Inégalités et injustices climatiques en France

A Notre Affaire à Tous, nous sommes déterminé-es à accompagner et protéger les individus face aux conséquences du dérèglement climatique. Celui-ci nous amènera tous et toutes à subir un préjudice, qu’il soit écologique, moral, physique ou encore économique. Mais des inégalités se font déjà ressentir, selon les individus et entre les territoires, les vulnérabilités existantes s’en trouvant exacerbées.

Aujourd’hui, parce que ce sujet est encore peu investi en France, et parce que la notion d’inégalité climatique et environnementale est au coeur de la justice climatique, nous accordons une importance primordiale à la documentation et la visibilisation des impacts du réchauffement climatique en France. Nous nous intéressons aux multiples victimes : agriculteur-rices, apiculteur-trices, pêcheur-ses, aquaculteur-trices, viticulteur-trices qui voient la poursuite de leurs activités mise en danger, habitant-e-s des littoraux qui voient leur habitat se dégrader, non-humains que le réchauffement climatique impacte parfois mortellement, générations futures qui subiront des conséquences encore aggravées. Les territoires sont aussi affectés par des catastrophes naturelles notamment dans les territoires ultra-marins, des incendies en Corse et dans le Sud de la France, la montée des eaux notamment sur le littoral aquitain, des inondations, des sécheresses, la fonte des glaces…

Le réchauffement climatique est souvent perçu comme une menace globale et uniforme. Pourtant, selon l’âge, le sexe, le statut social des individus, leurs ressources économiques, culturelles et sociales, la vulnérabilité face aux risques du réchauffement climatique est fortement différenciée. Les populations les plus démunies sont à la fois plus exposées aux risques naturels et plus fragiles. En première ligne, les femmes, les enfants et les personnes âgées, celles et ceux occupant des professions reposant sur les activités économiques à forte sensibilité climatique, et surtout les plus pauvres. Ceux-ci cumulent souvent des difficultés d’accès à l’information, au logement, aux services de santé, d’accompagnement, de sécurité sociale et aux institutions formelles. Les espèces animales et végétales ne sont pas non plus épargnées et sont souvent les premières victimes du réchauffement climatique causé par les humains.

Les responsables ont été désigné-es, qu’il s’agisse des États, des entreprises multinationales, des banques : il est maintenant nécessaire de visibiliser les victimes de leurs actions, humaines et non-humaines, pour protéger le vivant !

L’Affaire du Siècle, le premier recours climatique contre l’État français, a permis de mettre des visages sur les impacts, puisque 7 témoins étaient présent-es le jour du dépôt du recours le 18 décembre 2018.  

Nous avons enclenché un premier travail d’enquête, de documentation auprès d’un collectif de journalistes pour le climat, qui a permis la sortie d’une première publication afin d’alerter l’opinion publique et les décideurs de l’urgence d’adapter notre droit à ces devoirs de protection des droits humains. L’objectif : visibiliser les ressentis de différents témoins issu-es d’activités variées (agriculture, pêche, tourisme) et milieux (jeunes générations, habitant-es de zones urbaines économiquement précaires).

Nous sommes convaincu-es que la réalité des inégalités socio-environnementales a un potentiel de mobilisation fort :  ce sujet permet de prendre conscience de l’urgence climatique, qui porte dès maintenant atteinte aux conditions de vie.