Catégorie : Inégalités climatiques

  • 29 mai 2019 – Quels sont les impacts sociaux du dérèglement climatique ?

    Quels sont les impacts sociaux du dérèglement climatique ? Dans un contexte de crise sociale, avec les mobilisations des Gilets Jaunes et la prégnance du slogan : « Fin du monde, fin du mois, même combat », nous mettons en lumière les inégalités environnementales que subissent d’ores et déjà les citoyen-nes français-es. Sachant que réussir une transition écologique, signifie réussir une transition sociale. Santé, logement, participation et accompagnement : tous nos droits sont touchés, affectant d’abord les plus précaires et renforçant les inégalités

    Ce numéro de la revue de presse a pour but de présenter à la fois les impacts liés au changement climatique et aux dégradations environnementales, puisque celles-ci se cumulent et se renforcent. En effet, un monde affecté par le changement climatique est aussi un monde plus pollué : l’exposition moyenne aux particules fines, par exemple, a augmenté de 11,2% depuis 1990, selon The Lancet

    Pour combattre les inégalités, sociales et climatiques, il nous faut les connaître. C’est le sens de cette revue de presse élaborée par les bénévoles de Notre Affaire à Tous, qui revient chaque mois sur les #IMPACTS différenciés du changement climatique, sur nos vies, nos droits et ceux de la nature.  

    • Des impacts sur nos corps : allergies et maladies infectieuses, le duo menaçant

    Pourquoi une recrudescence des allergies ? D’une part car le réchauffement climatique a tendance à augmenter la quantité de pollen émise : plus les températures sont élevées sur une période donnée, plus la pollinisation des végétaux est précoce et les quantités de grains émises importantes. D’autre part, l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère entraîne un développement plus rapide et vaste des plantes. La répartition des espèce évolue aussi, à l’image de l’ambroisie, historiquement présente dans le sud et centre de l’Europe, qui commence à s’implanter en Europe du Nord. Les orages, dont la fréquence a tendance à augmenter avec le réchauffement climatique, peuvent aussi provoquer la fragmentation des grains de pollen et libérer des allergènes dans l’air, entraînant une exacerbation des crises d’asthmes. Parmi les personnes touchées, 63% n’ont pas d’antécédents d’asthme, d’après l’agence Santé Publique France. 

    Ainsi, la quantité de pollen concentrée dans l’atmosphère ne cesse de croître depuis 1987. Conséquence directe ? Le nombre d’allergies en France a triplé depuis 20 ans. Des impacts qui en entrainent d’autres, comme l’asthme allergique, souvent tardivement diagnostiqué, notamment chez les populations ayant le moins accès aux soins. 

    Les maladies infectieuses aussi se propagent avec le réchauffement climatique. En tête des maladies liées au climat ? Le choléra, dont la bactérie est liée à 9 composantes climatiques, et la maladie de Lyme, liée à 7 facteurs climatiques. Températures, humidité, niveau de précipitations, tous ces aléas peuvent être responsables de telles propagations, qui concernent surtout les maladies vectorielles. La dengue, le chikungunka, le zika, la fièvre jaune, maladies provenant du moustique-tigre, gagnent de nouveaux territoires chaque année. En 2019, la dengue a particulièrement touché l’Ile de la Réunion. C’est en 2014 qu’une première étude établissait le lien direct entre changement climatique et émergence d’une maladie avec l’ulcère de Buruli en Guyane, infection qui connait des pics épidémiques lors des épisodes El Niño.  

    Des maladies dont nous pensions être protégé-es vont aussi aussi refaire surface avec la fonte des calottes glaciaires, provoquée par la hausse du niveau des mers. Ce phénomène va également modifier la propagation des virus. La fonte du permafrost, le sol normalement gelé toute l’année, va menacer les populations en libérant des bactéries et virus oubliés, qu’ils emprisonnent depuis des millénaires. comme l’anthrax. Mais face aux multiples études, les chercheurs restent toutefois divisés quant au rôle du réchauffement planétaire sur la diffusion des épidémies.  

    • Impacts psychologiques du changement climatique 

    Le terme d’éco-anxiété a fait parler de lui ces derniers mois, mais de quoi s’agit-il ? Militant-es, scientifiques, citoyen-nes, de plus en plus de personnes se sentent angoissées et bouleversées face à l’urgence climatique : un stress aux conséquences physiques comme mentales. Le chercheur Per Espen Stoknes revient sur ce concept dans Marianne : il s’agit pour lui d’anxiété plus que de peur, car le phénomène est plutôt “invisible”, à la fois “partout et nulle part”. Pour éviter d’affronter l’angoisse d’une catastrophe climatique, les mécanismes de protection du cerveau sont multiples : fuite, dissonance cognitive, dénigrement des études, humour…, le risque étant que les personnes touchées arrêtent tout effort pour lutter contre ce phénomène global.  

    A l’échelle individuelle, cette “éco-anxiété” peut redéfinir des choix de vie, comme pour Xavier, un témoin interrogé par Francetvinfo : l’angoisse du changement climatique l’a conduit vers un métier plus en accord avec ses principes. Et les citoyen-nes ne sont pas les seul-es ! Les climatologues aussi ont le blues : ces scientifiques qui alertent la population depuis plus de 30 ans, voient les conséquences de l’inaction s’accentuer. Sans pour autant désespérer, puisqu’ils et elles mobilisent de plus en plus l’intelligence collective et s’efforcent à plus de pédagogie pour une meilleure prise de conscience. Le collectif « Labos 1point5 » s’inscrit dans cette tendance, pour une recherche qui respecte l’environnement. D’un autre côté, cette prise de conscience et la culpabilité qui peut en découler ont parfois des effets bénéfiques. Comme en Suède, où le “flygskam”, la honte de prendre l’avion, plombe le transport aérien dans le pays depuis le début de l’année, avec une baisse de 4,4% de passagers aériens.  

    En dehors de France, la recherche psychiatrique s’intéresse d’ailleurs de plus en plus aux effets du réchauffement climatique sur la santé mentale : c’est notamment aux Etats-Unis, à la suite de l’ouragan Katrina, que la recherche en psychiatrie s’est développée. D’autres études montrent de fortes corrélations entre taux de suicide et hausse des températures, notamment dues à des troubles de sommeil plus fréquents. De 20 % à 50 % des personnes exposées à une catastrophe naturelle ont un risque de développer des troubles psychologiques, notamment chez les populations aux ressources limitées. 

    Depuis la COP24, le dossier “Alerte Pollution” de FrancetvInfo s’intéressent aux témoins de pollutions. Une enquête participative qui donne la possibilité aux internautes de signaler des sites pollués près de chez eux. Elle a permis de rendre visibles des situations inquiétantes. Grâce à l’alerte donnée par un jardinier du parc floral de Paris, des taux de métaux lourds « néfastes pour la santé » y ont été détectés. Une question posée par un père de famille a également permis de s’interroger sur la toxicité des sols amortissants des aires de jeux dans les écoles. Les écoles d’Ile-de-France sont d’ailleurs très touchées, avec 682 établissements scolaires exposés à des niveaux de pollution dépassant les normes légales, selon un rapport de l’association Respire. En région parisienne toujours, plusieurs personnes se posaient la question des particules fines rejetées par les grilles de ventilation de la RATP, redoutant l’impact à long-terme sur la santé humaine : selon AirParif, l’organisme chargé de mesurer la qualité de l’air en Ile-de-France, la pollution aux particules fines coûte en moyenne six mois d’espérance de vie aux habitants, tant chez les passager-es que les salarié-es de la RATP, avec des pics aux heures de pointe. En bord de mer aussi les citoyen-nes s’inquiètent de la qualité de l’eau : comme dans le bassin d’Arcachon, dont les écosystèmes sont de plus en plus bouleversés par une augmentation du nombre d’habitants et de touristes. 

    Le but de l’enquête ? Alerter les autorités locales sur les dangers de la pollution. A Toulon par exemple, l’alerte sur la pollution des ferries a forcé la mairie à promettre des installations propres d’ici à 2020. Mais les promesses ne sont pas toujours concluantes, à l’instar de l’usine installée près de Gardanne et Bouc-Bel-Air, dans les Bouches-du-Rhône. A cela s’ajoute des règles qui ne sont pas toujours respectées. Des dépôts sauvages pleins d’amiante sont d’ailleurs signalés partout en France. Face à ces situations, des plaintes ont été déposées en Auvergne, où une laiterie est accusée de polluer une rivière depuis 40 ans, ou dans l’Aube où un ruisseau reçoit les déchets médicamenteux et des matières fécales d’une prison depuis des années. Une bonne nouvelle au milieu de tous ces constats ? En avril, la Cour de Cassation a ouvert, en théorie, l’indemnisation du préjudice d’anxiété à tous les travailleurs de l’amiante. 

    Face à tous ces impacts sanitaires, la Croix-Rouge organisait les 15 et 16 avril à Cannes, une conférence mondiale relative à l’impact des changements climatiques sur la santé, une “COP humanitaire’”, pour éveiller les consciences. Et pour en savoir plus sur tous ces impacts sanitaires, la revue médicale The Lancet, sortait en novembre 2018 un deuxième rapport sur ces questions : chocs cardiovasculaires, propagation de virus, pénuries alimentaires, un état des lieux détaillé des différents risques que pose le changement climatique sur la santé humaine. 

    Mais les impacts sociaux du changement climatique ne concernent pas seulement la santé : en effet, le droit au logement est lui aussi touché, notamment à cause de la précarité énergétique, situation qui concerne 7 millions de français et 26 millions d’européens. Ce phénomène est dû à une facture élevée à cause d’une mauvaise isolation thermique. Ces 7 millions de français dépensent plus de 8% de leurs revenusdans l’énergie, selon l’Observatoire national de la précarité énergétique. Les dangers ?Hausse du risque de dépression, d’asthme chez les enfants, de comportements à risques chez les adolescents. 

    Face à cela, des voix s’élèvent pour rendre obligatoire la rénovation des bâtiments. L’association Armec à Rennes, sensibilise aussi à la rénovation énergétique des logements, qui est une des mesures du plan climat de la métropole rennaise visant une réduction de 40% des émissions de gaz à effet de serre à horizon 2030 (par rapport à 2010). Cela représenterait environ 2 000 logements à rénover par an. Le Réseau Eco Habitat aussi aide les familles les plus modestes à engager des travaux de rénovation de leur habitation, et les accompagne pour solliciter les différentes aides. 

    Du côté de l’Etat, le plan national de rénovation énergétique des bâtiments, présenté par Nicolas Hulot, est loin d’avoir tenu ses promesses, puisqu’au lieu des 500 000 rénovations prévues par an, l’estimation est retombée à 40 000.

    Retrouvez le quatrième numéro de notre revue de presse sur les impacts du changement climatique dans un mois ! 

  • 30 avril 2019 – Etat des lieux des impacts territoriaux du changement climatique en France

    Pour le deuxième numéro de sa revue de presse, Notre Affaire à Tous vous propose un état des lieux des impacts territoriaux du changement climatique en France ! Les prochaines revues de presse seront envoyées de manière mensuelle et sur des thèmes précis : aggravations des inégalités sociales, impacts sur les perspectives de la jeunesse, effets des hausses de chaleur sur nos territoires et la biodiversité… Pour continuer à recevoir cette revue de presse, abonnez-vous, et rendez-vous le 28 mai pour le prochain numéro !  

    Nous avons aussi lancé un appel à témoins du changement climatique pour mettre des visages sur ces impacts et montrer la nécessité d’agir pour le climat et l’environnement. Témoignez, pour faire entendre votre voix et celle de toutes celles et ceux qui subissent un préjudice. 

    • Les chaînes de montagnes : sentinelles du climat en danger

    Les chaînes montagneuses sont mises en danger par les activités destructrices du climat. Selon le bilan climatique dans les Alpes du Nord de l’Observatoire régional des effets du changement climatique (ORECC), en 2018, “l’année 2018 enregistre un écart de +2.35°C par rapport à la normale 1961-1990 et de +2°C par rapport à 1981-2010. C’est l’année la plus chaude jamais enregistrée sur les Alpes françaises”. Les conséquences de ce réchauffement rapide ? “Les glaciers des Alpes risquent de fondre à 90% d’ici 2100”, selon une équipe de chercheurs suisses qui insistent sur la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre. 

    Les fontes des glaces vont aussi causer l’assèchement des cours d’eau et entraîner une potentielle émergence d’un conflit d’usage entre neige de culture et eau potable. Chaque année, 263 000 mètres cubes d’eau servent à la production de neige et permettent d’enneiger 35% du domaine. Pour l’heure, il n’y aurait pas de déficit en eau potable. 

    Le phénomène de la fonte des glaces se retrouve ailleurs dans le monde, de l’Alaska, à la Patagonie, en passant par les Alpes. Les glaciers “ont perdu plus de 9 000 milliards de tonnes de glace depuis 1961, contribuant à l’élévation du niveau des mers”. Et les glaciers continentaux seront les plus touchés par le réchauffement que les calottes glaciaires du Groenland ou de l’Antarctique.

    • L’Occitanie : entre sécheresses, inondations, et diminution de l’enneigement

    Avec un réchauffement attendu entre 2 et 7°C d’ici 2100, outre les impacts sur le tourisme, l’agriculture, ou la production hydroélectrique, la population devra se préparer à affronter davantage de phénomènes climatiques extrêmes, des risques naturels accrus, des réserves d’eau réduites et de qualité moindre, sans oublier les impacts sur la biodiversité. Le Pic du Midi a enregistré un record de chaleur, en été 2018, le plus chaud depuis 130 ans selon l’Observatoire des Pyrénées qui a relevé un record de plus de 100 jours sans gel. Météo France et des météorologistes espagnols ont montré qu’entre 1959 et 2010, “les températures moyennes dans les Pyrénées ont augmenté de 1,2 °C, bien que le réchauffement n’ait été ni constant, ni régulier.” 

    Les territoires et les populations de l’Occitanie aussi sont particulièrement touchés par le changement climatique. Dans les Pyrénées par exemple, on note une diminution de l’enneigement, avec ses répercussions sur les rivières. Par ailleurs, il est estimé que la Garonne devrait perdre jusqu’à 30 ou 40% de son débit, avec des effets déjà visibles aujourd’hui. La fréquence augmentée des intempéries vient en revanche la faire déborder plus souvent, entraînant, outre des dégâts matériels, des risques sanitaires, comme suite aux inondations dans l’Aude en octobre 2018. Ces événements extrêmes touchent aussi les cultures, notamment celle du vin.

    • Bretagne : adaptation du territoire face à l’érosion du littoral, et la pollution

    La Bretagne aussi fait face aux effets du changement climatique et des dégradations environnementales. C’est d’abord la hausse du niveau des mers qui inquiète, puisque une hausse de 1 mètre est prévue sur le littoral breton d’ici à 2100, ainsi qu’une hausse des coefficients de marées, provoquant l’érosion du littoral. Le rapport de l’Observatoire de l’environnement en Bretagne démontre que le climat est déjà impacté, notamment à cause des polluants venant de l’élevage de porcs ou du transport. 

    Ce sont aussi les dégradations environnementales comme la pollution qui entraînent une détérioration de la qualité de l’air breton et près de 3000 décès par an. 3 départements étaient d’ailleurs en alerte aux particules fines en ce début de mois d’avril. 

    Face à cela, collectivités, citoyens et associations agissent : à l’image de la métropole rennaise qui a adopté un plan climat ayant pour objectif de diviser par deux ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, ou encore l’agglomération lorientaise qui enclenche une dynamique collective contre le changement climatique, autour du label européen Cit’ergie. C’est aussi une cinquantaine de citoyens rennais volontaires qui tentent de contrôler eux-mêmes la qualité de l’air pour alerter et susciter une prise de conscience auprès des habitants.

    • Alerte sécheresse en avril, en Hauts-de-France : le symbole de l’urgence

    Depuis le 9 avril 2019, la région des Hauts-de-France, à l’exception du delta de l’Aa, se trouve en alerte sécheresse, et ce, jusqu’au 30 juin 2019. De lourdes restrictions sont ainsi imposées pour faire face au déficit pluviométrique : de l’interdiction de laver les véhicules pour les particuliers, à la restriction de l’irrigation pour les agriculteurs en passant par un objectif de réduction de consommation d’eau de 10% pour les industriels. 

    La préfecture de l’Aisne avait déjà restreint la consommation d’eau dans le département à la fin du mois d’octobre 2018 pour la même raison. Cette situation a un impact très fort notamment dans les zones agricoles : certains départements français ont d’ailleurs été reconnus en état de « calamité agricole » en décembre 2018

    L’hydrologue Emma Haziza alerte sur les risques d’accroissement des périodes de sécheresse, en alternance avec des épisodes d’inondations majeurs. Elle signale que « pour arrêter de subir, il faut revoir en profondeur la manière dont on pratique notre usage des sols en France ». Des solutions efficaces peuvent être mise en place, sur le modèle de la ville de Loos-en-Gohelle qui a profité de la révision du plan d’occupation des sols et est finalement devenu un modèle en matière de transition écologique et sociale.

    • La Nouvelle-Aquitaine face au danger de la mer

    L’érosion du littoral est la principale conséquence du réchauffement climatique en Nouvelle-Aquitaine. La hausse du niveau de l’Océan Atlantique provoque une diminution inexorable du trait de côte.Le Groupement d’Intérêt Public du Littoral Aquitain estime à 160 les logements menacés à court terme par l’érosion côtière et porte le chiffre à 5.800 d’ici 2050. Un des symboles de la problématique de l’érosion côtière ? Le Signal, un immeuble de 4 étages, qui à sa construction entre 1965 et 1970 à Soulac-sur-Mer, se trouvait à 200 mètres de l’océan. Depuis, “la plage a avancé de 4,5 mètres par an”. Mais dans les terres aussi, la problématique de la montée des eaux se fait déjà ressentir, comme dans le Marais Poitevin,largement en dessous du niveau de la mer, où le risque de submersion du territoire va augmenter. 

    La région Nouvelle-Aquitaine a d’ailleurs fait l’objet de plusieurs études sous la direction du climatologue Hervé Le Treut, sur les impacts du changement climatique et sur l’anticipation des changements climatiques par les territoires et les populations.

    • Outre-Mer : les injustices climatiques en première ligne

    Les territoires et populations d’outre-mer sont aussi particulièrement touchés par le dérèglement du climat. La question des injustices climatiques y est encore plus prégnante. Alors que les territoires d’outre-mer français représentent quasiment 0% des émissions de gaz à effet de serre de la France, ils sont les plus vulnérables et les premiers impactés. Au delà de leur position géographique, le combat est non seulement celui de la justice climatique mais aussi de la justice sociale. Le prisme de l’histoire coloniale est à prendre en compte dans l’étude de ces inégalités climatiques. 

    Ces inégalités s’illustrent d’ailleurs par l’ouragan Irma de septembre 2017. A Saint-Martin, un appel à la grève générale a été lancé, jeudi 11 avril 2019, par des syndicats et des collectifs pour dénoncer les suites de l’ouragan, avec des revendications concernant les reconstructions, le maintien du service public, ou encore la résolution d’un conflit social à la collectivité. Symbole des inégalités, Saint-Martin cumule aléas climatiques et forte vulnérabilité, exposée à des cyclones de plus en plus intenses et fréquents, et l’insuffisance des mesures de prévention et réduction des risques. Les populations s’en relèvent difficilement à cause d’un accompagnement post-catastrophe trop faible et la lenteur de la reconstruction.

    Les impacts sur la nature aussi sont très visibles : les coraux de la Polynésie Française sont particulièrement menacés. On remarque dès maintenant une accélération de leur blanchissement à cause des températures trop élevées de l’Océan Pacifique. Malgré ces effets, les décideurs politiques ne semblent pas comprendre l’ampleur de l’urgence, puisque le Parlement Européen a voté, le 4 avril dernier, une loi pour subventionner le secteur de la pêche pour la période 2021-2027, qui aura notamment des effets désastreux sur la biodiversité des “régions ultrapériphériques européennes” (dont la Guadeloupe, La Réunion, Mayotte, La Guyane, La Martinique, Saint Martin).

  • 19 avril 2019 – Etat des lieux des impacts socio-économiques du dérèglement climatique

    Ce 19 avril 2019, Notre Affaire à Tous sort sa première revue de presse sur les impacts du changement climatique ! Notre souhait ? Mettre en lumière les conséquences du dérèglement du climat sur les territoires, les populations, le vivant. En partant du constat, qu’en France aussi, dès aujourd’hui, les dégradations environnementales et le bouleversement des équilibres de notre planète accentuent les vulnérabilités et renforcent les inégalités existantes. Dans un premier temps, cette revue de presse s’attèlera à faire un état des lieux des enjeux de justice climatique. Sur deux numéros, chacun envoyés à deux semaines d’intervalle, nous balayerons les impacts sociaux, économiques et territoriaux des changements climatiques. La revue de presse sera ensuite envoyée à tou-tes celles et ceux qui souhaitent s’y abonner de manière mensuelle. 

    Fin 2018, des journalistes de Basta Mag, Mediapart, Politis, Reporterre et la Revue Projet se sont associés, sous l’impulsion de Notre Affaire à Tous, et ont formé le JIEC – Journalistes d’Investigation sur l’Écologie et le Climat. Ils ont publié le 18 avril une deuxième série de portraits de témoins du changement climatique :

    Ils ont étudié l’impact du changement climatique sur la santé, à travers l’explosion du nombre d’allergies et de la réalité du stress post-traumatique causé par des catastrophes naturelles, de l’Aude à Saint-Martin. Ils sont allés à la rencontre de viciticulteur-rices et d’éleveurs laitiers, qui doivent sans cesse s’adapter à leurs milieux. Enfin, la jeunesse est mise en avant, car, inquiète de son avenir sur Terre, elle se mobilise, et ne laisse pas les destructeurs du climat lui voler son futur.

    I – Des conséquences sociales du changement climatique toujours plus visibles

    • La santé humaine, considérablement impactée

    Le GIEC a d’ailleurs reconnu cette menace importante, montrant que les problèmes de santé existants étaient aggravés et que d’autres survenaient avec ce phénomène. En période de canicule notamment, les impacts sur la santé vont “du coup de chaleur ou insolation à l’exacerbation de problèmes cardiaques existants ou encore le risque accru de lésions rénales dues à la déshydratation”.

    L’émergence de maladies est rendue favorable par la chaleur. La Réunion est particulièrement vulnérable à la dengue par exemple, même si cette maladie “s’étend à d’autres terres”, jusqu’en métropole. Causée par les piqûres du moustique tigre, elle fait partie des pathologies qui migrent avec le réchauffement climatique. Les maladies vectorielles comme la dengue ou le chikungunya comptent d’ailleurs parmi les principaux impacts sanitaires du réchauffement. Elles sont sont surveillés en France depuis le début des années 2000.

    Notre santé mentale, aussi, est altérée par le changement climatique : puisque “de 20 % à 50 % des personnes exposées à une catastrophe naturelle ont un risque de développer des troubles psychologiques”. Ses effets sont encore peu étudiés, alors même que les personnes les plus vulnérables sont les plus touchées. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), “dans les pays développés comme en développement, il apparaît que les sécheresses peuvent entraîner une augmentation du taux de suicide disproportionnée chez les hommes agriculteurs”.

    Les dégradations environnementales dûes notamment à la pollution ont aussi de graves effets sur la santé : un rapport de mars 2019 de l’association Respire fait un état des lieux de la pollution de l’air à proximité des établissements scolaires en Ile-de-France, accompagnée d’une carte interactive du niveau de pollution par école. Un quart des écoles sont particulièrement exposées. UNICEF France a d’ailleurs lancé une campagne “Pour chaque enfant, un air pur !” début avril, pour exposer les effets de l’air en ville sur les enfants.

    • Les logements, signes des inégalités environnementales

    Outre la santé, ce sont les lieux de vie des personnes et leur droit au logement qui sont inégalement touchés : la précarité énergétique touche aujourd’hui 5 millions de ménages en France. Certaines de ces personnes haussent le ton pour exiger la rénovation de leurs bâtiments.

    II – Des activités économiques mises en danger par le réchauffement planétaire

    Dans son rapport d’évaluation de 2014, le GIEC estime, avec un degré de confiance élevé, que le changement climatique va “remettre en cause certaines activités anthropiques courantes, notamment le fait de cultiver la terre ou de travailler en extérieur”. Mais les professionnels de ces secteurs ne se laissent pas abattre et tentent d’adapter leurs pratiques. 

    • Les métiers de la terre en ligne de mire du changement climatique

    La viticulture en est un exemple. Certains cépages comme le Merlot risquent de disparaître à l’horizon 2050. Face à cela, des chercheurs tentent dès aujourd’hui d’adapter les vignobles au changement. Les rendements des terres agricoles aussi sont particulièrement affectés, comme en Haute-Savoie où “les agriculteurs cherchent les solutions face au changement climatique” : de l’agroforesterie aux semences paysannes, ils tentent de s’adapter, tout en étant inquiets pour leur avenir. Ou encore dans la Drôme, où la famille Feschet qui a perdu 44% de ses revenus liés à la production de lavande ces 6 dernières années. Des stratégies d’adaptation se mettent en place, comme en Ardèche, où des agriculteurs réfléchissent à l’autonomie agricole “non pas à l’échelle de la ferme mais par zone de territoire, en construisant des partenariats avec d’autres paysans”, pour devenir résilients face au changement climatique. 

    C’est également l’activité des apiculteurs qui est en danger, puisque les abeilles, non seulement affectées par l’utilisation des pesticides, sont aussi touchées par la hausse des températures et donc des sécheresses. Les fleurs et la nature souffrent de ces changements, rendant la quête de nourriture des abeilles plus compliquée. Un couple d’apiculteurs du Morbihan a, par exemple, perdu 170 de ses 190 ruches en 2018.

    • Les activités liées au tourisme seront aussi affectées

    A la fois critiqué à l’international comme un des secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre, puisque contribuant à 8% des émissions mondiales, selon une étude de la revue Nature climate change, les professionnels du secteur subiront pourtant des pertes de revenus. 

    Dans les Alpes par exemple, il existe un fort risque de baisse de la fréquentation touristique en hiver comme en été. En hiver, en moyenne montagne à cause de la diminution de l’enneigement. Les années sans neige entraînent d’ailleurs “une baisse de 20 à 30% des revenus des moniteurs de ski”. En été aussi, dans les villes particulièrement, à cause de l’augmentation des températures, qui forment des îlots de chaleur urbains. La Haute-Savoie a d’ailleurs connu une sécheresse très rude en été 2018 : le lac d’Annecy a atteint son niveau le plus bas depuis 1947, ayant des impacts sur les revenus des professionnels du tourisme notamment les loueurs de bateaux et de pédalos. Il n’y a plus non plus de saisons pour l’alpinisme. Les professionnels de la montagne doivent dès lors adapter leurs pratiques.

    Dans deux semaines, nous reviendrons sur les impacts affectant les différents territoires français, et comment ceux-ci essayent de s’adapter ! 

  • Vécus climatiques, injustices écologiques et imaginaires du dérèglement

    Offre de mission : enquête et documentation autour des impacts des changements climatiques

    Participez à notre projets de documentation des impacts des changements climatiques !

    Nous avons lancé ce projet en mai 2018 pour documenter les impacts concrets des changements climatiques et de renforcer la sensibilisation du grand public. La France est déjà touchée par les changements climatiques et de nombreuses personnes en font déjà les frais, nous souhaitons leur donner la parole, rejoignez-nous pour cela !

    Notre partenariat avec l’Université de Lyon 2 permettra la réalisation d’une enquête qualitative cet été dans le sud de la France sur le ressenti des habitant-es par rapport aux effets des changements climatiques. Ces travaux pourront ensuite faire l’objet d’une publication et d’une restitution lors d’un événement public commun à l’automne. Par la suite nous pourrons peut-être former une coalition des personnes impactées en France et peser pour une réelle justice climatique !

  • CP / People’s Climate Case : le Tribunal reconnaît le changement climatique comme une menace pour les individus, mais déclare l’affaire irrecevable

    Communiqué de presse – 22 mai 2019

    Le Tribunal de l’UE a le 15 mai 2019 acté l’irrecevabilité de l’affaire du People’s Climate Case pour des raisons de procédure. Si le tribunal reconnaît dans sa décision les impacts du changement climatique comme menaçant les droits humains des plaignant-es, celui-ci a déclaré de fait, que les familles et les jeunes affecté-es par le changement climatique n’avaient pas le droit de recourir aux tribunaux pour contester les objectifs climatiques européens – objectifs qui mettent leurs droits fondamentaux en danger. Les familles à l’initiative du recours ont prévu de faire appel devant la Cour Européenne de justice (CJUE).

    En mai 2018, 10 familles du Portugal, d’Allemagne, de France, d’Italie, de Roumanie, du Kenya, des Fidji ainsi que l’Association suédoise de la jeunesse saami, Sáminuorra, se rassemblaient dans un recours unique face au Parlement européen et au Conseil Européen, pointant l’insuffisance de l’objectif climatique de l’UE à l’horizon 2030, et les impacts de cette politique inadéquate sur leurs droits humains fondamentaux. Les plaignant-es, au travers de ce recours inédit, affirmaient que l’objectif de l’UE en matière de lutte contre le changement climatique visant à réduire les émissions nationales de gaz à effet de serre d’au moins 40% d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 1990, était trop faible et ainsi menaçait leurs droits fondamentaux à la vie, à la santé, au travail et à la propriété.

    Dans le cadre de leur défense, le Parlement européen et le Conseil européen, en octobre 2018, avaient demandé au Tribunal de statuer sur la recevabilité de l’affaire – une procédure préliminaire permettant de déterminer si les 10 familles et les jeunes Saamis pouvaient être autorisés à contester la politique climatique de l’union devant le Tribunal européen.

    Dans sa décision du 15 mai 2019, et même si le Tribunal de l’UE admet que «chaque individu est affecté d’une manière ou d’une autre par le changement climatique» (“every individual is affected one way or another by climate change”) – ce qui confirme la légitimité des demandeurs à l’origine de la présente affaire -, la plainte est rejetée sur le fondement d’une interprétation des dispositions légales, en particulier le critère de «préoccupation directe et individuelle». Cette décision négative sur la « recevabilité » est décevante mais pas surprenante, car ce critère est connu pour restreindre l’accès aux tribunaux sous certaines conditions. En 2017, un comité de l’ONU a estimé que l’interprétation de ce critère (pour les ordres exécutifs) par la Cour européenne contrevenait aux dispositions de la Convention d’Aarhus relatives à l’accès à la justice.

    Les familles et l’association de jeunesse Saami prévoient de faire appel devant la Cour de justice européenne avant le 15 juillet 2019. Le tribunal de grande instance et de dernière instance (i.e. la CJUE) a toute latitude pour interpréter la loi différemment et ainsi initier de nouveaux développements juridiques, ce que les plaignant-es appellent de leurs voeux. Celle-ci devra décider si les familles des demandeurs et les jeunes Saamis sont autorisés à faire valoir leurs droits devant la justice européenne.

    Roda Verheyen, avocate coordinatrice de l’affaire, a déclaré : « L’affaire n’est pas classée sur le fond. Au contraire, la Cour admet que le changement climatique a un impact sur tout le monde, mais s’abstient de traiter des faits relatifs au changement climatique et aux impacts sur les droits humains. Au cours de la procédure d’appel, nous demanderons à la Cour de justice de la Communauté européenne d’examiner la décision à la lumière des faits climatologiques et des conséquences pour les droits humains que nous avons démontrées au travers de notre requête. Cet ordre ne peut subsister si l’UE souhaite réellement porter le projet d’une « Europe pour tous »« .

    Sanna Vannar, 23 ans, représentante de l’association de jeunesse Saami, a déclaré : « Depuis que nous avons déposé ce recours l’an dernier, les effets du changement climatique se sont encore aggravés. Pour les jeunes Saamis, le changement climatique ne concerne plus seulement la politique. Cela affecte notre vie quotidienne: feux de forêt frappant les pâturages Saamis, morts de rennes dûs au manque de nourriture, et stress émotionnel créé par l’incertitude des conditions climatiques devenant le principal problème de santé de ma génération. Nous avons besoin que les tribunaux examinent les faits sur le changement climatique et rappellent aux dirigeants de l’UE qu’ils ont le devoir de protéger les citoyens. Ce n’est pas juste un recours comme les autres. Il s’agit de protéger nos droits et notre avenir.“

    Maurice Feschet, lavandiculteur français âgé de 73 ans, a déclaré : « À mon âge, en plus de soutenir les marches pour le climat avec les nouvelles générations qui se lèvent, cette affaire est la seule chose que je puisse faire pour protéger mes enfants et mes petits-enfants. En tant que citoyen, je me dois de faire appel devant les tribunaux de cette décision, car les politiciens ne parviennent malheureusement pas à prendre les mesures qui s’imposent en faveur du climat.“

    Pour Marie Pochon, Coordinatrice Générale de Notre Affaire à Tous : « Partout dans le monde et en Europe, les impacts du changement climatique affectent de plus en plus nos droits fondamentaux, et aggravent les inégalités déjà existantes. Or, en refusant d’ouvrir la possibilité pour ces personnes de faire entendre leurs voix et leurs préjudices en matière environnementale ou climatique, ce sont bien les plus fragiles que nous privons de justice. Il est temps que les institutions tout autant que le droit s’adapte à la nouvelle donne climatique, et permette à chacun-e de faire valoir ses droits, non seulement fondamentaux, mais aussi, à un avenir juste et vivable. Nous irons jusqu’au bout de cet appel, et continuerons d’exhorter les élu-es, à tous les niveaux, d’agir à la hauteur de la crise climatique et des solidarités que nous vivons.

    Depuis le lancement du People’s Climate Case en mai 2018, le Parlement européen a adopté deux résolutions appelant à augmenter de 40 % à 55 % les objectifs climatiques de l’UE à l’horizon 2030. La semaine dernière, plusieurs États membres, dont la France, les Pays-Bas, le Danemark, la Suède, l’Espagne, le Portugal, le Luxembourg, la Lettonie et la Belgique, ont publié une déclaration commune invitant tous les dirigeants de l’UE à se mettre d’accord sur la neutralité carbone à l’horizon 2050 et sur le rehaussement de l’Objectif 2030 au Conseil européen de juin.

    Contacts presse

    • Marie Pochon, Coordinatrice Générale, Notre Affaire à Tous : marie@notreaffaireatous.org ; 06 52 26 19 41
    • Goksen Sahin, Coordinatrice du projet, CAN Europe : goksen@caneurope.org ; +32 04 68 45 39 20

    NOTES

    1) L’analyse de ClientEarth sur la procédure d’admissibilité du People’s Climate Case met en évidence le manque d’accès aux tribunaux de l’UE

    2) Chronologie du People’s Climate Case :

    • 24 mai 2018 : 10 familles et l’association de jeunes saami déposent le People’s Climate Case devant le Tribunal de l’UE
    • 13 août 2018 : le Tribunal européen publie l’affaire au Journal officiel de l’Union européenne et la procédure commence officiellement.
    • 24 septembre 2018 : Le CAN Europe, Wemove.eu et l’Association allemande des petits agriculteurs (Arbeitsgemeinschaft bäuerlicher Landwirtschaft e.V.) deviennent intervenants dans le People’s Climate Case
    • 15 octobre 2018 : la défense écrite du Parlement européen et du Conseil sont soumises à la Cour
    • 10 décembre 2018 : les plaignants répondent à la défense de l’UE et la procédure écrite est close.
    • 15 mai 2019 : le Tribunal européen partage son ordonnance du 8 mai 2019 sur l’irrecevabilité de l’affaire.

    3) Les plaidoiries relatives au People’s Climate Case et à l’ordonnance de la Cour sont disponibles ici

  • CP / 17 acteurs de la société civile dénoncent la montée de “l’inégalo-scepticisme” dans un rapport

    Dans un contexte marqué par de fortes tensions sociales, exprimées par le mouvement des Gilets jaunes, dont les issues restent incertaines (retombées politiques du Grand Débat National, percée de l’extrême droite dans les sondages pour les élections européennes), 17 acteurs de la société civile, rassemblant des associations environnementales, sociales, de solidarité internationale et de défense des droits de l’Homme, des organismes de recherche et des syndicats, dont la CFDT et Notre Affaire à Tous, dénoncent la montée de ce qu’ils nomment « l’inégalo-scepticisme » en France, dans un rapport à paraître le 14 mai.

    Nombre d’analystes, focalisés sur les indicateurs économiques classiques, comme la croissance économique, les baisses d’impôts ou le pouvoir d’achat, occultent une réalité accablante : 20% des français ne peuvent pas faire trois repas par jour, portant ainsi à 5 millions le nombre de personnes ayant recours à l’aide alimentaire (CFSI). En 2019, la France compte 3 millions d’enfants pauvres (Les Petits Débrouillards). 30% des agriculteurs ont un revenu inférieur à 350 euros par mois (Max Havelaar). Si cela est encore insuffisant, notons également que les très riches émettent 40 fois plus de carbone que les plus pauvres alors qu’en pourcentage de leurs revenus, ces derniers paient 4 fois plus de taxe carbone ! (Notre Affaire à Tous).

    ● La doxa traditionnelle nourrit les « inégalo-sceptiques »

    Nos organisations, fortes d’une expertise académique et de terrain, se saisissent de la grille de lecture des Objectifs de Développement Durable (ODD) pour révéler l’ampleur des inégalités en France et leur caractère multidimensionnel. Les chiffres que nous avons évoqués prouvent que les inégalités concernent, bien entendu, les revenus, mais également l’accès à l’alimentation, aux soins (incluant des écarts d’espérance de vie de 13 ans entre les plus pauvres et les plus aisés), le genre, le numérique et sa diffusion inégale qui prive certains individus de leur pouvoir d’agir, l’accès aux ressources (notamment énergétiques) ou à l’eau et à l’assainissement (650 000 français n’ont pas un accès physique permanent à de l’eau potable), l’accès à un travail décent et à un environnement sain et sûr.

    Souvent, ces inégalités se superposent et se renforcent entre elles, conduisant les plus vulnérables dans une spirale inégalitaire dont ils peinent à s’extraire en l’absence de politiques cohérentes et d’ampleur de lutte contre les inégalités. Le cumul de ces inégalités sociales et environnementales conduit à l’ultime inégalité : celle face à la mort. En effet, l’écart entre l’espérance de vie des hommes les plus pauvres et les plus aisés en France est de 13 ans (71,1 ans contre 84,4 ans). En ne s’attaquant aux inégalités que pour engranger des points de PIB, la puissance publique passe à côté de son objectif premier : le bien-être de ses citoyens. Cette vision, conjuguée à l’idée que la France est en pointe concernant la redistribution, nourrit l’idée que la France est sur la voie de la réduction des inégalités. Nos alertes multidimensionnelles se heurtent ainsi à un phénomène d’« inégalo-scepticisme ».

    ● La situation n’est pas insoluble mais passe par un changement de paradigme

    C’est pourquoi, afin de faire tomber les œillères qui aveuglent les « inégalo-sceptiques » et résorber les inégalités, l’engagement des acteurs de la société civile sur le terrain est essentiel. Ce rapport met en exergue l’importance de la cohésion sociale pour atténuer les multiples vulnérabilités socioéconomiques et environnementales, ainsi que les solutions que nos organisations doivent déployer et porter au quotidien, pour ne laisser personne de côté et enrayer les corrélations négatives des inégalités. Ecoute, dialogue, accompagnement de proximité sont nécessaires pour permettre à toutes et tous de prendre part à des approches en coresponsabilité.

    La lutte contre les inégalités est un combat devant être mené par tous les acteurs, à tous les niveaux. L’Association 4D a ainsi développé un flyer regroupant des actions individuelles permettant à chacun de prendre part à la réduction des inégalités ; celui-ci est mis à disposition chez les commerçants parisiens du réseau Le Carillon. Au niveau collectif, nous exhortons les acteurs publics et privés à s’engager pour définir des orientations politiques et stratégiques plus justes et ambitieuses en matière de fiscalité, d’investissements publics et privés, ou de lutte contre les pressions environnementales et les dérèglements climatiques.

    Une Europe pour le bien-être de tous sur une planète vivante

    Pour déployer les conditions d’un bien-être pour tous sur une planète vivante, tel que prôné par les ODD, on ne saurait se contenter de solutions partielles et cloisonnées. En collaboration avec la société civile, le gouvernement français finalise actuellement une feuille de route nationale pour la mise en œuvre des Objectifs de Développement Durable, qui sera présentée par Emmanuel Macron lors de la prochaine Assemblée générale des Nations unies en septembre 2019. Cette feuille de route, future stratégie de développement durable pour la France, devra proposer des réponses concrètes en matière de lutte contre les inégalités dans toutes leurs dimensions, comme ce rapport en témoigne. Coordonné par 4D et WECF France, ce document s’inscrit dans une initiative pan-européenne réunissant des rapports similaires de 25 ONG pour 15 pays de l’Union européenne, publiés en amont des élections européennes.

    Contacts presse

    Association 4D : Vaia Tuuhia, +33 (0)6 67 91 69 75

    WECF France : Mathilde Poccard-Marion, +33 (0)4 50 83 48 16

    Notre Affaire à Tous : Marie Pochon, +33 (0)6 52 26 19 41

    Coordination SUD : Bénédicte Bimoko, +33 (0)1 44 72 03 78

    SDSN France : Alexandre Pasche, +33 (0)6 85 46 55 29, ap@ecoandco.com

    Surfrider Foundation Europe : Jacques Beall, +33 (0)6 12 17 17 93

    Coalition Eau : Edith Guiochon, +33 (0)1 70 91 92 37, edith.guiochon@coalition-eau.org

    ATD Quart Monde : Emilie Perraudin, +33 (0)6 28 61 69 05

    Max Havelaar France : Valeria Rodriguez, +33 (0)6 07 37 74 81

  • Lettre au Président de la République

    Monsieur le Président de la République,

     

    Nous sommes une famille de lavandiculteurs dans la Drôme. Ces six dernières années, nous avons subi une perte de 44% de nos revenus à cause de l’intensification des excès climatiques dans le sud de la France. Le manque d’ambition climatique, à la fois des politiques françaises et  européennes menace nos droits fondamentaux. Mais cela ne concerne pas seulement notre famille.

    Nous vous écrivons de la part de tous les citoyens européens qui subissent aujourd’hui, et depuis des années, les impacts du changement climatique. Avec 10 familles d’Europe et du monde, nous nous sommes unis pour que notre vulnérabilité cesse de nous accabler, et pour former ensemble, une communauté de citoyens qui se mobilisent pour leur avenir. Nous menons le combat pour que l’inaction climatique cesse, pour que nos droits et ceux des générations futures soient protégés. Nous sommes des agriculteurs, des bergers, des forestiers, des propriétaires d’hôtels ou de restaurants. Ce sont nos maisons, nos métiers, nos modes de vie, nos cultures, le futur de nos enfants qui sont menacés par le dérèglement climatique. Nous défendons nos droits humains fondamentaux à la vie, à la santé, au travail, au logement. Ensemble, nous ferons tout et utiliserons tous les moyens pour que l’Union Européenne protège nos droits.

     

    Avec la famille Carvalho, qui a perdu ses terres forestières dans l’incendie ravageur d’octobre 2017 au Portugal, avec Sanna, gardienne d’un troupeau de rennes en Suède et représentante de l’Association de jeunesse Saami, dont la culture même est menacée par le dérèglement climatique. Avec Petru, agriculteur roumain dans la chaîne montagneuse des Carpates, qui risque de perdre sa ferme familiale à cause de la perte des ressources en eau.

     

    En mai 2018, c’est ensemble que nous avons lancé une action en justice face aux institutions de l’Union Européenne. Ce que nous demandons est simple : le respect des engagements pris, pour la protection de nos droits. Depuis la signature de l’Accord de Paris en 2015, aucun pays de l’Union Européenne n’a adopté de lois contraignant leur action aux engagements pris. L’objectif actuel de réduction de 40% des émissions comparé aux niveaux de 1990, d’ici 2030, ne permet pas de prévenir la catastrophe climatique qui se profile sous nos yeux. La trajectoire prise par l’UE nous mène tout droit vers une augmentation de la température mondiale de plus de 3,2°C. Et l’importance de notre demande est reconnue : depuis le lancement de notre action, le Parlement européen a voté deux résolutions pour que les objectifs d’ici 2030 passent de 40 à 55% de réduction des émissions et la Commission a reconnu que les ambitions actuelles ne permettront pas d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.

    Ce que nous disons, c’est que les 1°C de hausse des températures que nous avons déjà atteint nous affecte déjà considérablement. Que ces droits, pourtant reconnus par toutes nos institutions comme fondamentaux, sont aujourd’hui en danger. Et qu’il est de votre devoir et de votre responsabilité, en tant que représentant de la France au Conseil Européen, que de les protéger, comme il l’est de respecter vos engagements.

    Le 9 mai, vous serez aux côtés de tous les chefs d’Etats et de gouvernements, en Roumanie, pour discuter de l’avenir de l’Europe, lors du sommet de Sibiu. Nous vous demandons, à vous et vos confrères européens, de mettre l’action climatique et les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre au centre des débats, afin de prévenir des effets les plus graves du changement climatique.  

    Monsieur le président, parce que vous êtes considéré comme le « champion de la Terre » sur la scène internationale, nous voulons que vos mots se concrétisent en action. A l’heure où le grand débat prend fin et que vous exposez vos « solutions », la crise climatique est encore trop peu prise en considération, alors même que 62% des contributeurs se sentent touchés par le changement climatique et que des centaines de milliers d’entre eux, depuis des mois, se mobilisent en ligne et dans les rues, pour crier leur attente de changement.

    Nous n’avons plus le temps d’attendre, car le manque d’action est coupable et va inévitablement provoquer la 6e extinction de masse. Vous et vos confrères devez cesser de prendre des décisions qui vont à l’encontre des droits fondamentaux des citoyens français et européens, et favorisent les intérêts des plus riches, afin qu’ils puissent continuer à polluer en toute impunité. Le réveil climatique citoyen a émergé et s’est consolidé afin former un mouvement mondial pour la protection du vivant. Il est temps d’agir, ensemble.

    De meilleures politiques climatiques sont la seule et unique façon de protéger nos droits et garantir un futur viable pour toutes et tous. En tant que citoyens européens, nous pensons que notre futur dépend du futur de l’Europe.

     

    Avec nos salutations distinguées,  

    Maurice and Renaud Feschet, lavandiculteurs, France

  • CP / Notre Affaire à Tous lance IMPACTS – La revue de presse sur les inégalités climatiques

    Le 19 avril 2019 – A la suite de la création du collectif du JIEC – Journalistes d’Investigation sur l’Écologie et le Climat, l’association Notre Affaire à Tous – agir ensemble pour la justice climatique lance une revue de presse mensuelle sur les impacts du changement climatique en France. Son objectif ? Mettre en lumière les conséquences du dérèglement du climat sur les territoires et populations français-es. En effet, en France aussi, dès aujourd’hui, les dégradations environnementales et climatiques exacerbent les vulnérabilités, renforcent les inégalités sociales, économiques, territoriales, existantes, et bouleversent les équilibres de notre planète.

    Il y a plus d’un an, Notre Affaire à Tous, travaillant à la fois sur les responsabilités juridiques des acteurs publics et privés en matière climatique, et la protection des droits des premières victimes des changements climatiques,  accompagnait Mr Feschet, lavandiculteur, dans son combat pour la défense de ses droits “climatiques” face à la Cour de Justice de l’Union Européenne dans le cadre du People’s Climate Case. Inspirée par son exemple, l’association  initiait un travail d’investigation autour des victimes du changement climatique en France. Ce travail a mené l’association à entamer, il y a près d’un an, une collaboration inédite aux côtés de journalistes de différents médias (Politis, Mediapart, La Revue Projet, Bastamag et Reporterre) d’enquête et de documentation sur celles et ceux qui voient, aujourd’hui, leurs droits et leurs vies affectées par les dérèglements climatiques et environnementaux sur nos territoires. Le 18 avril 2019, ce collectif unique a pris un nom : le JIEC, pour Journalistes d’Investigation sur l’Écologie et le Climat.

    L’enquête et la documentation autour des inégalités climatiques ne peut s’en arrêter là. Notre Affaire à Tous l’affirme : Les questions sociales, civiques et climatiques sont inextricablement liées, aussi, la bataille pour le climat, c’est notre affaire à tous.

    Il nous importe alors de continuer à collecter, et rassembler, les témoignages de celles et ceux qui voient aujourd’hui leurs droits au travail, au logement, à la santé, à un avenir menacés par les changements climatiques sans pour autant n’avoir aucun moyen de défense à l’heure actuelle en France. A cette fin, nous relançons aujourd’hui notre appel à témoins de ces dérèglements climatiques, afin d’accompagner celles et ceux qui le souhaitent à faire connaître leur histoire, à renforcer le travail de recherche sur ces enjeux, et à faire valoir leurs droits.

    En parallèle, cette revue de presse mensuelle viendra en appui à la diffusion et la prise en compte de ces différents impacts du changement climatique, à la fois sur nos droits sociaux, civiques et économiques, et sur les différents territoires. De cette revue de presse mensuelle, nous voulons faire l’instrument de chacune et chacun, afin d’amplifier la nécessité de la bataille pour la justice climatique et sociale. Car l’information sur les impacts existants du dérèglement climatique en France reste trop rare, trop cantonnée; et le croisement des impacts subis sur les différents territoires trop peu effectué. Car les personnes impactées par les dérèglements climatiques se rassemblent et font porter leur voix, notamment au travers d’actions en justice visant les responsables de leurs préjudices ; Car les territoires se mobilisent aujourd’hui pour réclamer la justice et que chacun paie sa juste part de sa contribution au changement climatique ; Car, enfin, les premières victimes de ce silence sont celles et ceux qui ont déjà peu de voix dans la décision publique : ce sont les plus précaires, les plus fragiles, qui subissent les premiers les impacts des changements climatiques, souvent sans faire la une des journaux.

    La première édition de notre revue de presse dresse un état des lieux des impacts du réchauffement planétaire, mais aussi des dégradations environnementales en France, qui perturbent affectent les droits fondamentaux, économiques et sociaux. Dans deux semaines, elle reviendra sur les impacts ressentis sur les différents territoires. Enfin, à la suite de cet état des lieux et à partir du 14 mai, la revue de presse prendra un rythme mensuel, pour informer chacun et chacune de la manière dont le dérèglement climatique affecte nos vies.

    Nous souhaitons donner les clés à toutes et tous, pour saisir les enjeux liés à la crise climatique, qui menace à la fois les humains et la planète. Car c’est ensemble, dans la compréhension de tous les enjeux, que nous pouvons établir la justice climatique.

    Pour vous abonner à cette revue de presse, cliquez sur ce lien  

    Contact presse : Marie Pochon, 06 52 26 19 41 marie@notreaffaireatous.org

  • Le People’s Climate Case

    Le People’s Climate Case

    Présentation

    10 familles dans un recours unique contre l’Union Européenne !

    Le People’s Climate Case était une action en justice initiée par 10 familles d’Europe et du monde, originaires du Portugal, d’Allemagne, de France, d’Italie, de Roumanie, du Kenya, des Fidji, ainsi que l’association suédoise de la jeunesse autochtone Saami, Sáminuorra. Leurs maisons, leurs modes de vie, leurs métiers traditionnels et leur culture sont impactés et mis en danger par le dérèglement climatique.

    Il s’agit d’un recours unique contre les institutions de l’Union Européenne (Parlement européen et Conseil européen). Car l’objectif climatique de l’UE est insuffisant à l’horizon 2030 et l’inaction européenne met en danger les droits fondamentaux à la vie, à la santé, au travail et à la propriété des familles. Elles demandent que des mesures efficaces pour lutter contre le changement climatique soient prises. Aujourd’hui, aucune législation européenne ne permet de contenir la hausse de la température de la Terre à 1,5°C en 2050, recommandée par le GIEC.

    Leur action se fondait sur les menaces désastreuses que font peser le dérèglement climatique sur leurs maisons, leurs modes de vie, leurs métiers traditionnels et leur culture. Notre Affaire à Tous est fière de constater l’énergie et la volonté des citoyen-nes à participer la lutte contre le changement climatique. Tout au long des trois ans qu’aura duré la procédure, nous avons soutenu activement Maurice Feschet, plaignant français du People’s Climate Case ! Malheureusement, les tribunaux de l’Union européenne sont restés sourds aux appels des citoyens et leurs demandes de protection de leurs droits fondamentaux. Le manque d’accès à la justice européenne est flagrant.

    Quels étaient les objectifs ?

    • Rehausser l’objectif climatique de l’UE est insuffisant à l’horizon 2030 et l’inaction européenne met en danger les droits fondamentaux à la vie, à la santé, au travail et à la propriété des familles.
    • L’adoption de mesures immédiates, ambitieuses et efficaces pour lutter contre le changement climatique
    • Obtenir une législation européenne permettant de contenir la hausse de la température de la Terre à 2°C en 2050, tel que recommandée par le GIEC
    • Contribuer, à plus long terme, à l’évolution de la jurisprudence en termes de contentieux climatiques pour une meilleure protection du vivant et des droits humains universellement reconnus

    Comment ?

    Pour atteindre ces objectifs, nous employons principalement la voie juridique, en soutenant les plaignants impliqués, en mettant à disposition nos juristes et bénévoles, et en recherchant des éléments pour renforcer le dossier. Nous cherchons également à mobiliser les citoyen-nes autour de cette action en justice, parce que chacun est impacté par les changements climatiques. 

    Historique de l’action en justice

    • 24 mai 2018 : le recours du People’s Climate Case est déposé par les dix familles et l’association de jeunes Saami devant le Tribunal de l’UE.
    • 13 août 2018 : le Tribunal européen publie l’affaire au Journal officiel de l’Union européenne, et accepte d’examiner le recours : la procédure commence officiellement.
    • 24 septembre 2018 : Le CAN Europe, Wemove.eu et l’Association allemande des petits agriculteurs (Arbeitsgemeinschaft bäuerlicher Landwirtschaft e.V.) deviennent intervenants dans le People’s Climate Case.
    • 15 octobre 2018 : la défense écrite du Parlement européen et du Conseil sont soumises à la Cour.
    • 10 décembre 2018 : les plaignant-es répondent à la défense de l’UE et la procédure écrite est close.
    • 15 mai 2019 : le Tribunal européen partage son ordonnance du 8 mai 2019 sur l’irrecevabilité de l’affaire. Il reconnaît le changement climatique comme une menace pour les droits humains, mais déclare l’affaire irrecevable
    • 11 juillet 2019 : Les requérant-es font appel de la décision du Tribunal de l’Union Européenne. Le People’s Climate Case continue !
    • 25 mars 2021 : La Cour de Justice de l’Union Européenne rend son jugement et confirme la décision du tribunal de première instance : elle rejette l’affaire pour des raisons de procédure. Cette décision met une fois de plus en lumière le manque d’accès à la justice dans l’UE en matière d’environnement.

    Maurice Feschet, le plaignant français

    « Ma famille exploite une production de lavande depuis trois générations. À cause des impacts des changements climatiques, la production n’est plus viable. Dans la région, les périodes de sécheresses ont considérablement augmenté depuis les années 1960. Les aléas climatiques ont sévèrement affecté la culture de la lavande. Les températures trop élevées en janvier ou février, lorsque les plantes commencent à pousser, suivies d’une période de gel plus tard en début de printemps, tuent les plantes. Le dérèglement c’est aussi des périodes de pluies excessives qui noient les plantations très sensibles au trop d’eau. Les lavandes dont le durée de production était de 23 ans peuvent maintenant être déracinées à partir de l’âge de 4 ans avec seulement 2,5 ans de récolte ».

    Par cette action, Maurice Feschet souhaitait éveiller les consciences et mettre les politiques devant leurs responsabilités : « J’agis en grand-père inquiet pour ses petits-enfants, poursuit-il. Il y a un terrain favorable maintenant, tout le monde commence à prendre conscience du problème. Il y a vingt ans, on n’aurait pas pu faire ça. Les Etats agiront d’autant plus s’il y a une demande des citoyens. »

    Nos ressources

  • Pourquoi une revue de presse des inégalités climatiques ?

    Le 19 avril 2019, l’association Notre Affaire à Tous – agir ensemble pour la justice climatique sort sa première revue de presse sur les impacts du changement climatique ! Notre souhait ? Mettre en lumière les conséquences du dérèglement du climat sur les territoires et populations français-es. En effet, en France aussi, dès aujourd’hui, les dégradations environnementales et climatiques exacerbent les vulnérabilités, renforcent les inégalités sociales, économiques, territoriales, existantes, et bouleversent les équilibres de notre planète.

    Nous le constatons, nous l’affirmons :

    La bataille pour le climat, c’est la bataille pour les droits des femmes, qui sont les premières victimes des changements climatiques.

    La bataille pour le climat, c’est la bataille pour les droits des personnes les plus précaires, quand 1 français sur cinq vit encore en situation de précarité énergétique.

    La bataille pour le climat, c’est la bataille pour la jeunesse, et le droit à décider de son avenir et de son présent, coeur de la démocratie.

    La question sociale, civique et climatique étant ainsi inextricablement liées, nous considérons que la bataille pour le climat, c’est notre affaire à tous.

    De cette revue de presse mensuelle, nous voulons faire l’instrument de chacune et chacun, afin d’amplifier la lutte pour la justice climatique et sociale. Car l’information sur les impacts existants du dérèglement climatique en France reste trop rare, trop cantonnée.

    • Car les personnes impactées par les dérèglements climatiques se rassemblent et font porter leur voix, notamment au travers d’actions en justice visant les responsables de leur préjudice ;
    • Car les territoires se mobilisent aujourd’hui pour réclamer la justice et que chacun paie sa juste part de sa contribution au changement climatique ;
    • Car, enfin, les premières victimes de ce silence sont celles et ceux qui ont déjà peu de voix dans la décision publique : ce sont les plus précaires, les plus fragiles, qui subissent les premiers les impacts des changements climatiques, souvent sans faire la une des journaux.

    La première édition de notre revue de presse dresse un état des lieux des impacts du réchauffement planétaire, mais aussi des dégradations environnementales en France, qui perturbent à la fois les populations, les territoires et la nature. Sur deux numéros, chacun envoyés à deux semaines d’intervalle, nous balayerons les impacts sociaux, économiques et territoriaux des changements climatiques. La revue de presse sera ensuite envoyée à tou-tes celles et ceux qui souhaitent s’y abonner de manière mensuelle. 

    Au travers de cette revue de la presse nationale et régionale, nous souhaitons mettre en lumière les situations de la Corse, aujourd’hui victime de plus fréquents et intenses feux de forêts, du sud de la France touché par les inondations qui sont passées de décennales à quasi-annuelles, comme celle qui a ravagé l’Aude en octobre 2018, de la Nouvelle-Aquitaine qui subit une érosion de son littoral du fait de la hausse du niveau de la mer, des Hauts-de-France, où l’alerte sécheresse est déclenchée de plus en plus tôt chaque année.  

    Mettre en lumière, aussi, le constat que les plus pauvres et vulnérables sont les plus exposés aux dégradations de l’environnement et les moins en capacité de s’adapter. En montrant aussi que l’accompagnement qui leur est proposé est faible, voire inexistant. Enfin, en montrant la diversité des inégalités environnementales et climatiques, qu’elles soient sociales ou économiques, à travers les ressentis et expériences de personnes issues de différentes activités (agriculture, tourisme) et de différents milieux (habitants de zones urbaines, jeunes générations).

    Le 18 avril 2019 c’était aussi la date de la deuxième publication commune du JIEC (Jounalistes d’Investigation sur l’Ecologie et le Climat) avec qui nous avons entamé, il y a près d’un an, un travail collectif inédit. Nous sommes convaincu-es que c’est ensemble que nous gagnerons la lutte pour l’avènement d’une justice sociale et climatique, pour un monde plus juste.

    Nous souhaitons donner les clés à toutes et tous, pour saisir les enjeux liés à la crise climatique, qui menace à la fois les humains et la planète. Car c’est ensemble, dans la compréhension de tous les enjeux, que nous pouvons établir la justice climatique.