Catégorie : Général

  • 6 juin 2019 / Newsletter n°2 : La jeunesse prend d’assaut les Cours !

    Pour le deuxième numéro de la newsletter des affaires climatiques, Notre Affaire à Tous met en lumière la jeunesse devant les tribunaux ! Parce que les jeunes et futures générations subiront de plein fouet le dérèglement du climat et en seront parmi les premières impactées ! De l’Affaire Juliana aux Etats-Unis, à l’affaire Pandey en Inde, en passant par les jeunesses canadienne, colombienne et pakistanaise, nous montrons que les jeunes se mobilisent et activent le levier juridique pour la protection de leurs droits et leur avenir !  

    L’ambition de cette newsletter ? Donner les moyens à toutes et tous de comprendre les enjeux de telles actions en justice, face à l’urgence climatique ! Abonnez-vous pour recevoir, chaque mois, les actualités et informations sur ces affaires qui font avancer, partout dans le monde, nos droits et ceux de la nature face aux dégradations environnementales et climatiques : le combat qui se joue dans les tribunaux est bien celui de la défense des pollués face aux pollueurs, nouvel enjeu du XXIe siècle.

    Le 25 mars 2017, une jeune fille de neuf ans, de la région indienne de l’Uttarakhand, Ridhima Pandey, a décidé de lancer une action en justice visant la responsabilité climatique de l’Etat indien, accusé de ne pas avoir conduit des politiques efficaces pour limiter le réchauffement climatique. Si des mesures ne sont pas prises rapidement contre l’urgence climatique, les jeunes et futures générations, dont elle fait partie, seront victimes du dérèglement du climat. Pourtant, elles ne font pas partie des processus de décision, et le gouvernement a échoué à prendre des mesures pour faire appliquer les normes environnementales. 

    Un recours a donc été déposé en son nom auprès du National Green Tribunal de l’Inde. Plus précisément, la procédure judiciaire a été entamée dans le but d’établir l’insuffisance des politiques indiennes d’atténuation vis-à-vis d’une série d’obligations nationales et internationales. Le recours met en évidence que les engagements prévus par l’Accord de Paris n’ont pas été sérieusement transposés au niveau interne. Le recours se fonde à la fois sur la constitution indienne et sur la doctrine du Public Trust. Cette dernière est mobilisée pour soutenir que l’Etat est tenu de préserver l’environnement et les équilibres écologiques tant pour les générations présentes que futures, au titre du principe d’équité intergénérationnelle. 

    La jeune requérante demande au juge de prononcer une injonction adressée au gouvernement indien pour qu’il soit tenu de revoir à la hausse l’ambition des politiques climatiques nationales, et notamment l’inclusion de l’impact sur le climat en tant que paramètre d’évaluation environnementale ainsi que la création d’un inventaire des émissions de gaz à effet de serre au niveau national et la définition d’une trajectoire de compensation et de réduction des émissions. La procédure est actuellement en cours. Une décision est attendue dans les prochains mois. 

    Le 12 août 2015, un groupe de 21 jeunes plaignant-es toutes et tous âgé-es de moins de 19 ans, dont la voix est portée par Kelsey Rose Juliana, et accompagné par Our Children’s Trust et Earth Guardians, a déposé une plainte constitutionnelle devant la Cour du District de l’Oregon contre l’inaction climatique du gouvernement fédéral des Etats-Unis, violant ainsi leurs droits constitutionnels à la vie, à la liberté et à la propriété. Les requérant-es et associations se fondent également sur la doctrine du Public Trust. Selon cette doctrine, certaines ressources ne peuvent faire l’objet d’une appropriation privée, et doivent recevoir une protection de l’Etat. 

    La juge Ann Aiken a joué un grand rôle dans cette affaire, reconnaissant le 10 novembre 2016 la recevabilité du recours en admettant, d’une part, l’existence d’un lien de causalité entre les changements climatiques et le fait du gouvernement, et d’autre part, en reconnaissant que les autorités fédérales ont la charge de protéger et de préserver les ressources communes à tout le vivant, pour les générations présentes et futures. Cependant, le jugement fut reporté à de nombreuses reprises suite à l’action de blocage du gouvernement qui n’a eu de cesse de tenter de ralentir la procédure, voire de la faire échouer, à travers l’utilisation de tous les mécanismes à sa disposition. 

    Suite à cela, la Cour d’appel du 9ème Circuit avait le 7 janvier 2019 accordé une procédure accélérée aux requérants. Cela a permis la tenue de l’audience des parties devant cette même Cour ce mardi 4 juin 2019.

    Notre Affaire à Tous a récemment rédigé une tribune sur cette affaireà lire ici.

    Le 26 novembre 2018, l’organisme à but non lucratif ENvironnement JEUnesse (“ENJEU”), a déposé une plainte devant la Cour supérieure de la Province de Québec, District de Montréal, contre le gouvernement du Canada. L’organisation, essentiellement constituée de jeunes, travaille à la sensibilisation de la jeunesse sur les questions environnementales à travers des projets éducatifs. 

    Elle considère que le gouvernement du Canada, par l’absence prise de mesures radicales pour la protection du système climatique, a violé les droits fondamentaux des membres du groupe, inscrits à la Charte canadienne des droits et libertés et la Charte québécoise des droits et des libertés de la personne : le droit à la vie, à l’intégrité et à la sécurité, le droit à un environnement sain et respectueux de la biodiversité, et enfin le droit à l’égalité. D’une part, l’organisation considère que la cible de réduction de gaz à effet de serre du gouvernement n’est pas suffisamment ambitieuse pour éviter des changements climatiques dangereux, et d’autre part, les actions de celui-ci ne permettent pas l’atteinte de cette cible, pourtant déjà insuffisante. 

    Elle se fonde notamment sur les engagements pris par le gouvernement canadien lors des conférences internationales, des discussions et de l’adoption de l’Accord de Paris. Les alertes des scientifiques sont également au centre du recours afin de montrer la violation évidente de ces droits. La demande d’autorisation sera entendue le 6 juin 2019 par le juge Gary D.D. Morrison de la Cour Supérieure du Québec à Montréal. 

    Un groupe de 25 enfants, accompagné de l’association colombienne Dejusticia, a intenté une action en justice à l’encontre de l’Etat colombien au motif que ce dernier ne garantit pas leurs droits fondamentaux à la vie et à l’environnement. En effet, malgré les engagements internationaux de la Colombie de réduire la destruction des forêts, les statistiques les plus récentes montrent que la déforestation a augmenté de plus de 44 % entre 2015 et 2016. Les plaignants ont utilisé un dispositif spécial pour que leur requête soit étudiée dans de très courts délais par la Cour Suprême. Pour ce faire, ils ont plaidé une violation de leurs droits constitutionnels. 

    Dans sa décision du 5 avril 2018, la Cour Suprême colombienne ordonne à la présidence et aux ministères de l’environnement et de l’agriculture de créer un “pacte intergénérationnel pour la vie de l’Amazonie colombienne”. Ce pacte devra être construit avec la participation des plaignants, des communautés affectées et des scientifiques. Afin de protéger ce qu’elle reconnaît comme un “écosystème vital”, la Cour Suprême colombienne a reconnu l’Amazonie colombienne comme une entité « sujet de droit”. Elle a ordonné au gouvernement de mettre fin à la déforestation, lui rappelant son devoir de « protéger la nature et le climat » au nom « des générations présentes et futures ».

    Asghar Leghari, agriculteur pakistanais de 25 ans, a formé un recours d’intérêt public devant la Haute Cour de Lahore contestant l’inaction du gouvernement fédéral pakistanais et du gouvernement de la province de Punjab face au changement climatique. Le requérant reproche au gouvernement de ne prendre aucune mesure d’exécution de la politique nationale relative au changement climatique de 2012 (National Climate Change Politcy”), ni du Cadre de mise en oeuvre de la politique relative au changement climatique (“Framework for Implementation of Climate Change Policy”) (2014-2030).

    Le 4 septembre 2015, la Cour acte la responsabilité du gouvernement pakistanais dans le retard dans l’exécution du Cadre d’action climatique, en violation des droits fondamentaux de ses citoyens. La Cour impose aux ministres de présenter une liste des actions d’adaptation qui peuvent être réalisées dans les mois qui suivent, et institue une Commission sur le changement climatique composée de représentants des ministères, des ONG, et d’experts. Le 14 septembre 2015, elle nomme expressément les membres de la Commission sur le Changement Climatique.

    Un groupe de sénateurs français a récemment déposé un rapport relatif à l’adaptation de la France au changement climatique. Il part du constat que le “choc” climatique est inévitable et qu’il faut s’y préparer. D’après le rapport, les politiques d’atténuation sont, certes utiles, mais insuffisantes face à ce qui attend le pays. Il est indispensable d’adopter des mesures capables d’atténuer les chocs sur les territoires et la population. Ainsi, le rapport relève l’incidence qu’aura la crise climatique sur les sols, les ressources en eau, la santé ou encore les activités économiques. Il constate l’existence, aujourd’hui, de fondements réglementaires et scientifiques prompts à permettre le développement de politiques d’adaptation. Il fait référence à des outils qui permettent aux acteurs de terrain d’évaluer leur vulnérabilité en la matière et d’élaborer les réponses appropriées à leur échelle. 

    A l’international, le 14 mai 2019, un groupe de peuples autochtones des îles du Détroit de Torres a déposé une plainte sans précédent auprès du Comité des droits de l’Homme des Nations Unies, contre l’inaction climatique de l’Australie, suite au non-respect des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre du pays définis par l’Accord de Paris, constituant ainsi une violation de leurs droits humains.

  • 2 mai 2019 – Newsletter n°1 : Partout dans le monde la justice climatique avance !

    Ce vendredi 3 mai, Notre Affaire à Tous lance une newsletter mensuelle sur les affaires climatiques à travers le monde ! Parce que le levier juridique face à l’urgence climatique est de plus en plus mobilisé sur tous les continents. Parce que Notre Affaire à Tous s’inscrit dans un mouvement mondial : celui des actions en justice pour le climat, contre les crimes environnementaux, mais aussi pour la reconnaissance des droits de la nature. Parce que les citoyen-nes, les associations, les juristes se tournent vers les tribunaux pour faire respecter leurs droits, ceux des générations futures et de la nature. Ensemble, ils dénoncent l’inaction et le manque d’ambition des Etats en matière climatique, et engagent la responsabilité des entreprises les plus polluantes.

    L’ambition de cette newsletter ? Donner les moyens à toutes et tous de comprendre les enjeux de telles actions en justice, face à l’urgence climatique. Elle est destinée aux citoyen-nes, aux juristes, aux académiques, à toutes celles et ceux qui souhaitent s’emparer du sujet de la justice climatique sous le prisme du droit. 

    Abonnez-vous pour recevoir, chaque mois, les actualités et informations sur ces affaires qui font avancer, partout dans le monde, nos droits et ceux de la nature face aux dégradations environnementales et climatiques : le combat qui se joue dans les tribunaux est bien celui de la défense des pollués face aux pollueurs, nouvel enjeu du XXIe siècle.

    Urgenda Foundation v. State of the Netherlands

    En 2015, la Fondation Urgenda et 886 citoyens néerlandais ont demandé aux juges de reconnaître un devoir de diligence qui s’imposerait aux Pays-Bas, qui n’avait pas fait assez pour lutter contre le réchauffement climatique. L’enjeu de court-terme : le réhaussement des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 17 à 25% à horizon 2020 par rapport à l’année 1990. L’enjeu réel : l’instauration d’une obligation de protéger les citoyens et la nature du réchauffement climatique et des activités polluantes, au nom de la solidarité entre les citoyens néerlandais avec les citoyens du monde, et l’ensemble du vivant. 

    Le 24 juillet 2015le tribunal de La Haye a donné raison aux requérants. Il a souligné la « gravité des conséquences du changement climatique et du risque majeur qu’un changement climatique se produise ». Dans la foulée de cette décision, de très nombreux partis politiques se sont réunis pour proposer la loi climatique la plus ambitieuse des pays développés : en visant 95% de réduction d’émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050. Le 9 octobre 2018, la Cour d’Appel de la Haye a confirmé cette décision historique

    Lahore High Court, Ashgar Leghari v. Federation of Pakistan

    Asghar Leghari, agriculteur pakistanais, a formé un recours d’intérêt public devant la Haute Cour de Lahore contestant l’inaction du gouvernement fédéral pakistanais et du gouvernement de la province de Punjab face au changement climatique.  

    Le 4 septembre 2015, la Cour acte la responsabilité du gouvernement pakistanais dans le retard dans l’exécution du Cadre d’action climatique, en violation des droits fondamentaux de ses citoyens. La cour impose aux ministres de présenter une liste des actions d’adaptation qui peuvent être réalisées dans les mois qui suivent, et institue une Commission sur le changement climatique composée de représentants des ministères, des ONG, et d’experts. Le 14 septembre 2015, elle nomme expressément les membres de la Commission sur le Changement Climatique. 

    Cour constitutionnelle de Colombie, "Tierra Digna"

    Début 2015, l’association Tierra Digna, travaillant avec l’association Foro Interétnico Solidaridad Choco et différents Conseils de Communautés Afro-Colombiennes du bassin de la rivière Atrato, ont introduit une demande en justice dite “action en tutelle” pour obtenir l’arrêt de l’usage intensif de méthodes d’extraction minière et d’exploitation illégale des forêts devant les juridictions administratives colombiennes.  

    La Cour Constitutionnelle colombienne rend sa décision le 10 novembre 2016, et l’annonce en mai 2017. Elle crée un “précédent” dans le monde juridique, en jugeant que les autorités publiques ont failli dans leur obligation de protection constitutionnelle, et que le gouvernement est responsable d’une violation du droit à l’eau et à l’alimentation des communautés vivant dans le bassin du fleuve Atrato. Elle pose le droit à l’eau comme un droit constitutionnel faisant partie du droit à vivre dans la dignité. Enfin, fait inédit, la Cour introduit le concept de droit bioculturel dans le droit constitutionnel colombien. Elle reconnaît l’interdépendance entre la nature, les ressources naturelles et les cultures ethniques des peuples indigènes et pose les droits bioculturels comme une condition préalable à la protection des droits des communautés indigènes et ethniques. 

    La Cour ordonne au gouvernement de mettre en oeuvre des mesures sans délai, d’établir un plan d’arrêt des activités minières illégales, un plan pour rétablir les formes traditionnelles de subsistance, contrôler le degré de contamination de la rivière, ainsi qu’une commission de sauvegarde du fleuve Atrato. 

    Dejusticia : décision du 5 avril 2018

    Un groupe de 25 enfants, accompagné de l’association colombienne Dejusticia ont intenté une action en justice à l’encontre de l’Etat colombien au motif que ce dernier ne garantit pas leurs droits fondamentaux à la vie et à l’environnement. En effet, malgré les engagements internationaux de la Colombie de réduire la destruction des forêts, les statistiques les plus récentes montrent que la déforestation a augmenté de plus de 44 % entre 2015 et 2016. Les plaignants ont utilisé un dispositif spécial pour que leur requête soit étudiée dans de très courts délais par la Cour Suprême. Pour ce faire, ils ont plaidé une violation de leurs droits constitutionnels. 

    Dans sa décision du 5 avril 2018, la Cour Suprême colombienne ordonne à la présidence et aux ministères de l’environnement et de l’agriculture de créer un “pacte intergénérationnel pour la vie de l’Amazonie colombienne”. Ce pacte devra être construit avec la participation des plaignants, des communautés affectées et des scientifiques. Afin de protéger ce qu’elle reconnaît comme un “écosystème vital”, la Cour Suprême colombienne a reconnu l’Amazonie colombienne comme “une entité de sujet de droit”. Elle a ordonné au gouvernement de mettre fin à la déforestation, lui rappelant son devoir de « protéger la nature et le climat » au nom « des générations présentes et futures ». 

    Earthjustice Yellowstone Gold mine : 12 avril 2019

    Earth Justice est la plus grande et la première association pour la protection de l’environnement aux Etat-Unis. Cette association réunit une multitude d’associations.  Son rôle est de représenter ses clients dans le combat pour l’écologie. En avril 2019, la Cour du District du Montana a annulé un permis d’exploitation de mine d’or qui aurait permis à l’entreprise canadienne Lucky Minerals Inc. d’exploiter une carrière dans l’Emigrant Gulch au Nord du Parc national de Yellowstone, dans le Montana.  

    La Cour a jugé que le permis d’exploitation violait d’une part, le droit public de l’environnement et d’autre part, le droit de « Public Participation« , qui permet aux citoyen-nes de prendre part aux décisions environnementales. Ces deux droits sont reconnus dans la constitution du Montana. La Cour a jugé que l’action de Lucky Minerals Inc. pouvait porter atteinte à la qualité de l’eau, à la faune et la flore. Cette décision fait primer la protection de la nature sur l’exploitation minière et le profit. Elle se fonde, pour cela, sur des droits inscrits dans la constitution du Montana. 

    Waorani : 26 avril 2019 – Tribunal pénal de Puyo

    Le peuple autochtone Waorani compte 4 800 membres, et est propriétaire d’environ 8000 km2 de jungle, une petite partie de l’Amazonie équatorienne. La loi reconnaît leur souveraineté, même si le sous-sol appartient à l’Etat. L’exploitation pétrolière est un pilier de l’économie du pays mais a détruit son écosystème. La tribu des Waorani avait déposé un recours contre le gouvernement équatorien contre le projet d’ouvrir 1800 km2 de leur territoire à l’exploitation pétrolière. Selon les Waorani, leur consultation n’avait pas été faite dans le respect de la procédure inscrite dans la constitution. Le gouvernement lui, au contraire, plaidait qu’il avait toutes les autorisations nécessaires. 

    Le 26 avril 2019, la tribu des Waorani a remporté une grande victoire contre le géant pétrolier argentin Tecpetrol. Le tribunal a validé le recours intenté par la tribu. Il a jugé que ce projet violait le droit constitutionnel des peuples à l’autodétermination et à être consultés sur l’extraction des ressources non renouvelables dans leur habitat. Par conséquent, le tribunal de Puyo a enjoint l’Etat de mener une nouvelle consultation publique conforme aux exigences de la Cour Interaméricaine des droits de l’Homme. L’Etat a déjà fait savoir qu’il fera appel de la décision

    Revue de presse

    Le droit comme dernier outil de protection des communs planétaires ? Alors que les recours liés aux conséquences du changement climatique se comptent en milliers, on voit apparaître des tentatives pour faire reconnaître la nature comme sujet de droit. 

    Récemment, ce fut, par exemple, le cas du lac Erié aux Etats-Unis. Pour lutter contre la pollution que subit le lac, dûe aux substances toxiques déversées par les fermes usines qui l’entourent, des citoyens américains ont voté pour que lui soit octroyé le statut de sujet de droit. Valérie Cabanes nous explique pourquoi ce statut pourrait permettre une meilleure protection des écosystèmes. Dans la même veine de prise de conscience quant à l’existence d’une crise écologique, la ville de Kingston, au Canada, est la troisième ville Canadienne à se déclarer en “urgence climatique”. Pour le maire, cette déclaration permet d’affirmer que l’urgence constitue une priorité stratégique dans la politique de la ville. 

    Sans doute que nous constaterons, dans les mois et années à venir, l’apparition d’autres initiatives de ce type, tant le droit commence à être considéré comme un moyen prompt à lutter contre la crise environnementale.

  • Vous êtes un-e citoyen-ne ? Agissez !

    En tant que citoyen-ne, vous aussi, vous pouvez agir !

    Accompagnez vos élu-es, en les incitant à rejoindre le mouvement des collectivités qui se défendent !

    Pour ce faire, vous trouverez ici le Kit de mobilisation qui vous servira de guide pour diffuser notre campagne et interpeller vos élu-es.

    De plus, en remplissant ce formulaire, vous pouvez demander à recevoir directement des outils de mobilisation facilement utilisables, notamment pour écrire à vos élu-es.

    Notre Affaire à Tous est là pour vous accompagner dans votre mobilisation.

    Diffusez l’information !

    Les mots-clés pour soutenir l’action :

    • #TerritoiresQuiSeDéfendent
    • #MairesPourLeClimat

    Exemple de post Facebook :

    “Le changement climatique, nous sommes toutes et tous impacté-es, mais personne n’est responsable. Il est temps que cela change ! Grenoble, Bayonne, Nanterre…  : les collectivités se mobilisent pour réclamer la fin de l’impunité et de l’inaction ! Alors [Nom de votre collectivité], on se lance ensemble ?”

    Exemple de tweet :

    “Le #Climat ne semble pas être l’affaire de @Total : les collectivités se mobilisent ! Il est temps d’appliquer le principe #PollueurPayeur ! #TerritoiresQuiSeDéfendent !”

     

    « Face à l’impunité des multinationales fossiles, nous sommes les territoires qui se défendent ! #TerritoiresQuiSeDéfendent”

    “Total est l’entreprise la plus émettrice de GES en France. Réclamons une réelle vigilance des multinationales ! #TerritoiresQuiSeDéfendent”

    Voir et télécharger le logo de l’action et les visuels Facebook et Twitter

    Cette action est soutenue par :

  • Notre Affaire à Tous est fière d’avoir contribué au Journal de l’Année Climat de Place To B

    Avec le premier Journal de l’Année Climat, l’association Place To B s’associe à 7 ONGs pour vous raconter l’année climatique !

    • Le Journal de l’Année Climat, c’est quoi ?

    Ce journal est engagé et collaboratif, et tire le bilan d’une année de changements climatiques. Il est dédié à l’information sur la lutte contre le changement climatique et aux négociations climatiques ! Pour ce premier numéro de mai 2019, Humans & Climate Change Stories, le REFEDD, CliMates, le GERES, Nature Rights, Climate Chance et Notre Affaire à Tous ont apporté leurs contributions sur les actualités climatiques de 2018.

    Que s’est-il passé de la #COP23 à la #COP24 ? Quels ont été les grands événements de la lutte contre le changement en climatique de 2018 à 2019, en France et hors de nos frontières ? Quels sont les visages et les thèmes qui ont marqué le traitement médiatique du climat lors de l’année écoulée ?

    • Télécharger le premier numéro
  • Climat : Maintenant, on fait quelque chose !

    « Nous avons commencé petit – plus petit est presque impossible. Nous étions deux. « Maintenant, on fait quelque chose », s’est-on lancé l’une à l’autre. »

    Notre Affaire à Tous et la Fondation de l’Ecologie Politique sont heureuses de vous accueillir mercredi 15 mai à partir de 18 heures pour une double-soirée exceptionnelle #NousSommesLaNatureQuiSeDefend 🌱

    Ce mercredi 15 mai, rendez-vous à La base à partir de 19h30 pour une rencontre croisée entre les autrices du Manifeste pour une justice climatique « Comment nous allons changer le monde » par Notre affaire à tous et Kyra Gantois et Anuna De Wever, les initiatrices des grèves pour le climat en Belgique et autrices du manifeste « Nous sommes le climat ». Après une courte discussion croisée sur les mobilisations historiques de la jeunesse autour de la #JusticeClimatique de cette dernière année, en grande majorité menées par des jeunes femmes à travers le monde, cette soirée sera l’occasion d’un temps d’échanges informels avec les autrices de ces manifestes porteurs d’immenses combats, pour inspirer et construire ensemble les victoires à venir. ✊🌍

    Programme :

    18H00 Rencontre « Défendre la forêt » par la Fondation de l’Ecologie Politique
    Animée par Alice Canabate, avec :
    👉 Julien REVENU, auteur de la bande dessinée ZONE DÉFENSIVE ( éditions Vraoum, 2019) http://julienrevenu.blogspot.com/
    👉 Gaspard D’ALLENS, journaliste, auteur de l’essai MAIN BASSE SUR NOS FORÊTS (Reporterre/Seuil, 2019)

    20H00 Discussion croisée, modérée par Hugo Viel, Youth for Climate France
    Avec 👉 Judith Perrignon, « Comment nous allons sauver le monde » Notre affaire à tous, aux EditionsMassot
    👉 Anuna De Wever et Kyra Gantois, « Nous sommes le climat », aux Editions Stock
    ➡ 21H00 Questions et temps d’échanges informels avec les participant-es à la soirée autour d’un verre !

    Adresse : 31, rue Bichat 75010 Paris

    Événement ouvert et gratuit à tou-tes les adhérent-es (à prix libre) de La base ! Des dédicaces et achats de ces manifestes seront possibles sur place.

    Plus d’informations sur le Manifeste pour une justice climatique

    Plus d’informations sur l’événement « Défendre la Forêt » de la Fondation de l’Ecologie Politique

  • 14, 15 et 16 mars, mobilisation historique pour le climat en France et dans le monde !

    Ensemble nous avons réussi à faire de ces trois jours un intense marathon de mobilisation pour une transition écologique et sociale. Fierté et détermination !

    Nous demandons justice !

    Jeudi 14 mars nous avons déposé le recours de l’Affaire du siècle devant le Tribunal administratif de Paris. Le recours prend aujourd’hui la forme d’une requête sommaire qui sera complétée par un mémoire complémentaire fin avril. Face au manque de courage de nos politiques, nous nous tournons vers la justice pour obliger l’Etat à tenir ses engagements et relever ses ambitions. 

    Nous nous inscrivons dans un mouvement mondial pour la justice climatique. Partout dans le monde, des citoyen-nes, juristes, ONG de toutes générations confondues saisissent les juges. Ils contribuent à créer de nouveaux droits, à garantir le respect de toute forme de vie et un avenir aux générations futures.

    Retrouvez notre revue de presse de l’Affaire du siècle.

    Jeudi 14 mars est aussi le jour de lancement de notre Manifeste pour une justice climatique. Ce manifeste est un cri de révolte face à l’inaction dans le pays des droits humains et de l’accord de Paris. En s’appuyant sur de nombreuses études, il fait un constat de l’état de notre planète et démontre la nécessite de se mobiliser. Le livre est désormais disponible dans tous les kiosques et librairies.

    Grève mondiale pour le climat !

    Vendredi 15 mars les jeunes du monde entier ont envahi les rues pour dénoncer un modèle de société qui met en danger la stabilité de leur vie future. Cette mobilisation spontanée lancée par Greta Thumberg, jeune lycéenne suédoise, montre à quel point les jeunes générations sont conscientes des limites de notre planète et de la nécessité d’en prendre soin.

    En France près de 250 000 jeunes ce sont mobilisés, dont 50 000 à Paris. Face à la légitimité évidente de leurs revendications certains politiques ont tenté de prendre de haut les lycéen-nes avec paternalisme. En réalité ce sont les seul-es aujourd’hui à être à la hauteur des enjeux. En cela ces grèves sont porteuses d’un immense espoir.

    Ensemble, luttons pour un climat de justice !

    Samedi 16 mars, marches du siècle dans toute la France. 140 organisations ont appelé à manifester ce samedi pour former la plus grande mobilisation populaire pour le climat en France : 350 000 personnes dans le rues ! Notre présence a doublé depuis les Marches pour le climat à l’automne dernier.

    Les militant-es de Notre Affaire A Tous ont organisé un cortège de juristes pour le climat avec une belle banderole fabriquée la veille lors d’un atelier à la Base.

    La Base du 31 rue Bichat à Paris s’est transformée en fourmilière à l’occasion de ce week-end de mobilisation. On a pu constater l’efficacité de ce lieu qui rassemble et sert de point d’attache à tout-es les militant-es des causes écologistes et sociales à Paris. Un lieu d’atelier, de communication, de réunion, de coordination, de rencontre… et de fête dans le bar associatif situé au rez de chaussé ! Que vive La Base !
    Il est encore possible de participer au crowdfunding pour soutenir le lieu jusqu’à jeudi 21 mars !

    Nous participons tous-tes ensemble à un mouvement massif et non-violent pour exiger un nouveau modèle de société respectueux du vivant. Il est urgent de réagir face à l’inaction de nos politiques en matière climatique. Aujourd’hui les mesures prises par nos dirigeants en France mènent à une augmentation de 2,6°C de la température de la Terre, loin des 1,5°C préconisés par le GIEC. Nous continuerons à affirmer la protection des droits de toutes les générations et de la nature. Ce n’était que le début d’un printemps climatique et social, nous sommes déterminé-es à faire grandir toujours plus la mobilisation ! Nous sommes prêt-es à agir, en solidarité et complicité.

    Marche du siècle à Bordeaux – vidéo de Julien Seignol
  • CP/ Un Manifeste pour une justice climatique et une soirée exceptionnelle

    Nous sommes la dernière génération à pouvoir sauver le monde, et nous n’avons pas le droit d’échouer.

    Les mobilisations citoyennes se multiplient à travers le monde, les organisations traditionnelles sont prises de vitesse par une génération qui n’en peut plus d’attendre, qui voit ses chances de vie s’amoindrir devant l’urgence environnementale et climatique. Ce cri du cœur est aussi celui d’une planète qui étouffe, qui crie sa détresse.

    Nous avons agi en justice, face à l’Union européenne, à Total ou face à la France avec l’Affaire du siècle. Nous avons plaidé pour l’adaptation du droit à l’urgence environnementale, en portant notamment l’Appel pour une Constitution écologique. Nous nous sommes mobilisé.e.s dans la rue, lors des marches pour le climat et avec les jeunes et les lycéen.ne.s. Et nous sommes déterminé.e.s à agir pour un monde de justice climatique.

    Notre souhait ?

    Créer un « nous » de résistance et de vigilance.

    Poursuivre les pollueurs et ceux qui les autorisent, les forcer à agir, être prêt-es à leur désobéir.

    Lutter contre l’asservissement de la Terre, et lutter contre ceux qui la dominent. Nous dominent.

    Nous publions ce jeudi 14 mars au matin notre Manifeste collectif pour une justice climatique, “Comment nous allons sauver le monde”, aux éditions Massot, avec le concours de Léna Mauger et Judith Perrignon. Ce Manifeste est édité en 120 000 exemplaires et sera disponible en kiosque et en librairie. Ce manifeste pour la justice climatique raconte les combats de la jeunesse du monde entier pour son avenir et appelle à une insurrection des consciences. UN PETIT LIVRE POUR D’IMMENSES COMBATS.


    Nous vous invitons d’ores et déjà nombreux.ses à notre soirée de lancement, ce mercredi 13 mars, à partir de 18h30 pour un point presse et dès 19h pour dévoiler le contenu et les soutiens déjà nombreux.ses à cette démarche que nous souhaitons collective. Claude Henry, Audrey Pulvar, Claire Hédon, Charlotte Roudaut, Claire Nouvian, Kaddour Haddadi – HK, des étudiant.e.s et lycéen.ne.s mobilisé.e.s, Pauline Boyer, Clémence Dubois… seront à nos côtés, pour une soirée festive et qui se finira dans la danse, car comme le dit Emma Goldman, “Si je ne peux pas danser, je ne veux pas faire partie de votre révolution”.

    Pour vous inscrire, merci de remplir ce formulaire : https://www.helloasso.com/associations/notre-affaire-a-tous/evenements/vers-la-justice-climatique-avec-la-generation-climat.


    Contacts presse :  Marie Pochon, Coordinatrice générale de Notre affaire à tous, marie@notreaffaireatous.org ; 0652261941

  • Interview de Marie Toussaint dans Témoignages Chrétiens

    Retrouvez l’interview de Marie Toussaint, présidente de Notre Affaire à Tous, dans Témoignage Chrétien. Elle y raconte son combat pour la justice climatique et environnementale, la protection des communs, et l’écologie comme nouvelle conquête sociale.

    Lire la suite de l’entretien dans le numéro Hiver 2019 de Témoignage Chrétien (p.48-50).

  • CP/ Marche climat : une marche réussie pour dire que la justice climatique est sociale !

    CP/ Marche climat : une marche réussie pour dire que la justice climatique est sociale !

    Communiqué de presse, 8 décembre 2018

    En ce samedi 8 septembre, des milliers de citoyennes et citoyens manifesté pacifiquement pour la justice climatique et sociale à travers le pays. Alors que la COP24 devrait entériner l’immobilisme, et que les mobilisations sociales se poursuivent en France, des lycéens aux syndicats en passant par les gilets jaunes, ces mobilisations représentent un appel à l’action de l’Etat pour réduire les inégalités et protéger l’ensemble des citoyen.ne.s des pollutions et dégradations environnementales, dont les moins riches sont les premiers à pâtir.

    Notre affaire à tous a participé, dans de nombreuses villes de France, aux manifestations du jour qui ont réuni jusqu’à 25 000 personnes à Paris, et plusieurs dizaines de milliers partout en France. Une fois de plus, les manifestant.e.s ont démontré leur volonté et leur capacité à marcher dans la paix et la non-violence, dans une ambiance festive et un appel à la solidarité.

    Pour Marie Toussaint, Présidente de Notre affaire à tous : “Les marches du jour sont un signal : l’Etat doit agir plus et plus rapidement pour protéger le climat. Il ne s’agit que d’une question de solidarité : entre les plus riches et les plus pauvres, entre les territoires métropolitains et les autres, entre les générations.”

    C’est l’appel que passent les mouvements lycéens qui se mobilisent à travers le monde : des Etats-Unis avec Jamie Margolin, à la Suède avec Greta Thunberg, à l’Australie face aux gazoducs pétroliers, et aujourd’hui en France dans un contexte de mobilisation plus large.

    C’est aussi l’appel que passent nombre d’associations et de gilets jaunes aujourd’hui : la justice climatique est indispensable. Mais les pollueurs doivent être les premiers à être mis à contribution, ainsi qu’y invite le droit international et l’OCDE. La firme Total ne paie que très peu d’impôt en France alors qu’elle est la 19e pollueuse mondiale, et les subventions aux énergies fossiles continuent. Le kérosène n’est pas taxé, les banques dépensent toujours dans les activités polluantes, alors les Etats sont supposés agir au maximum de leur capacité pour protéger les citoyen.ne.s et leur environnement.

    Partout dans le monde, des collectivités, des associations, des citoyens, demandent aux juges de garantir l’action des pouvoirs publics pour le climat ; aux firmes les plus pollueuses de payer pour les dommages dont elles sont responsables et d’agir à leur tour et elles aussi pour le climat.

    Pour Marie Toussaint : “Cette demande exprimée par le mouvement mondial pour la justice climatique converge avec celle des gilets jaunes et des mobilisations sociales actuelles : une demande de justice, sociale et climatique.

    Contacts presse :

    Marie Toussaint, Présidente de Notre affaire à tous

    0642008868, marie@notreaffaireatous.org

    Pour rappel, Notre affaire à tous :

    • Accompagne les 10 familles victimes du réchauffement climatique dans leur action en justice face à l’Union européenne pour inaction et violation de leurs droits élémentaires et fondamentaux (People’s Climate Case) ;
    • A mobilisé 13 collectivités et 3 associations afin d’interpeller la pétrolière Total pour manquement à son devoir de vigilance (Les territoires qui se défendent) ;
    • A collaboré avec un groupe de journalistes afin d’illustrer les inégalités et injustices climatiques et environnementales ;
    • A lancé un appel à marcher ensemble pour changer de modèle, avec le réalisateur Cyril Dion et le Secrétaire générale du syndicat lycéen UNL-SD ce samedi 8 décembre ;
    • Et travaille activement, depuis sa création, à l’adaptation de notre pacte social : du droit, afin qu’il fasse vivre la justice environnementale et sociale.