhensible et préoccupant que la préfecture n’applique toujours pas le principe de précaution face aux risques liés aux PFAS, qui ont profondément choqué le territoire. Associations et riverain·es demandent à ce que les risques créés par l’industrie PFAS soient enfin correctement évalués, afin que des mesures de protection de la population puissent être envisagées en connaissance de cause”.

Par ailleurs, l’arrêté préfectoral indique notamment que “deux nouveaux phénomènes dangereux sont susceptibles de produire des effets significatifs à l’extérieur de la plate-forme d’Oullins-Pierre-Bénite. Cependant, les zones d’effets de ces phénomènes sont comprises dans les zones d’effets des phénomènes dangereux déjà existants et n’impliquent pas l’exposition de nouvelles populations à des phénomènes dangereux”. Lucas Miguel, du collectif PFAS contre Terre, interroge : “Cela signifie-t-il que la vigilance des autorités censées protéger la santé des populations ne serait que relative dans la mesure où le projet ne ferait qu’exposer davantage des populations déjà bien exposées aux risques industriels ? Nous demandons davantage de garanties, notamment une étude d’impact environnemental.”

En juillet 2026, le Président de Daikin Chemical France a sollicité plusieurs associations et collectifs locaux pour un échange. Affirmant que nos organisations souhaitent allier les questions de santé environnementale et au travail ainsi que de protection de l’emploi, le collectif PFAS contre Terre a répondu favorablement à cette sollicitation, mais ne put que constater que la rencontre fut davantage informative, de la part de la partie Daikin Chemical France, que concertative.

Auparavant, la société Daikin avait déjà été autorisée, sans que cela ne fasse l’objet d’une étude d’impacts, à exploiter une nouvelle unité de production en février 2024, qui dépendait de l’utilisation d’une molécule toxique – le BPAF, entraînant d’importants risques de rejets, comme révélé par une enquête de France 3 AURA. Le projet avait été suspendu suite à la saisine en référé du tribunal administratif de Lyon par nos associations, le tribunal considérant notamment qu’ “il y a lieu […] de tenir compte du fait que le site est implanté dans une zone densément peuplée dans le sud de l’agglomération lyonnaise, où sont installées des usines à l’origine, depuis des décennies, de très importantes émissions dans l’eau et dans l’air de PFAS”, et que, par conséquent “il y avait lieu de soumettre le projet à autorisation environnementale, et donc à évaluation environnementale”3. Par la suite, la société Daikin avait ensuite décidé la mise en place d’installations filtrantes.

Notes

  1. Arrêté n°DDPP-DREAL 2026-142 de Monsieur le Préfet du Rhône en date du 24 juillet 2026 actualisant et complétant les prescriptions applicables à l’installation exploitée par la société Daikin Chemical France à Oullins-Pierre-Bénite. ↩︎
  2. Cet arrêté a été rendu public par voie de presse dans un article du Progrès en date du 03 août 2026. ↩︎
  3. TA Lyon, 20 juin 2024, n° 2412963, para. 14. ↩︎

Contact presse

Pour toute demande presse, contactez Marine Coynel : marine.coynel@notreaffaireatous.org

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