L'Affaire du Siècle

A la suite de l’Affaire Urgenda, des juristes et militant-es ont fondé Notre Affaire à Tous et rassemblé avocat-es, juristes, témoins du changement climatique, influenceurs, journalistes, personnalités, associations et enfin citoyen-nes pour porter ce qui sera le premier recours en responsabilité contre l’État français en matière climatique.

Le jeudi 14 mars, nous avons déposé, avec Oxfam, Greenpeace et la Fondation pour la Nature et l’Homme, le recours en plein contentieux contre l’inaction climatique de l’Etat au Tribunal administratif de Paris : l’Affaire du Siècle. Après l’envoi d’une demande préalable indemnitaire au chef du gouvernement et 11 ministres le 17 décembre 2018, le soutien historique de plus de deux millions de citoyen-nes en quelques semaines a montré la formidable attente sociale d’actions fortes face à l’urgence climatique.

Deux mois plus tard, le gouvernement a répondu à notre demande en se félicitant de ses politiques climatiques et en rejetant la faute sur les comportements individuels. Face à cette réponse médiatique et insatisfaisante, nous entrons dans la deuxième phase de notre action et enclenchons le levier juridique pour lutter contre le dérèglement climatique.

Le recours en plein contentieux de l’Affaire du siècle a été envoyé au greffe du tribunal administratif par voie électronique par notre cabinet d’avocats, le cabinet Vigo, en même temps que les autres organisations partenaires.

L’inaction de l’État est illégale : il doit respecter ses engagements nationaux, européens et internationaux, et protéger les droits humains de ses citoyennes et citoyens.

La crise des gilets jaunes nous l’a montré : les citoyen-ne-s ont compris que la justice climatique et la justice sociale vont de pair. Ils observent aujourd’hui, comme Monsieur Feschet ou Monsieur Périgné, la perte de revenus de leur travail liée à la dégradation du climat. Ils observent, comme Magali Duranville, la mise en danger de leur santé, de leurs vies de famille, de leurs maisons. Les citoyen-ne-s observent aussi que le décalage entre les paroles et les actes sont croissants, et que rien n’est véritablement fait aujourd’hui pour contrer la crise climatique en cours.

Tous les moyens d’action ont été utilisés : les gestes individuels, les marches citoyennes, les opérations de boycott ou encore la résistance non-violente. Mais rien n’y fait : ni les pollueurs, ni les Etats, n’écoutent les aspirations citoyennes et l’urgence soulignée par les scientifiques.

La France est le pays européen le plus impacté par les impacts du réchauffement climatique. Et pourtant, les coûts de la transition reposent sur les plus pauvres.

Aujourd’hui, la France ne tient pas ses engagements, fixés par la loi, alors qu’on nous demande de la respecter. Cette injustice ne peut pas durer. Les français-e-s doivent respecter la loi, les États aussi. La France aussi. Car il est responsable, il doit agir directement, et réguler l’activité des pollueurs.

Puisque ni le pouvoir législatif, ni le pouvoir exécutif n’ont, en France, tenu leurs obligations et agi pour protéger le climat, nous faisons appel au troisième pouvoir constitutionnel, le dernier qu’il nous reste : la justice.


Avec espoir, parce qu’à travers le monde, comme aux Pays-Bas, au Pakistan, ou en Colombie, les juges tendent la main aux citoyen-es pour les protéger et inventer un nouveau modèle climatique, social et démocratique.

La nature ne peut pas se défendre en justice. Avec cette action, nous nous posons comme les avocat-e-s du climat.

Aujourd’hui, nous appelons les associations de toutes sortes, de toutes tailles, les environnementalistes et les associations de la solidarité, ainsi que l’ensemble des syndicats et des corps intermédiaires, à rejoindre notre action.

Nous appelons aussi les citoyen-ne-s à nous rejoindre, en signant notre appel, et en nous accompagnant dans l’Acte II de la procédure juridique : le dépôt du recours “en plein contentieux” devant le Tribunal Administratif de Paris, le 14 mars. Parce que c’est une action efficace, et que la justice climatique est une aspiration citoyenne, c’est notre affaire à tous.

Plus nous serons nombreux-se-s, plus nous serons puissant-e-s pour réclamer de l’Etat qu’il passe à l’action. Alors, pour rejoindre les citoyen-ne-s qui nous soutiennent déjà, vous aussi soutenez l’Affaire du Siècle !

Et pour en savoir plus :

Documents dépôt du recours le 14 mars :
Dossier de presse du 14 mars
Brief juridique de la requête sommaire