Catégorie : Inégalités climatiques

  • JIEC et appels à témoignages

    JIEC et appels à témoignages

    Entre 2018 et 2019, Notre Affaire à Tous a travaillé avec un collectif de journalistes pour le climat, le JIEC – Journalistes d’Investigation sur l’Écologie et le Climat. Issu-es de cinq médias (Politis, Bastamag, La Revue Projet, Mediapart, Reporterre), ils et elles se sont rassemblé-es autour d’un objectif commun : dresser les portraits des témoins du changement climatique, à travers la France.

    Pourquoi ? Sensibiliser le grand public au défi majeur de notre siècle : le combat pour la justice climatique et sociale. Ce combat pour un monde plus juste, protecteur de nos droits fondamentaux et respectueux du vivant ! Cette collaboration s’inscrit dans l’histoire de Notre affaire à tous, qui, depuis 2015, s’engage à accompagner les victimes du changement climatique et faire reconnaître l’obligation des pouvoirs publics de les protéger.

    Nous ne sommes tou-tes pas également responsables face au changement climatique, et celui-ci ne nous affectent pas tou-tes de la même manière, suivant notre genre, notre origine, notre classe sociale, notre territoire… Cette réalité est aujourd’hui trop peu connue, trop peu dite.

    JIEC – Quatre publications communes

    Le 27 novembre 2018, le JIEC a publié conjointement une première série de portraits, qui a permis de mettre des visages sur des témoins de différents territoires, de la région parisienne à La Réunion, en passant par les vignobles du Sud Ouest, et le littoral Atlantique.

    Nous avons poursuivi cette collaboration sans précédent, afin de faire entendre la voix de celles et ceux qui sont encore aujourd’hui inaudibles. Pour mettre des mots sur cette réalité, ce 18 avril, de nouveaux portraits voient le jour. Les journalistes ont étudié l’impact du changement climatique sur la santé, à travers l’explosion du nombre d’allergies (Reporterre) et de la réalité du stress post-traumatique causé par des catastrophes naturelles, de l’Aude à Saint-Martin (Politis). Ils sont allés à la rencontre de viciticulteur-rices (Bastamag) et d’éleveurs laitiers (Revue Projet), qui doivent sans cesse s’adapter à leurs milieux. Enfin, la jeunesse est mise en avant, car, inquiète de son avenir sur Terre, elle se mobilise, et ne laisse pas les destructeurs du climat lui voler son futur (Mediapart).

    Le 4 juillet, le travail commun du JIEC s’est poursuivi, et a permis la publication commune d’une troisième série d’articles ! Les journalistes sont allé-es à la rencontre des scientifiques qui s’engagent pour le climat, et qui ont longtemps été trop peu entendu-es ! De différentes études dans diverses régions, et études sur le caractère liberticide de la transition écologique, à l’importance de concilier justice sociale, transition écologique et enjeux économiques, en passant par différentes initiatives de formations développées pour sensibiliser les étudiants à l’urgence de la situation. Ils et elles ont aussi investigué sur la prise de conscience des scientifiques sur leurs pratiques pour faire évoluer leurs métiers en cohérence avec un engagement écologiste. Enfin, les journalistes ont montré comment l‘anxiété d’étudiant-es peut mener à une recherche de créativité pour s’engager dans la lutte pour la justice climatique. Serait-ce la fin du désert ?

    Depuis novembre 2018, la réalité de l’urgence climatique a gagné du terrain : plus de deux millions de citoyennes et citoyens ont apporté leur soutien à l’Affaire du Siècle. Les foules ont aussi pris d’assaut les rues de France pour dire ensemble : stop à la destruction du climat ! La convergence des mouvements et des générations s’est formée pour dire que nous n’avons pas le temps d’attendre et que la perpétuation des inégalités climatiques est une atteinte aux droits humains.

    Des appels à témoignages

    A travers le monde, le réchauffement climatique affecte les modes de vie et dérègle les écosystèmes. En seulement quelques décennies, les activités humaines en arrivent à poser une menace sur la survie de l’humanité, tandis que la menace sur les droits fondamentaux est d’ores et déjà bien réelle et palpable. Mais il est encore temps d’agir !

    Depuis 2015, Notre Affaire à Tous s’engage pour la protection des droits humains et du vivant. Nous accompagnons les premier-es touché-es par ce phénomène mondial destructeur, souvent les personnes les plus vulnérables, pour que les pouvoirs publics respectent l’obligation de les protéger.

    En France, comme dans le monde, les plus pauvres sont les premier-es touché-es, tout en étant les moins responsables de la dégradation de l’environnement. Le rapport intermédiaire du GIEC d’octobre 2018, établit que la simple différence de température entre 1,5°C à 2°C augmenterait encore plus les risques liés à la santé, la sécurité alimentaire, l’alimentation en eau… Le réchauffement climatique est également l’une des causes majeures de la disparition de 80% des insectes en Europe et de 60% des espèces animales vivant sur Terre.  

    Maurice Feschet, lavandiculteur Drômois, fut l’un des premiers, en France, à s’engager dans la bataille pour la protection de ses droits face à l’inaction climatique. En mai 2018, aux côtés de 10 autres familles, il portait plainte contre l’Union Européenne pour faillite à la protection des droits fondamentaux et manque d’ambition en matière climatique. 

    Persuadé-es de l’intérêt de poser la question des impacts du changement climatique, nous avons lancé deux appels à témoignages pour celles et ceux, qui, comme Maurice, voyaient déjà les impacts du dérèglement climatique sur leurs vies et leurs droits, en France. L’objectif était de documenter les impacts divers que subissent les personnes et les territoires, afin de les rendre visibles, et de leur donner, enfin, une voix dans le débat climatique. Car cette lutte est celle d’un monde plus juste.

    Nous souhaitons accompagner agriculteur-trices, apiculteur-trices, pêcheur-ses, aquaculteur-trices, viticulteur-trices qui voient la poursuite de leurs activités mise en danger, habitant-es des littoraux qui voient leur habitat se dégrader, non-humains que le réchauffement climatique impacte parfois mortellement, générations futures qui subiront des conséquences encore aggravées… Des catastrophes naturelles à la destruction lente mais continue de notre environnement du fait du réchauffement climatique : ensemble, nous sommes une force immense – et agir ensemble pour la justice climatique est notre raison d’être. Le climat est l’affaire de toutes et tous.

    Les à notre appel nous ont permis de commencer un travail d’enquête, de documentation, et d’établissement d’une base de données interdisciplinaire et intersectionnelle sur le sujet des inégalités climatiques. Ce travail s’est concrétisé dans le rapport « Un climat d’inégalités : les impacts inégaux du dérèglement climatique en France », publié en décembre 2020.

    Nous voulons faire de ce sujet l’enjeu principal guidant tous les autres, pour illustrer cette réalité encore occultée, bien que grandissante, des impacts du changement climatique. La génération climat se lève, nous l’accompagnons !

    Pour Notre Affaire à Tous, c’est ensemble, grâce à l’action collective, que nous parviendrons à faire advenir la justice climatique et environnementale. Nous remercions le JIEC pour ce travail précieux et cette collaboration rare entre association et médias.

  • CP / Recours climat européen : l’Union adopte une stratégie d’évitement

    Communiqué de presse / jeudi 29 novembre 2018

    Alors que la jeunesse canadienne en appelle à son tour aux juges pour rappeler à l’ordre son État, le Conseil et de Parlement européen ont donné leurs arguments de défense face au recours des dix familles porté à leur encontre pour inaction climatique, et choisit de se cacher derrière des formalités juridiques.

    Le 24 mai dernier, 10 familles contestaient devant le Tribunal de Justice de l’Union européenne les objectifs climatiques de l’UE à l’horizon 2030, insuffisants et inadéquats pour protéger les citoyens et leurs droits fondamentaux. Le Parlement et le Conseil européens ont soumis ce mois-ci leur première défense dans laquelle ils demandent au Tribunal de déclarer l’affaire irrecevable. À présent, le Tribunal doit entamer une procédure distincte pour décider si les requérants du Recours Climat Citoyen sont autorisés ou non à être entendus.

    Le début d’une procédure de recevabilité mettrait de facto un terme à la procédure menée par les familles requérantes, qui pointent par leur action et la preuve de leur préjudice l’insuffisance des objectifs européens de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour les protéger. La stratégie d’évitement de l’UE par cette voie procédurière met en péril la possibilité pour les plaignant.e.s de prouver leur préjudice et d’être entendu.e.s devant le juge alors même que, partout dans le monde, les citoyen.ne.s sont de plus en plus nombreux.ses à subir les conséquences de l’inaction et à rappeler l’urgence de la situation.

    Cette réponse des institutions de l’UE au recours des familles fait écho à la demande déposée ce lundi 26 novembre par plusieurs jeunes canadiens en vue d’entamer une action collective contre leur gouvernement, pour inaction face au changement climatique et manquement à la protection de leurs droits. Elle fait également écho à la bataille de Our Children’s Trust aux Etats-Unis, soutenue internationalement, pour permettre aux adolescent.e.s requérant.e.s d’exercer leur droit à un procès effectif et équitable là où l’administration de Donald Trump essaie de les faire taire. Partout dans le monde, familles, jeunes générations et citoyens tendent la main aux juges pour voir leurs droits respectés, et exiger pour ce faire une action immédiate et urgente des Etats. Face à ce mouvement d’ampleur, l’UE semble préférer fermer la porte.

    Pourtant, le 25 octobre dernier, le Parlement européen appelait à porter de 40% à 55% l’objectif européen à l’horizon 2030 sur le climat. Hier, la Commission européenne a elle-même reconnu que les politiques de l’UE à l’horizon 2030 n’étaient pas conformes aux objectifs fixés par l’accord de Paris. Ces déclarations appuient la plainte des plaignants du recours climat citoyen, qui demandent aux institutions de prendre acte de leur retard en matière climatique et de se tenir à leurs côté, au lieu de perdre du temps dans les procédures judiciaires.

    Maurice Feschet, le plaignant français, lavandiculteur dans la Drôme, a déclaré: «Lorsque nous avons lancé cette affaire, nous avons fait confiance au système juridique de l’UE pour nous entendre et nous protéger des conséquences de l’aggravation du changement climatique. Peut-être que nous ne sommes pas ceux qui légifèrent, mais nous sommes ceux qui souffrent de l’inaction. Comme les législateurs européens ont déjà accepté que l’UE réhausse son objectif pour 2030 à une trajectoire compatible à 1,5°C, je pense qu’il est temps de discuter et de travailler ensemble sur la manière dont l’UE peut protéger les citoyens et leurs droits fondamentaux. « 

    Juridiquement, cela signifierait que les institutions de l’UE doivent cesser de se défendre devant la Cour et acceptent d’étudier réellement la nécessité de réhausser substantiellement leur objectif 2030.

    Dr. Roda Verheyen, l’avocate du recours, a déclaré: «La reconnaissance par les institutions de l’UE de la nécessité de réhausser leurs objectifs pour le climat à l’horizon 2030 montre clairement que l’objectif climatique de 40% de réduction des émissions d’ici 2030 n’est pas en ligne avec les besoins exprimés par les scientifiques. Plus important encore, cela nous montre que l’UE peut faire plus, s’il y a une volonté politique. Dans notre réponse écrite, nous demanderons à la Cour de ne pas avoir de procédure distincte sur la recevabilité et d’écouter les plaignant.e.s. Cela vaut également pour les institutions de l’UE : elles devraient entendre les personnes affectées par le changement climatique et agir en fonction de l’urgence de la situation. « 

    Pour Marie Toussaint, présidente de Notre Affaire à Tous qui accompagne le recours européen en France : « Le nouveau rapport du GIEC l’a démontré en octobre dernier : l’urgence climatique est là, et ses impacts sur les populations et le vivant ne feront qu’empirer si nous n’agissons pas, maintenant. Même les institutions européennes le reconnaissent ! Il est maintenant essentiel de garantir l’accès à la justice, et l’accès aux droits ! Les victimes des changements climatiques existent, la responsabilité des institutions est de les écouter, et d’agir à leur profit. La COP24 donne aux États membres de l’UE une chance de montrer qu’ils sont sérieux dans la réalisation des objectifs de l’accord de Paris.

    Hier, les médias Politis, Bastamag, Revue projet, Reporterre et Mediapart ont lancé conjointement une série de portraits / témoignages des impacts des changements climatiques en France. Une initiative importante, pour permettre d’en appeler au sensible, au-delà des chiffres et données théoriques.

    Notes complémentaires :

    Communiqué du CAN Europe

    Télécharger le Communiqué de Presse de Notre Affaire à Tous

    Informations générales sur l’action en justice:

    Les plaignants du Recours Climat Citoyen demandent la revue à la hausse de l’objectif de l’Union européenne en matière de lutte contre le changement climatique à l’horizon 2030 devant le Tribunal de Justice de l’UE. Ils affirment que cet objectif est insuffisant au vu de la nécessité de prévenir un changement climatique dangereux et pour protéger les citoyens et leurs droits fondamentaux à la vie, à la santé, à l’occupation et à la propriété.

    Le Recours Climat Citoyen repose sur deux parties : l’annulation d’actes juridiques détrimentaux au respect des accords de Paris et une demande en injonction fondée sur la responsabilité non contractuelle.

    L’action en annulation conteste trois actes juridiques de l’UE:

    – la directive sur les émissions des grandes installations de production d’électricité (le système d’échange de quotas d’émission – ETS)

    – le règlement sur les émissions provenant de l’industrie, des transports, des bâtiments, de l’agriculture, etc. : Règlement Partage ou Règlement relatif à l’action pour le climat mettant en œuvre l’Accord de Paris « (RCA)

    – le règlement sur les émissions et les absorptions dues à l’utilisation des terres, au changement d’affectation des terres et à la foresterie (le règlement LULUCF)

    La requête demande à la Cour de déclarer les trois lois nulles et non avenues dans la mesure où elles autorisent un trop grand nombre d’émissions d’ici à 2030, dans la mesure où elles violent les droits du demandeur et ne sont pas conformes à la loi la plus élevée. Afin de ne pas créer de vide juridique, la Cour ordonne que les trois lois soient maintenues en vigueur jusqu’à ce qu’une meilleure version ne soit promulguée. Cette partie de l’action est fondée sur la procédure prévue à l’article 263 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE).

    La requête invoque également la responsabilité non contractuelle. L’allégation souligne que, du fait des changements climatiques, l’Union européenne doit éviter autant que possible les dommages à la propriété et aux revenus, ainsi qu’à la santé des personnes, et donc limiter les émissions de gaz à effet de serre afin d’éviter des dommages supplémentaires. Cette partie de l’action est basée sur l’art. 340 du TFUE.

    Chronologie:

    La plaidoirie des plaignants a été soumise à la Cour le 24 mai 2018.

    • Le Tribunal européen a publié l’affaire au Journal officiel de l’Union européenne le 13 août 2018 et la procédure a officiellement commencé à partir de ce moment là.
    • Le CAN Europe, Wemove.eu et l’Association allemande des petits agriculteurs ont saisi le Tribunal général européen pour intervenir dans le Recours Climat Citoyen le 24 septembre 2018.
    • La première défense écrite du Parlement européen et du Conseil a été soumise à la Cour au cours de la semaine du 15 octobre.
    • Après la réponse écrite des plaignant.e.s, le Tribunal européen décidera de la recevabilité de l’affaire. Cela pourrait signifier que la Cour rejette l’affaire ou définit une procédure écrite / orale pour définir la recevabilité de l’affaire.
  • Injustices climatiques : un collectif de journalistes pour le climat

    Depuis sa création, Notre Affaire à Tous s’est engagé dans le combat pour la justice environnementale et climatique : pour accompagner et protéger les victimes du changement climatique, pour faire reconnaître leurs droits et l’obligation des pouvoirs publics de les protéger.

    Nous ne sommes tou.te.s pas également responsables face au changement climatique, et celui-ci ne nous affectent pas tou.te.s de la même manière, suivant notre genre, notre origine, notre classe sociale, notre territoire… Cette réalité est aujourd’hui trop peu connue, et trop peu documentée, au niveau international, mais aussi et surtout en France.

    Depuis plusieurs mois, Notre affaire à tous réunit des témoin.e.s du changement climatique, initie débats et discussions avec des chercheurs.ses de différents domaines : philosophie, géographie, économie, sociologues, scientifiques et évidemment sciences dures… afin de renforcer le socle de connaissances aujourd’hui disponible en France. Et ainsi que le montre encore ce dernier article de Jean Gadrey en pleine mobilisation des “gilets jaunes” contre la taxe carbone, nous ne pourrons garantir la justice climatique sans savoir sur qui et comment reposent les efforts fournis pour protéger l’environnement, ni qui sont les personnes les plus impactées par les changements climatiques et la dégradation environnementale.

    Au-delà de la connaissance, nous souhaitons aussi solliciter le sensible. Avoir des chiffres, des données, ne suffira pas à mobiliser le grand public pour l’action ni les populations concernées pour qu’elles participent à l’élaboration des solutions. Nous avons besoin de portraits et de témoignages, d’incarner et d’illustrer, d’en appeler à l’empathie et l’identification.

    Depuis plusieurs mois, nous avons rassemblé des journalistes de plusieurs médias, Bastamag, Mediapart, Politis, Reporterre et la Revue Projet autour de cet objectif commun. Elles ont dressé le portrait d’éleveur-ses, d’ostréiculteur-trices, d’habitant-es de quartiers subissant la précarité énergétique, de malades de la dengue… Originaires d’Ardèche, du bassin de Thau, de La Réunion, des Alpes ou de Seine Saint Denis, ces personnes témoignent de la réalité du changement climatique, et de l’urgence de prendre des mesures pour y faire face, et protéger les personnes qui en subissent les conséquences.

    Pour Notre Affaire à Tous, c’est ensemble, grâce à l’action collective, que nous parviendrons à faire advenir la justice climatique et environnementale. Nous sommes ainsi heureux.ses de partager avec vous le résultat de ce précieux travail, de cette collaboration rare entre association et médias, et nous les en remercions.

    Le manifeste des medias est à retrouver dans Bastamag, Mediapart, Politis, Reporterre et la Revue Projet.

    Les articles :

    Ces territoires pastoraux adaptés au changement climatique, mais abandonnés par l’État, Bastamag

    «On se croyait dans un congélateur»: voyage au cœur de la précarité énergétique dans le 93, Mediapart.

    Dans les Alpes, le changement climatique est déjà une réalité, Reporterre.

    La Dengue s’étend à d’autres terres, Politis.

    Les huîtres, sentinelles du climat, Politis.

    Climat : « Nos moules meurent à cause de leur milieu naturel », la Revue Projet.

    La justice monte au front, Politis

    Coquillages à l’étouffée, Politis

    Dengue c’est quasi impossible de se protéger du moustique, Politis

  • Communiqué de Presse : Plus de 169 000 européens apportent leur soutien au Recours Climat Citoyen

    COMMUNIQUÉ DE PRESSE/ Notre affaire à tous, le 13 novembre 2018

    En ce mardi 13 novembre 2018, à trois semaines de l’ouverture de la COP24, ce sont plus de 169 000 signatures de soutien qui ont été transmises aux requérants du People’s Climate Case, le Recours Climat Citoyen faisant face à l’Union européenne, par les associations environnementales luxembourgeoises ASTM, Greenpeace, Mouvement Ecologique, natur & ëmwelt, ainsi que Wemove.eu et Climate Action Network (CAN) Europe. Cette pétition et ce soutien populaire montrent deux choses : d’une part, les citoyen-nes sont prêt-es pour un changement d’envergure en matière de politique climatique, d’autre part, les citoyen-nes européen-nes considèrent l’accès aux droits en matière climatique comme une nécessité.

    Avec cette pétition, les plaignant-es s’arment d’un outil supplémentaire pour montrer le soutien populaire à leur démarche juridique, et d’un argument solide devant le juge : Ce soutien massif des européen-nes à la démarche de ces dix familles montre que les citoyen-nes sont prêt-es pour un changement d’envergure en matière de politique climatique.

    Pour Maurice Feschet, le requérant français : “Tout seul, face aux pertes de récoltes engendrées par les bouleversements climatiques, je n’ai pas grand pouvoir. Mais ce soutien de taille nous redonne courage et confiance en la légitimité et la nécessité de notre action pour faire changer les choses et demander une action ambitieuse de nos dirigeants au niveau européen pour nous protéger.

    Pour Marie Toussaint, Présidente de l’association Notre Affaire à Tous qui accompagne le recours en France, a déclaré : “Ce recours engagé par les familles plaignantes est un moyen d’assurer, pour chacun-e d’entre nous, un meilleur avenir et la protection de nos droits face aux dégradations environnementales. L’engouement autour de cette pétition le montre : les européen-nes s’inquiètent pour leurs droits et leur avenir, et souhaitent une action plus conséquente de leurs représentant-es. La COP24 sera l’occasion pour l’Union de réaffirmer leurs ambitions en réhaussant leurs objectifs !

    Roda Verheyen, avocate spécialiste en droit de l’environnement, et avocate des familles, a déclaré : « Le changement climatique est déjà un problème pour les tribunaux de nombreux pays européens et du monde entier. Les familles des plaignants font confiance aux tribunaux et au système juridique européen pour protéger leurs droits fondamentaux à la vie, à la santé, au travail et à un habitat sûr face au changement climatique « .

    Télécharger le Communiqué de Presse – 13 Novembre 2018

    Le communiqué du CAN (en anglais)

    Découvrir les visuels de l’action

    Contacts presse :

    Marie Toussaint, Présidente de Notre affaire à tous, 0642008868, marie@notreaffaireatous.org

    Goksen Sahin, Chargée de communication CAN Europe, goksen@caneurope.org

    Pour rappel : le 24 mai 2018, des familles du Portugal, d’Allemagne, de France, d’Italie, de Roumanie, du Kenya et des Fidji, ainsi que l’Association saami de la jeunesse, Sáminuorra de Suède, qui subissent déjà les effets dévastateurs du changement climatique, avaient saisi le Tribunal de Justice de l’UE afin de requérir du Parlement et du Conseil Européens une politique climatique assez ambitieuse pour protéger leurs droits. L’assignation en justice soulevait l’écart entre les ambitions actuelles de l’UE, visant une réduction de 40% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à 1990, bien en-deçà des besoins réels, estimés à au moins -55% d’émissions.

    Le résumé juridique du People’s Climate Case est disponible ici

    L’ensemble des documents juridiques relatifs à l’affaire est disponible ici

    Notre affaire à tous – Agir ensemble pour la justice climatique, association loi 1901 constituée à l’été 2015 faisant du droit un sujet autant qu’un outil de mobilisation pour protéger les communs et le vivant, s’inscrit dans le paysage mondial des recours climat et a pour objet d’initier ou d’accompagner des démarches juridiques en ce sens, et en faveur de la justice sociale et environnementale.

  • CP / Le Parlement Européen appelle à réhausser les objectifs climatiques de l’UE

    Paris, le 25 Octobre 2018 (voir le communiqué du CAN Europe) – Ce jour, les membres du Parlement Européen, appelés à voter la position du Parlement quant à la COP24 de décembre prochain, ont exigé une augmentation des objectifs climatiques de l’UE à l’horizon 2030, pour atteindre 55% de baisse des émissions par rapport au niveau de 1990. De telles ambitions permettraient  de rapprocher la politique climatique de l’Union des engagements nécessaires pour maintenir une trajectoire à 1,5°C, comme préconisé par le  dernier rapport du GIEC, publié plus tôt ce mois-ci.

    Le directeur du Climate Action Network (CAN) Europe, Wendel Trio, a expliqué : “C’est encourageant que le Parlement s’engage ainsi dans ce défi majeur : mettre un terme à la hausse exponentielle des émissions, conformément aux conclusions du rapport du GIEC. En demandant de réhausser les objectifs à -55%, le parlement s’affirme comme réel leader du climat, s’appuyant sur les récentes déclarations de gouvernements européens qui souhaitent augmenter leur action climatique d’ici 2030. Cette décision devrait être une nouvelle incitation pour l’UE de donner tout son soutien à la lutte contre le changement climatique et de réhausser, lors du sommet de la COP24, ses engagements climatiques”.

    Pour Marie Toussaint, présidente de Notre Affaire à Tous, “Ce que dit ce vote, c’est que les européen-nes sont prêt-es à une action plus ambitieuse et immédiate pour préserver leurs modes de vie et leurs droits face à un climat qui se dérégle. C’est un signe adressé aux gouvernements européens : il est aujourd’hui nécessaire que ceux-ci portent à minima cette même ambition (de réduction des émissions de 55% à l’horizon 2030) lors de la COP24 qui s’ouvrira dans un peu plus d’un mois. Au nom de toutes les personnes déjà affectées par les impacts du changement climatique, nous y serons extrêmement vigilant-es.”

    Pour rester en dessous des 1,5°C, l’Union Européenne doit significativement augmenter ses objectifs à l’horizon 2030, au delà même des 55% de réduction des émissions, et s’assurer qu’elle atteigne la neutralité carbone d’ici à 2040.

    Plus tôt cette année, 10 familles et l’Association de Jeunesse Saami “Saminourra” ont assigné le Parlement et le Conseil Européen  en justice, leur demandant d’augmenter significativement leurs objectifs climatiques 2030. Ils affirment que les objectifs actuellement en vigueur ne protègent pas leur droits fondamentaux. Les plaignants du People’s Climate Case ont ainsi immédiatement réagi :

    Alfredo Sendim, plaignant portugais du People’s Climate Case : “Nous subissons les impacts du changement climatique tous les jours. La semaine dernière, un ouragan a traversé le Portugal et cette semaine, nous attendons de la neige. Tout cela n’est pas normal et impacte gravement les fermiers et les villageois du centre de l’Europe. Cette résolution est très importante car elle reconnaît  que l’UE doit augmenter ses objectifs 2030. Maintenant, nous avons besoin d’actions concrètes. C’est la seule manière de protéger les citoyen-nes des impacts de plus en plus graves du changement climatique”.

    Maurice Feschet, agriculteur français et plaignant du People’s Climate Case : “Les dirigeants de l’UE ont finalement admis qu’ils ont besoin de revoir leurs objectifs climatiques 2030. La question qui en découle est “quand ?”. Je suis un grand-père de 72 ans qui a poursuivi en justice l’UE pour demander la protection du climat, pour mes enfants et petits-enfants. C’est sur que je ne serai pas là pour toujours pour écouter des discours politiques. Les personnes atteintes par les conséquences du changement climatique, comme ma famille et moi, ont besoin de voir des actions concrètes être mises en place très rapidement.”

    Contacts presse :

    Ania Drazkiewicz, directrice de communication, CAN Europe, ania@caneurope.org, +32 494 525 738

    Marie Toussaint, présidente de Notre Affaire à Tous, mariev.toussaint@gmail.com, +33642008868

    Lire le Communiqué de Presse

  • Conseil de l’Environnement Européen : Les plaignants du People’s Climate Case attendent la protection de leurs droits et le respect des 1,5°C

    Ce mardi 9 octobre 2018, les plaignant-es du People’s Climate Case / Recours Climat Citoyen se sont réuni-es pour écrire une lettre à l’attention des dirigeant-es européen-nes et notamment des ministres de l’environnement qui se réunissent ce jour pour décider de leurs engagements carbone lors de la COP24 à venir. Cette lettre poignante faite suite à l’action en justice que ces 10 familles ont entamé contre l’Union Européenne devant le Tribunal de l’Union Européenne, l’attaquant pour manque d’ambition de ses politiques climatiques et incapacité en l’état de protéger leurs droits humains fondamentaux.

    Cette lettre a été publiée ce jour dans différents média au niveau Européen (Climate Home News, Newsweek Roumanie, Dagbladet Information (Danemark), Luxembourger Wort, ETC (Suède), Tagesspiegel Background (Allemagne) et Publico au Portugal). En France, elle a été publiée ce jour sur les sites de Médiapart, dans la revue Projet, Bastamag et Politis.

    Retrouvez-la publiée ci-dessous :

    Le seul chiffre qui compte.

    C’est urgent. Nous avons besoin de vous pour regarder dans notre direction et écouter ce que nous avons à dire. Les enjeux sont trop importants.

    Nous vous écrivons en tant qu’agriculteurs, bergers, forestiers, étudiants, propriétaires d’hôtels ou de restaurants. Nous venons de différents pays d’Europe: Suède, Portugal, France, Italie, Allemagne et Roumanie. Et nous avons une seule chose en commun: le changement climatique affecte notre vie quotidienne.

    Il y a quelques mois, nous avons intenté un procès à l’Union Européenne pour le manque criant d’ambition de son objectif climatique à l’horizon 2030. Pour la plupart d’entre nous, c’est la première fois que nous menons une action en justice. Nous ne le ferions pas si l’avenir de nos familles, nos amis, nos foyers, nos traditions et nos enfants n’étaient pas en jeu. Pour nous, le changement climatique n’est pas une affaire de diplomatie ou de  négociations de haut niveau. C’est une affaire à laquelle nous faisons face, aujourd’hui, chez nous, et nous avons le besoin urgent d’une Europe qui nous protège.

    L’année dernière, Armando a perdu ses forêts dans les immenses incendies qui ont décimé le Portugal. Les autorités ont publiquement associé les incendies de forêt au changement climatique. L’élevage de rennes, qui est au cœur de la culture Saami, est menacé par la perte du permafrost. Sanna n’est pas seulement inquiète pour ses rennes mais aussi pour ses traditions, sa culture et l’avenir de sa génération. Maurice a perdu 44% de ses revenus de la culture de la lavande au cours des 6 dernières années en raison de sécheresses consécutives dans le sud de la France. Son fils Renaud est la première génération à devoir changer de coeur d’activité, la culture de la lavande ne pouvant plus garantir un revenu suffisant à toute la famille.

    Les dunes de sable qui protègent les ressources en eau douce de Langeoog, une petite île allemande, sont en proie à de fortes tempêtes. Maike et Michael, qui vivent sur cette île depuis des générations, craignent de perdre l’hôtel et le restaurant qu’ils ont construits de toutes pièces il y a 20 ans. Vlad habite dans les montagnes des Carpates. Il est aujourd’hui forcé d’emmener son bétail paître de 700 m d’altitude à 1400 m d’altitude pour que ses bêtes aient accès à de l’eau et de la pâture. Comme il le dit: «Je ne peux pas aller plus loin avec mon troupeau, car au-dessus de 2000 m, il n’y a que le ciel

    Au Portugal, la ferme biologique d’Alfredo est frappée par des sécheresses de plus en plus graves et de plus en plus fréquentes. Il sait que dans un scénario de changement climatique au-delà de 1,5 ° C, où nous nous dirigeons avec l’objectif climatique actuel de l’UE, les terres qu’il travaille, avec 35 autres familles, laisseront place à un désert, et la ferme devra déménager. La famille d’Ildebrando travaille dans l’apiculture depuis des décennies. Les changements de la saison de floraison et le temps chaud inhabituel ont commencé à détruire les ruches et sa famille a perdu 60% de sa production en 2017. La famille de Giorgio gère un petit hôtel bed & breakfast dans les Alpes italiennes, entièrement dépendant des célèbres opportunités d’escalade de glace dans la région. Les changements de température rendent l’escalade de glace dangereuse et affectent les revenus des familles environnantes.

    Tous ces impacts nous arrivent en ce moment même, et ceci au sein même de l’Europe, à cause d’une augmentation de la température de seulement 1°C. Et c’est déjà plus que ce que nous ne pouvons le supporter.

    Hier, les scientifiques nous ont rappelé que notre avenir dépend d’un seul chiffre: 1.5.

    L’organisme scientifique le plus important au monde sur le changement climatique, le GIEC, a alerté le monde sur les impacts du changement climatique, qui pourraient être bien pires si nous ne limitons pas l’augmentation de la température à 1,5°C. Les scientifiques ont également présenté dans ce rapport que «1,5°C» est à la fois un objectif POSSIBLE et ATTEIGNABLE. C’est l’objectif le plus ambitieux qui soit encore réalisable, si nous agissons de toute urgence.

    L’Union Européenne doit maintenant agir pour protéger nos droits fondamentaux contre les effets aggravants du changement climatique. Dans notre recours et depuis son dépôt, nous demandons à l’UE de réhausser ses objectifs climatiques et de les décliner en action concrète. Nous ne demandons ni compensation, ni argent. Nous pensons qu’une action climatique accrue est le seul moyen de sauver nos proches et nos moyens de subsistance là où nous vivons depuis des générations.

    Les scientifiques et chercheurs nous prouvent encore une fois que nous avons des moyens concrets pour relever ce défi. Et en Europe, nous aurons à venir des moments clefs pour mettre le sujet sur la table et reconsidérer ce que les politiques climatiques coûtent aux réellement aux citoyens – et ce que l’inaction leur coûtera. Aujourd’hui, les ministres de l’environnement des États membres de l’UE se réunissent à Bruxelles pour discuter des actions à mener contre le changement climatique. Dans quelques mois, l’Europe accueillera la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique (UNFCCC) à Katowice, en Pologne. Manquer cette opportunité unique de réhausser les objectifs et les politiques climatiques européens sur une voie compatible à 1,5°C aura des effets dévastateurs sur notre sécurité, notre avenir et nos droits humains fondamentaux.

    Nous appelons les décideurs Européens à écouter les appels des scientifiques et à rehausser l’objectif de l’UE pour le climat à l’horizon 2030 conformément à un scénario compatible à 1,5°C. C’est la seule façon possible de protéger les citoyens contre les effets aggravants du changement climatique. La seule façon dont nous pourrons nous souvenir de cette génération de décideurs européens comme de ceux qui auront écrit l’histoire au profit de tous.

    Sanna Vannar, président de l’Association de jeunesse saami, Suède

    Maurice et Renaud Feschet, agriculteurs, France

    Maike et Michael Recktenwald, Hôtelliers et Restaurateurs, Allemagne

    Vlad Petru, Agriculteur et berger, Roumanie

    Armando Carvalho, garde forestier, Portugal

    Alfredo Sendim, Agriculteur , Portugal

    Ildebrando Conceição, Apiculteur, Portugal

    Joaquim Caixeiro, Agriculteur, Portugal

    Giorgio Elter, Agriculteur et propriétaire d’hôtel, Italie

  • CP / Le CAN Europe devient intervenant dans le recours climat citoyen

    20 septembre 2018, voir le CP original du CAN Europe

    Aujourd’hui, Climate Action Network Europe – CAN Europe a demandé au Tribunal de l’Union Européenne d’intervenir dans l’ affaire du «People’s Climate Case» – une affaire dans laquelle des familles et des jeunes amènent l’UE devant les tribunaux afin de protéger leurs droits fondamentaux contre l’insuffisance des objectifs de l’Union concernant la réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030. À travers cette intervention, le CAN Europe vise à accroître la pression sur l’UE pour qu’elle assume ses responsabilités dans le cadre de l’Accord de Paris.   

    CAN Europe, la principale coalition d’ONG européennes luttant contre le changement climatique avec plus de 150 organisations membres de 35 pays européens, représentant plus de 1.700 ONG et plus de 40 millions de citoyen-nes, présentera ses arguments à la Cour afin que les dirigeant-es Européen-nes prennent la mesure de la nécessité de respecter l’objectif de l’Accord de Paris de limiter l’élévation de température à un maximum de 1,5 ° C.

    Les règles de la Cour de Justice de l’UE permettent aux personnes / organisations d’intervenir, en soutien de l’une des parties en expliquant leur intérêt pour l’issue de l’affaire. Tout intervenant peut soumettre des observations écrites au tribunal et peut également être invité à intervenir lors d’audiences orales. CAN Europe interviendra du côté des requérant-es pour soutenir la demande des plaignant-es touché-es par le changement climatique.

    Le 8 octobre, le rapport spécial du GIEC intitulé «Réchauffement climatique à 1,5 ° C» alertera le monde entier sur les effets néfastes du réchauffement actuel et la manière dont ces impacts s’aggraveront si nous ne limitons pas l’élévation de température à 1,5 ° C. Le rapport montrera également que pour rester en dessous de 1,5 ° C, il faudra procéder à une transition rapide et ambitieuse, difficile mais réalisable, pour mettre fin à l’utilisation et à l’extraction des combustibles fossiles dans tous les secteurs. CAN Europe présentera également les dernières études scientifiques devant la Cour pour soutenir les revendications des plaignant-es au sein du Recours Climat Citoyen et la nécessité d’une action climatique urgente et accrue à tous les niveaux.

    Lors de la conférence de presse organisée ce matin à Bruxelles, Wendel Trio, directeur du CAN Europe, a déclaré:  «Avec l’Accord de Paris, les Etats se sont engagés à poursuivre leurs efforts pour limiter l’augmentation de la température à 1,5 °C. Cependant, ils ne respectent pas leurs engagements. CAN Europe intervient pour la première fois dans un procès car l’issue de cette affaire nous concerne tous. En tant que réseau, nous présenterons des arguments qui démontrent que l’UE devrait adopter des objectifs plus ambitieux en matière de réduction des émissions afin de se conformer à l’Accord de Paris et de protéger les droits humains fondamentaux de ses citoyens. »

    Armando Carvalho, le plaignant portugais du People’s Climate Case qui a perdu ses terres forestières lors des incendies de 2017, a déclaré:  «L’UE doit tenir compte du fait que le changement climatique est de plus en plus évident et affecte dès à présent la vie quotidienne de ses citoyens. Depuis que nous avons lancé l’affaire, nous avons reçu beaucoup de soutien de la part d’autres citoyens et d’ONG à travers l’Europe. L’intervention du CAN Europe dans le Recours Climat Citoyen renforcera non seulement nos revendications, mais enrichira également le débat sur les objectifs 2030 de l’UE. »

    Jean-Pascal van Ypersele, ancien vice-président du GIEC, a déclaré:  «Les conséquences dramatiques du changement climatique que connaissent actuellement les plaignant-es du People’s climate case deviendront une norme en Europe si nous ne réduisons pas les émissions nettes de gaz à effet de serre au cours des prochaines décennies. Pour protéger beaucoup plus de citoyens européens des grandes vagues de chaleur, des fortes pluies, des sécheresses, des tempêtes et des inondations, nous devons faire tout notre possible pour limiter l’augmentation de la température à 1,5 °C. Cette affaire appelle l’Union européenne à intensifier de manière significative son action dans le domaine du climat conformément à la limite de 1,5 ° C inscrite dans l’accord de Paris. »

    Angela Burnett, responsable des changements climatiques aux îles Vierges et auteure de The Irma Diaries, a déclaré:  «Alors que l’Europe était confrontée à des vagues de chaleur et à des sécheresses en 2017, l’ouragan Irma a dévasté les îles Vierges. Nous savons que le changement climatique créera des millions de réfugiés si nous n’agissons pas maintenant. Il est important et inspirant de voir des histoires de personnes qui se relèvent après les catastrophes climatiques et qui luttent pour leurs communautés de toutes ces manières. L’utilisation des juridictions à travers le monde et le partage de nos histoires comptent parmi les moyens les plus importants pour demander de meilleures politiques climatiques.»

    Marc Willers, QC, le principal avocat de Garden Court Chambers représentant le CAN Europe a déclaré:  «Cette affaire judiciaire est sans précédent à bien des égards. Pour la première fois en Europe, les personnes touchées par le changement climatique contestent la conformité de leurs pays à l’Accord de Paris devant les tribunaux européens. Mes collègues et moi-même sommes très heureux de représenter le CAN Europe pour sa candidature en tant qu’intervenant sur le People’s Climate Case. Nous considérons que le CAN Europe apportera une valeur ajoutée à l’affaire et nous espérons que la demande sera acceptée par le Tribunal. »

    CONTACT PRESSE :

    Goksen Sahin, Chargée de la communication CAN Europe, goksen@caneurope.org , +32 468 45 39 20

    Marie Toussaint, Présidente de Notre Affaire à Tous, accompagnant le recours en France, marie@notreaffaireatous.org 

  • CP/ LE RECOURS CLIMAT CITOYEN ACCEPTE PAR LA CJUE !

    CP/ LE RECOURS CLIMAT CITOYEN ACCEPTE PAR LA CJUE !

    COMMUNIQUÉ DE PRESSE/ Notre affaire à tous, le 13 août 2018

    Ce jour, la Cour de justice de l’Union européenne a accepté l’assignation en justice de l’Union pour inaction climatique par dix familles d’Europe et du monde. Une nouvelle qui intervient alors que de nombreux.ses européen.ne.s souffrent encore des vagues de chaleur, des sécheresses et des incendies. Ces événements climatiques extrêmes que les scientifiques ont lié au changement climatique impactent directement les familles plaignantes.

    En mai 2018, des familles du Portugal, d’Allemagne, de France, d’Italie, de Roumanie, du Kenya, de Fidji et de l’Association suédoise des jeunes samis Sáminuorra ont poursuivi le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne pour objectif climatique 2030 inadéquat et violation des droits humains. Cette assignation en justice a été publiée au Journal officiel de l’UE ce jour, et acceptée par le Tribunal européen. C’est une première étape dans la procédure du dossier climatique des personnes. Le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne devront désormais présenter leur défense dans le délais de deux mois.

    “Pouvez-vous imaginer ce que c’est que de regarder par la fenêtre et de voir les impacts du réchauffement ? Les sécheresses et incendies survenus au cours de ces derniers mois sont seulement un aperçu de ce à quoi les éleveurs de rennes sont confrontés. L’acceptation du cas par la Cour de Justice de l’Union européenne me donne un peu d’espoir. Nous avons besoin d’agir maintenant”, a réagi Sanna Vannar, président de l’association des jeunes Samis suédois, Saminuorra.

    Armanda Carvalho, la plaignante portugaise qui a perdu ses plantations d’arbres lors des incendies de 2017, a déclaré: «Les incendies de forêt ont détruit ma propriété en 2017. Cette année encore, nous sommes confrontés à de fortes vagues de chaleur et à des incendies en Europe. Depuis le début de l’été, de nombreuses autres personnes ont perdu leurs vies et leurs maisons à cause du changement climatique. Nous ne pouvons pas rester silencieux. Cette affaire concerne notre avenir commun et nous sommes heureux d’avoir franchi un pas de plus pour nous faire entendre. « 

    En France, c’est le lavandiculteur Maurice Feschet qui est en première ligne, lui qui a perdu 44% du rendement de son exploitation du fait du réchauffement climatique. Pour Marie Toussaint, présidente de Notre affaire à tous, l’association qui accompagne Maurice Feschet et sa famille : “Il s’agit d’une triple victoire : pour les plaignants d’abord, qui pourront défendre leurs droits ; pour la démocratie, car il est essentiel que les citoyens aient accès à la justice pour défendre leur environnement ; pour le climat enfin, car les juges prononceront peut-être une décision contraignante pour l’Union et les Etats membres, afin qu’ils tiennent leurs engagements oraux.”

    Ces familles sont représentées par l’avocate de l’environnement Roda Verheyen, le professeur Gerd Winter et Hugo Leith. Roda Verheyen, l’avocate des familles, a déclaré: «Cette affaire concerne la protection des personnes, de leurs moyens de subsistance et des droits fondamentaux contre les effets pervers du changement climatique. Il s’agit d’une affaire marquante au niveau européen et je pense que nous avons toutes les preuves nécessaires pour examiner les conséquences pour les plaignants et le potentiel de l’UE à faire plus en matière d’action climatique. « 

    Le People’s Climate Case est également soutenu par un large éventail d’ONG, de scientifiques et de citoyens qui estiment que l’UE peut et doit augmenter son objectif climatique pour 2030. Wendel Trio, Directeur du Climate Action Network (CAN) Europe a déclaré: « L’objectif climatique actuel de l’UE pour 2030 est trop bas pour protéger les personnes et leurs droits fondamentaux. Nous sommes convaincus que cette affaire judiciaire prouvera que l’objectif climatique doit être considérablement relevé pour assurer un avenir sûr pour nous tous. »

    Retrouvez ici :

    La version originale du communiqué du Climate Action Network Europe

    Les vidéos du People’s Climate Case

    La publication du cas au Journal officiel de l’Union européenne

  • Il est urgent d’agir : découvrez nos visuels pour la pétition du Recours Climat Citoyen !

    Il est urgent d’agir : découvrez nos visuels pour la pétition du Recours Climat Citoyen !

    Déjà près de 90 000 personnes ont apporté leur signature pour soutenir le recours devant la Cour de Justice de l’Union Européenne des 11 familles impactées par le dérèglement climatique du #PeoplesClimateCase. Vous aussi, faites connaître cette pétition et partagez-la à vos proches !

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  • Dossier de presse du recours climat citoyen

    Dossier de presse climat citoyen 

    Des familles d’Europe, d’Afrique et du Pacifique, incluant de jeunes enfants, ont assigné ce jeudi 24 mai le Parlement et le Conseil Européens devant la Cour de Justice de l’Union Européenne pour échouer dans son rôle de protection des citoyen.ne.s pour cause d’un niveau trop élevé d’émissions à l’horizon 2030. C’est la toute première action en justice pour le climat au niveau de l’Union européenne, la première également à soulever la responsabilité de l’Union d’agir pour l’ensemble des citoyen.ne.s du monde.

    Les familles plaignantes sont accompagnées par un grand nombre d’ONG, d’avocat.e.s et de scientifiques qui croient fermement que l’Union Européenne peut et doit être plus ambitieuse dans ses objectifs climat à l’horizon 2030.

    1/ QUI SONT LES PLAIGNANT.ES ?

    Onze familles d’Europe, d’Afrique et du Pacifique, comptant de jeunes enfants, dont les moyens de subsistance sont et seront menacés par les effets du changement climatique en Europe et à l’étranger, déposent une plainte contre le Parlement et le Conseil européen affirmant que l’objectif actuel de l’UE de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% d’ici 2030, par rapport au niveau de 1990, est inadéquat par rapport à la nécessité réelle de prévenir les changements climatiques dangereux et insuffisant pour protéger leurs droits fondamentaux à la vie, à la santé, au travail et à la propriété.

    2/ QUE DEMANDENT T’ILS.ELLES?

    Les familles plaignantes demandent à l’Union européenne :

    D’agir plus et mieux, car les dispositions actuellement prévues ne permettent pas d’atteindre les objectifs fixés avant même l’adoption de l’Accord de Paris.

    De rehausser ses ambitions de réduction des émissions de gaz à effet de serre de -40% à au moins -55% à horizon 2030 par rapport au niveau de 1990

    Ici, le dossier de presse dans son intégralité