Catégorie : Communiqué de presse

  • Initiative citoyenne européenne sur les droits de la Nature : la collecte d’un million de signatures débute partout en Europe

    Initiative citoyenne européenne sur les droits de la Nature : la collecte d’un million de signatures débute partout en Europe

    Communiqué de presse, 13 octobre 2026 – Ce 13 octobre marque le lancement officiel de la collecte de signatures de l’Initiative citoyenne européenne (ICE) « Rights for Nature: Empower Citizens to Represent and Protect Ecosystems ». Pendant un an, les citoyen·es européens sont appelés à se mobiliser pour réunir un million de signatures. L’objectif : demander à l’Union européenne de reconnaître des droits propres aux écosystèmes et permettre aux citoyen·nes de les représenter en justice. En France, Notre Affaire à Tous coordonne la campagne.

    Un million de signatures pour porter les Droits de la Nature à l’échelle européenne

    Et si une rivière, une forêt ou une zone humide pouvait avoir des droits propres ? Et si les citoyen·nes pouvaient agir pour les défendre ?

    C’est l’ambition de l’Initiative citoyenne européenne « Rights for Nature ». Portée par une coalition répartie dans une quinzaine d’ États membres, elle demande l’adoption d’une directive européenne reconnaissant les écosystèmes comme des entités juridiques dotées de droits propres. Parmi eux, le droit d’exister, de se régénérer et d’être restaurés, ainsi que de se défendre en justice.  Elle prévoit également la possibilité pour toute personne ayant un intérêt légitime ou un engagement déclaré en faveur de la mise en œuvre des droits de la nature de se voir reconnaître la qualité pour agir au nom des écosystèmes.

    Déposée le 27 mars 2026, l’initiative a été officiellement enregistrée par la Commission européenne le 19 mai. La Commission a ainsi reconnu qu’une action européenne visant à renforcer  la protection juridique des écosystèmes pouvait entrer dans le champ de ses compétences.

    Après une première mobilisation européenne le 2 juillet au Parlement européen à Bruxelles, une nouvelle étape s’ouvre aujourd’hui : réunir un million de signatures à travers l’Union européenne.

    La coalition dispose de douze mois, jusqu’au 12 octobre 2027. Elle devra pour cela atteindre les seuils nationaux requis dans au moins sept États membres, près de 60 000 pour la France. Si ces conditions sont remplies, la Commission européenne devra examiner l’initiative, rencontrer ses organisateurs et apporter une réponse officielle.

    « À un million de voix à travers l’Europe, nous pouvons mettre les Droits de la Nature à l’agenda européen. Chaque signature compte pour appeler l’Union européenne à renforcer la protection juridique des écosystèmes et donner aux citoyen·nes de nouveaux moyens de les défendre. », déclare Marine Yzquierdo, avocate et membre de Notre Affaire à Tous.

    Notre Affaire à Tous coordonne la campagne française

    Membre du comité de pilotage européen de l’initiative, Notre Affaire à Tous coordonne la campagne de mobilisation en France.

    Notre Affaire à Tous a activement participé à la rédaction de l’ICE avec Marine Yzquierdo (avocate, membre du CA), Emmanuel Schlichter (juriste, Rechte der Natur e.V), Eduardo Salazar Ortuno (professeur de droit, ILP Mar Menor) et Thomas Wallentin (avocat, Autriche).

    Pendant un an, l’association mobilisera citoyen·nes, associations, collectifs, juristes, scientifiques autour de l’initiative. Elle portera également cette campagne aux côtés des nombreuses mobilisations locales qui font déjà vivre les Droits de la Nature en France.

    Des déclarations de droits ont notamment été portées pour le Tavignanu, la Seine ou encore la Durance. Près d’une trentaine d’initiatives émergent autour de nombreux écosystèmes en France. Elles participent toutes à un même mouvement : faire évoluer la place accordée au vivant dans notre droit et donner de nouveaux moyens aux citoyen·nes pour le protéger.

    Ce mouvement dépasse largement la France. Une vingtaine de pays ont déjà reconnu des droits à des écosystèmes par leur Constitution, leur législation ou des décisions de justice. En Europe, la Mar Menor, en Espagne, est devenu en 2022 le premier écosystème européen doté d’une personnalité juridique, à la suite d’une mobilisation ayant recueilli plus de 600 000 signatures.

    À partir d’aujourd’hui, un nouveau cap est donc fixé : réunir un million de signatures pour porter les Droits de la Nature jusqu’aux institutions européennes.

    La collecte est ouverte du 13 octobre 2026 au 12 octobre 2027. Site internet de la campagne : https://rightsfornature.eu/about/

    NOTE AUX RÉDACTIONS

    Qu’est-ce qu’une Initiative citoyenne européenne (ICE) ?

    Une Initiative citoyenne européenne est un outil de démocratie participative mis en place par le traité de Lisbonne en 2009. Il constitue une forme de participation politique plus directe en permettant aux citoyen·nes de l’Union européenne de demander à la Commission européenne de proposer de nouvelles législations. Si une telle initiative atteint la barre du million de signatures valides, la Commission doit décider de l’action à entreprendre Le délai pour recueillir au moins un million de signatures est de douze mois, avec les seuils requis dans au moins sept États membres. En France, ce seuil est fixé à 58 320 signatures. Si ces conditions sont remplies, la Commission doit examiner l’initiative, rencontrer ses organisateurs et apporter une réponse officielle. Elle n’est toutefois pas obligée de proposer une nouvelle législation.

    Qu’est-ce que l’initiative « Rights for Nature » ?

    « Rights for Nature: Empower Citizens to Represent and Protect Ecosystems » est une Initiative citoyenne européenne portée par une coalition issue d’une quizaine d’États membres. Elle est coordonnée au niveau européen par Rechte der Natur e.V. et, en France, par Notre Affaire à Tous.

    Elle demande à l’Union européenne de reconnaître des droits propres aux écosystèmes et de permettre aux citoyen·nes de les représenter et de défendre leurs droits.

    Que sont les Droits de la Nature ?

    Les Droits de la Nature proposent de reconnaître les écosystèmes comme des sujets de droit, et non uniquement comme des biens ou des ressources. Ils peuvent notamment inclure le droit d’exister, de se régénérer et d’être restaurés.

    Des citoyen·nes ou des représentant·es désigné·es peuvent alors agir au nom d’un écosystème et défendre ses droits, notamment devant la justice.

    Un mouvement mondial

    Une vingtaine de pays ont déjà reconnu des droits à des écosystèmes par leur Constitution, la loi ou des décisions de justice. L’Équateur a inscrit les Droits de la Nature dans sa Constitution en 2008. En Nouvelle-Zélande, le fleuve Whanganui bénéficie d’une personnalité juridique depuis 2017.

    La Mar Menor, un précédent majeur en Europe

    La Mar Menor est une lagune située dans le sud-est de l’Espagne, fortement dégradée par plusieurs décennies de pollution et d’urbanisation.

    Face à cette situation, une initiative législative populaire, portée par une mobilisation citoyenne sans précédent, a recueilli plus de 600 000 signatures. En 2022, une loi a reconnu la personnalité juridique de la Mar Menor et de son bassin versant. C’est une première pour un écosystème en Europe. La Cour constitutionnelle espagnole a confirmé cette loi en novembre 2024.

    La Mar Menor constitue aujourd’hui un exemple concret de mise en œuvre des Droits de la Nature en Europe.

    Et en France et en Europe ?

    En France, des déclarations de droits ont notamment été portées pour le Tavignanu, la Seine et la Durance. D’autres initiatives explorent de nouvelles formes de représentation des fleuves et des écosystèmes.

    Des mobilisations similaires existent ailleurs en Europe. En Pologne, près de 100 000 personnes ont soutenu une initiative concernant les droits de l’Odra. Des campagnes existent également autour de la Spree en Allemagne et de la Sambre en Belgique.

    L’ICE « Rights for Nature » vise désormais à porter cette dynamique à l’échelle de l’Union européenne.

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  • Trois associations mettent en demeure le Groupe SEB de modifier son plan de vigilance et de planifier l’arrêt de l’utilisation des PFAS dans ses activités, dernière étape avant de saisir le tribunal 

    Trois associations mettent en demeure le Groupe SEB de modifier son plan de vigilance et de planifier l’arrêt de l’utilisation des PFAS dans ses activités, dernière étape avant de saisir le tribunal 

    Communiqué de presse, Générations Futures, Notre Affaire à Tous et ClientEarth, le 09 octobre 2026 – ​Ce jeudi 08 octobre, les associations Générations Futures, Notre Affaire à Tous et ClientEarth ont envoyé un courrier au Groupe français SEB, le mettant en demeure d’identifier les risques liés à l’utilisation de substances PFAS dans ses productions et de planifier un arrêt de ces utilisations ainsi que la reconversion des emplois qui seraient impactés. 

    Ces demandes correspondent au respect des cadres légaux français (1), européen et international sur la vigilance des entreprises, selon lesquels les entreprises doivent identifier les risques pour l’environnement, les droits humains et la santé liés à leurs activités, sur l’ensemble de leur chaîne de valeur, et mettre en œuvre des mesures à même de prévenir et d’atténuer ces risques.

    En l’occurrence, le Groupe SEB regroupe différentes activités – notamment de fabrication d’ustensiles de cuisine de la marque Tefal, de fers à repasser de la marque Calor, d’appareils domestiques de la marque Rowenta, ou encore de petit électroménager de la marque Moulinex. Certaines d’entre elles, en particulier la fabrication d’ustensiles de cuisine, reposent encore sur l’incorporation de substances PFAS aux produits commercialisés ensuite par le groupe, quand bien même des alternatives existent, commercialisées d’ailleurs par le groupe lui-même. SEB utilise en particulier un PFAS appelé le “PTFE” : bien que présenté comme sans risque par l’industrie, ce fluoropolymère (c’est-à-dire, une grosse molécule constituée par l’assemblage de petites molécules identiques, appelées monomères, reliées les unes aux autres), a pu générer l’émission d’autres substances PFAS et non PFAS problématiques lors des différentes phases de son cycle de vie, notamment sur les territoires riverains des usines de production et d’utilisation.

    Or, dans son plan de vigilance – devant regrouper la cartographie complète des risques pour l’environnement, la santé et les droits humains liés aux activités du Groupe -, SEB n’identifie les PFAS que comme des « polluants émergents » en 2025 et 2026, après avoir été classées comme « substances impopulaires » dans les plans précédents de 2023 et 2024. Ces mentions, ainsi que les mesures censées prévenir ou atténuer les risques liés aux PFAS, restent donc bien en deçà de ce qu’exige le niveau de risque réel.

    En effet, une exposition chronique à certains PFAS est associée à un spectre croissant d’impacts sanitaires graves, notamment liés à des risques cardiovasculaires, des perturbations endocriniennes et à des cancers, dont elle peut participer au déclenchement ou à l’aggravation. Le gouvernement français résumait lui-même en avril 2026 les effets sanitaires suivants : 

    > Effets avec un niveau de preuve jugé suffisant pour certains PFAS : diminution de la réponse biologique immunitaire à certains vaccins, dyslipidémie (c’est-à-dire augmentation du taux de cholestérol), diminution du poids de naissance, certains cancers (dont carcinome cellulaire rénal, cancer du testicule).

    > Effets suspectés (preuves limitées à ce stade) : cancer du sein, atteintes hépatiques, hypertension gravidique / prééclampsie, pathologies thyroïdiennes, rectocolite hémorragique, troubles neurodéveloppementaux (troubles cognitifs, troubles du spectre autistiques, trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) ou hormonaux (en particulier dysthyroïdie, puberté précoce, infertilité…), atteinte de la fonction rénale, troubles du développement neurologique, d’autres cancers…

    Ainsi, les associations Générations Futures, Notre Affaire à Tous et ClientEarth donnent trois mois au Groupe SEB pour publier une stratégie planifiant une identification exhaustive des risques liés à l’utilisation de PTFE et de tout autre PFAS dans ses activités, et celles de l’ensemble de sa chaîne de valeur, et dans celles de ses fournisseurs, mais aussi planifiant l’arrêt de l’utilisation de ces substances et la reconversion des emplois qui seraient impactés. Les réglementations de cette famille de polluants entrent en vigueur et vont se renforcer dans les années à venir. 

    L’association Notre Affaire à Tous précise : “Nous demandons une transition juste pour l’industrie PFAS. Refuser de planifier et d’anticiper la sortie industrielle des PFAS, c’est accepter de mettre en danger les emplois qui seront impactés par une entrée en vigueur des réglementations protectrices à venir”.

    “Nous souhaitons aujourd’hui que les industriels via le cas de SEB prennent toute leur part dans l’anticipation des risques chimiques et de l’évolution des réglementations. Cette anticipation est cruciale pour protéger la santé des personnes mais aussi pour maintenir à long terme les emplois sur nos territoires.“ déclare Générations Futures. 

    À défaut de cette mise à jour du plan de vigilance de SEB, les associations se réservent la possibilité d’assigner le Groupe devant le Tribunal judiciaire de Paris.

    Autour de sites du Groupe, des demandes locales similaires sont également portées. À Rumilly autour du site Tefal, un collectif associatif composé de AERA, Cyclamen et FNE Haute-Savoie cible ainsi la Préfecture pour qu’elle enjoigne notamment à Tefal de faire cesser ses rejets atmosphériques et la réalisation d’une étude technico-économique visant à la substitution de tout PFAS dans le procédé industriel de l’usine locale.

    Sources potentielles d’émissions liées à une utilisation de PFAS polymères tout au long de leur cycle de vie : 

    – Les entreprises utilisatrices de PFAS se fournissent auprès d’entreprises de l’industrie chimique pour obtenir les composés PFAS qui seront ensuite incorporés dans les produits de consommation commercialisés. Ces fournisseurs ont pu être à l’origine de rejets massifs de PFAS et d’autres substances problématiques dans l’environnement autour de leurs sites de production (2).

    – Au moment de la fabrication des produits, en particulier lors de la réalisation du revêtement de PFAS polymériques par l’entreprise utilisatrice, les dispersions de fluoropolymères peuvent conduire à des émissions de PFAS non polymériques, plus petits et plus toxiques, et d’autres substances pouvant engendrer une exposition des travailleur·ses, de l’environnement et des riverain·es. 

    – Lors de l’utilisation des ustensiles ayant un revêtement antiadhésif à base de PFAS (même si ces émissions sont moins importantes par rapport aux autres), les PFAS polymériques, tout comme les additifs PFAS non polymériques, peuvent être libérés sous différentes formes (microparticules, migration dans l’alimentation…). 

    – Au moment de la fin de vie de ces produits commercialisés par l’entreprise utilisatrice, ces produits contenant des PFAS peuvent être incinérés – le plus souvent à une température qui ne permet pas l’élimination des molécules PFAS -, engendrant ici encore une potentielle pollution aux PFAS.

    Notes

    (1) En particulier, la loi n° 2017-399 du 27 mars 2017 relative au devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d’ordre.

    (2) Lohmann and al., 2020https://doi.org/10.1021/acs.est.0c03244
    Gebbink et al., 2020 http://doi.org/10.1016/j.envint.2020.105583 
    Brandsma et al., 2019 https://doi.org/10.1016/j.chemosphere.2018.12.135 

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  • Eau potable en Guadeloupe : une instruction enfin ouverte à Paris

    Eau potable en Guadeloupe : une instruction enfin ouverte à Paris

    Communiqué de presse de Kimbé Rèd F.W.I., Notre Affaire à Tous et la Ligue des droits de l’Homme, Pointe-à-Pitre et Paris, le 24 septembre 2026 – Le recours citoyen dit de la Goutte d’eau franchit un cap : la justice confie le dossier à une juridiction spécialisée dans les affaires de santé et d’environnement pour mener une véritable instruction.

    Cette décision marque une avancée majeure pour les habitantes et habitants de Guadeloupe mobilisés depuis plus de trois ans pour obtenir la vérité sur l’accès à l’eau potable et sur sa qualité.

    Cette démarche vise à faire la lumière tant sur les coupures d’eau que sur les pollutions persistantes, notamment au chlordécone, qui affectent l’ensemble du territoire. Aujourd’hui, plus de 230 plaignant·es ont rejoint cette action, aux côtés de Kimbé Rèd FWI (French West Indies), la LDH (Ligue des droits de l’Homme/droits humains) et Notre Affaire à Tous (NAAT). Toute personne concernée par la crise de l’eau en Guadeloupe peut désormais se constituer partie civile pour faire reconnaître sa qualité de victime, demander réparation et indemnisation de ses préjudices et participer à la recherche de la vérité et des responsabilités.

    « Alors que des plaintes similaires se multiplient en Guadeloupe, nous appelons chaque habitant et chaque habitante à nous rejoindre pour renforcer cette action commune : ansanm nou pli fò, ensemble nous sommes plus fort·es. », Mme Sabrina Cajoly, Fondatrice de Kimbé Rèd FWI et plaignante.

    « Le transfert du dossier au pôle de santé publique près du tribunal judiciaire de Paris va permettre de mobiliser les moyens d’investigation nécessaires et à la hauteur des enjeux de ce dossier pénal. Ce sont des dizaines de milliers de Guadeloupéen·nes qui sont victimes au quotidien des faits dénoncés et qui doivent faire face à des risques de santé publique d’une gravité extrême. Les plaignant.es ont une confiance totale dans les magistrats instructeurs et les services d’enquête saisis et espèrent que des investigations d’ampleur démarreront aussitôt. Au vu de l’ancienneté des faits et de leur gravité, il est incontestable que l’État et les collectivités n’ont pas pris la mesure de la situation sanitaire catastrophique et de son impact au quotidien sur l’ensemble des habitants du territoire guadeloupéen », déclare Me Emmanuel Daoud, Avocat du collectif.

    « Ces défaillances structurelles – qui affectent les foyers, les écoles et les hôpitaux – s’inscrivent dans la continuité d’une crise environnementale plus large relative au chlordécone. Cette situation alarmante a d’ailleurs été dénoncée à plusieurs reprises par les rapporteurs spéciaux des Nations unies, qui ont interpellé la France en 2021 puis en mars 2024 sur les atteintes graves au droit à l’eau potable et à la santé », déclare Me Nathalie Tehio, Présidente de la LDH.

    « Il est plus que temps que la justice entende les plaintes des Guadeloupéen·nes, dont les droits fondamentaux sont bafoués depuis plus de trente ans. Nous nous tenons à côté des victimes pour que les responsabilités soient établies, les préjudices réparés, et que ces violations cessent définitivement. », M. Jérémie Suissa, Délégué Général de NAAT.

    Depuis 2021, plus de 70 experts des Nations Unies ont alerté une dizaine de fois la France sur les atteintes graves au droit à l’eau potable en Guadeloupe, appelant à des mesures d’urgence, à la justice et à des réparations pour les victimes. En novembre 2023, l’expert de l’ONU sur le droit humain à l’eau potable, M. Pedro Arrojo Agudo, s’est même rendu sur place — une visite inédite qui a souligné la gravité de la situation reflétée dans une nouvelle interpellation onusienne en 2024.

    Depuis ces interventions et l’introduction du recours citoyen, les autorités ont reconnu en 2023, 2024 2025 et 2026 de nombreuses instances de non potabilité de l’eau ainsi que des dépassements de chlordécone dans plusieurs communes de Guadeloupe, entraînant des interdictions de consommation et des coupures d’eau prolongées, pouvant durer jusqu’à neuf mois consécutifs.

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  • Loi EGalim : une coalition d’associations demande à l’Etat de respecter ses propres objectifs

    Loi EGalim : une coalition d’associations demande à l’Etat de respecter ses propres objectifs

    Communiqué de presse, Paris, 17 septembre 2026 – À chaque repas, nous choisissons notre agriculture. Chaque repas est un choix politique pour soutenir une agriculture plus durable et rémunérer correctement nos paysan·nes, protéger notre santé et préserver les écosystèmes. Pourtant, l’État ne respecte pas les objectifs qu’il s’est lui-même fixés à savoir l’augmentation de la part de produits bio et locaux dans les cantines. Notre Affaire à Tous, Générations Futures, Bio Consom’acteurs, Agir pour l’environnement et le Collectif Les Pieds dans le Plat demandent au Gouvernement d’appliquer la loi EGAlim dans les restaurants collectifs dont il a la responsabilité. À défaut, notre coalition saisira la justice.

    Une loi sans contrôle ni sanction au plan national

    Avec près de 4 milliards de repas servis chaque année, la restauration collective est un levier majeur de politique alimentaire. Pourtant, l’atteinte des objectifs de la loi EGalim ne fait l’objet d’aucun contrôle et, donc, d’aucune sanction.

    Toutes restaurations collectives confondues, 60 % des cantines ne respectent pas les obligations de déclaration de leurs achats sur la plateforme « Ma Cantine ». Parmi les « bons élèves » qui ont télédéclaré, seuls 44 % atteignent les 20 % de produits bio, 34 % les 50 % de produits EGalim (dont bio) et 30 % les deux objectifs. (1)

    Un constat cohérent avec les données de l’Agence Bio, qui constate que le bio représente moins de 7 % des achats en valeur de la restauration collective. (2)

    Pire : dans ses propres cantines, l’État ne respecte pas les objectifs qu’il impose aux autres.

    Des objectifs qui s’appliquent dans :

    • Les restaurants administratifs (RA) et restaurants inter-administratifs (RIA) des ministères 
    • Les cantines des établissements publics nationaux de l’État (comme les CROUS, les grandes écoles publique, les organismes de recherche nationaux, les grands établissements culturels nationaux, etc.) 
    • Les restaurants collectifs des établissements pénitentiaires 
    • Les restaurants des entreprises publiques nationales (comme la SNCF, La Poste ou EDF)

    Si 83 % de ces restaurants collectifs ont réalisé leur déclaration d’approvisionnements sur la plateforme MaCantine, seuls 35,4 % des produits sont considérés durables et de qualité, dont 12,8 % sont bio. (3)

    L’État le reconnaît lui-même : « Le retard de l’État et de ses établissements publics est incompréhensible et heurte le monde agricole, qui dispose des capacités d’approvisionner les restaurants collectifs en produits durables et de qualité. » (4)

    Autrement dit : la commande publique passe à côté de son rôle stratégique.

    La restauration collective devrait pourtant être un outil majeur pour soutenir les filières locales et biologiques, garantir des débouchés rémunérateurs aux agriculteurs et agricultrices et améliorer la qualité de l’alimentation servie à toutes et tous, à commencer par les enfants.

    Faire appliquer EGalim, c’est déjà faire évoluer notre agriculture

    L’application de la loi EGalim est d’abord un enjeu de santé publique : le bio réduit l’exposition aux pesticides, tandis que l’interdiction du plastique en restauration collective limite l’exposition aux PFAS et autres polluants chimiques. Deux leviers complémentaires pour améliorer la qualité de l’alimentation servie chaque jour à des millions d’enfants et d’usagers.

    C’est aussi un enjeu agricole majeur. L’État demande aux agriculteurs et agricultrices de faire évoluer leurs pratiques, sans leur garantir les débouchés nécessaires à cette transition. Or sans marchés rémunérateurs, pas de transformation durable du modèle agricole.

    La restauration collective est précisément l’un de ces leviers : elle peut sécuriser des volumes, offrir de la visibilité aux exploitations, stabiliser les revenus et structurer durablement les filières biologiques et locales.

    C’est enfin un enjeu politique. Chaque marché public façonne notre modèle agricole. Chaque appel d’offres doit incarner un choix : reconduire un modèle qui épuise les sols et expose les producteurs aux marchés mondiaux, ou construire les débouchés d’une agriculture biologique et locale, qui est la seule soutenable dans le contexte du dérèglement climatique et de l’effondrement des écosystèmes.

    Ce n’est pas un simple choix administratif : c’est un choix agricole et politique.

    Une demande préalable avant un recours en justice

    Notre Affaire à Tous, Générations Futures, Bio Consom’acteurs, Agir pour l’environnement et le Collectif Les Pieds dans le Plat demandent au Gouvernement de faire respecter les objectifs de la loi EGalim dans les restaurants collectifs dont il a la responsabilité.

    Nous demandons :

    • l’exemplarité des restaurants collectifs gérés par l’État ;
    • un contrôle effectif de l’application des objectifs EGalim dans ces restaurants ;
    • une commande publique au service des filières agricoles locales et biologiques.

    Si l’État refuse d’adopter les mesures de mise en conformité nécessaires dans un délai de deux mois, notre coalition saisira la justice afin d’obtenir l’application effective de la loi.

    « L’État affirme vouloir répondre à l’urgence agricole, mais il ne peut pas demander aux agriculteurs et agricultrices de relever les défis de demain sans leur garantir les conditions économiques pour y parvenir. La commande publique est un levier majeur : elle peut créer des débouchés, sécuriser les revenus, soutenir l’ensemble des filières agricoles et accompagner l’évolution de notre modèle alimentaire. En refusant d’appliquer EGalim, l’État renonce à un outil essentiel au service de l’agriculture française. Nous ne demandons pas une nouvelle loi, bien qu’elle pourrait malgré tout faire l’objet d’améliorations et montrer de réelles ambitions. Nous demandons simplement que l’État respecte celle qu’il a adoptée. »

    Respecter EGalim n’est pas une simple obligation administrative : c’est un choix de société. Chaque repas servi dans une cantine contribue à façonner notre modèle agricole.

    Sources

    (1) https://ma-cantine.agriculture.gouv.fr/blog/59/

    (2) https://www.agencebio.org/wp-content/uploads/2025/11/CARNET-RHD-France-LAGENCE-BIO_Nov.25.pdf

    (3) https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/Bilan_interministeriel_SPE_2025.pdf – page 14

    (4) https://www.legifrance.gouv.fr/circulaire/id/45655

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  • Loi d’urgence agricole : plusieurs organisations appellent à la censure du texte

    Communiqué de presse, Paris, le 03 août 2026

    Présentée comme une réponse à la crise agricole, la loi d’urgence agricole multiplie les reculs environnementaux et sanitaires et n’apporte aucune solution durable aux besoins des agriculteurs. 

    Plusieurs dispositions de ce texte sont susceptibles d’être contraires à la Constitution, puisqu’elles tendent à la réintroduction de pesticides dangereux, à l’aggravation des pressions exercées sur les ressources naturelles et notamment sur la ressource en eau, à l’affaiblissement des normes environnementales qui encadrent et protègent leur gestion, ainsi qu’à la facilitation de l’élevage intensif, dont les conditions d’exploitation génèrent des pollutions et des atteintes importantes à l’environnement.

    De nombreuses associations et organisations ont donc décidé de soutenir les saisines parlementaires, en déposant une contribution extérieure commune (Générations Futures, LPO, WELFARM, POLLINIS, Biodiversité sous nos pieds, Notre Affaire à Tous), des contributions autonomes (France Nature Environnement, WWF France) ou en soutenant activement ces initiatives, pour assurer la défense de leurs intérêts et de ceux de leurs membres.

    Parmi les articles de la loi d’urgence agricole contestés, le présent communiqué se concentre sur trois mesures particulièrement problématiques : les pesticides, l’eau et la réglementation environnementale des élevages.

    Les associations demandent d’abord la censure des dispositions relatives aux modalités d’évaluation des risques des pesticides par l’Anses, ainsi que des articles réautorisant l’utilisation de pesticides tueurs d’abeilles : l’acétamipride et le flupyradifurone. Ces substances présentent des risques documentés pour la biodiversité, les ressources en eau, et peuvent avoir des effets neurotoxiques sur les pollinisateurs et la santé humaine. Leur réintroduction, malgré la connaissance de ces risques, méconnaît les principes consacrés par la Charte de l’environnement : principes de prévention (article 3) et de précaution (article 5) ainsi que le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé (article 1er). 

    Nous sollicitons également la censure des dispositions relatives à l’eau, qui fixent un objectif de doublement des volumes de stockage d’eau destinés aux usages agricoles d’ici 2035. En imposant une trajectoire nationale d’augmentation des retenues sans fondement scientifique ni garanties suffisantes pour préserver les milieux aquatiques, ainsi qu’en facilitant les projets de stockage (c’est-à-dire de bassines), cette disposition méconnaît les exigences constitutionnelles issues de la Charte de l’environnement : protection du droit à un environnement équilibré (article 1er), devoir de préserver l’environnement (article 2) et principe de prévention (article 3). Elle conduit également à privilégier une logique d’augmentation de l’offre en eau et à ainsi augmenter la dépendance des agriculteurs à l’irrigation, à rebours d’une logique d’adaptation durable des pratiques face au changement climatique, caractérisant un manquement du législateur à l’obligation d’adaptation face au changement climatique, corollaire du droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé.

    Enfin, nous attirons l’attention du Conseil constitutionnel sur les dispositions du texte relatives aux élevages. En effet, en autorisant le Gouvernement à créer un régime de police environnementale spécifique aux élevages, dont les mesures ne pourront pas être plus “contraignantes” que celles prévues par les directives européennes, cette loi est susceptible de déréguler la création et l’agrandissement de ces exploitations. Pourtant, leur impact sur la pollution de l’eau, de l’air et des sols est largement reconnu par la communauté scientifique, et les juridictions nationales ont, à plusieurs reprises, retenu l’existence d’un préjudice écologique du fait de la pollution des eaux d’origine agricole. Ce texte risque ainsi, notamment, de contrevenir aux articles 1er et 3 de la Charte de l’environnement (droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé, et principe de prévention). Par ailleurs, en limitant les modalités d’information et de participation du public aux seuls individus directement affectés par les projets de création ou d’agrandissement de ces projets, ce texte est susceptible de porter atteinte à l’article 7 de la Charte de l’environnement qui dispose que “toute personne” a le droit d’accéder “aux informations relatives à l’environnement détenues par les autorités publiques et de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement.” 

    Ces régressions interviennent alors qu’une mobilisation citoyenne importante s’exprime depuis plusieurs mois. La pétition demandant l’abrogation de la loi Duplomb de juillet 2025 avait notamment recueilli plus de 2 millions de signatures. Cette nouvelle loi tourne le dos aux alertes scientifiques et aux attentes citoyennes, dans un contexte où la France subit de plein fouet les conséquences dévastatrices du dérèglement climatique, où la sécheresse, la raréfaction ainsi que la dégradation de la ressource en eau deviennent des sujets majeurs et où l’érosion de la biodiversité s’intensifie.

    La réponse à l’urgence agricole doit se traduire par un accompagnement des agriculteurs vers des modèles agricoles plus résilients, capables de protéger leurs revenus, leur santé et les écosystèmes dont dépendent leurs activités.

    Nous faisons partie du vivant, son sacrifice ne peut raisonnablement pas nous conduire vers un avenir pérenne. C’est la raison pour laquelle plusieurs dispositions à valeur constitutionnelle garantissent sa protection.

    Pour toutes ces raisons, nos associations appellent le Conseil  constitutionnel à censurer la loi d’urgence agricole.

    Retrouvez notre contribution extérieure commune (Notre Affaire à Tous, Générations Futures, LPO, WELFARM, POLLINIS, Biodiversité sous nos pieds) :

    Signataires

    Notre Affaire à Tous , Générations Futures, POLLINIS, Biodiversité sous nos pieds, WWF France, WELFARM, LPO, Confédération paysanne, France Nature Environnement

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  • TotalEnergies fait appel : derrière la satisfaction affichée, le refus persistant de toute obligation climatique effective

    Réactive presse, 27 juillet 2026, Paris – TotalEnergies déclarait accueillir « avec satisfaction » le jugement du tribunal judiciaire de Paris. La multinationale annonçait prendre acte de la décision et compléter son plan de vigilance afin d’y intégrer les émissions liées à l’utilisation de ses produits pétroliers et gaziers par ses clients – son scope 3, qui représente pourtant la grande majorité de son empreinte carbone. Un mois plus tard, le masque tombe : après délibération de son conseil d’administration, TotalEnergies décide finalement de faire appel de cette même décision..

    Cet appel révèle la véritable portée du jugement du 25 juin. Contrairement à ce qu’elle avait tenté de laisser croire, TotalEnergies n’a pas obtenu gain de cause. Le tribunal a consacré l’existence d’un devoir de vigilance climatique, reconnu que celui-ci s’étend aux émissions des produits vendus par la multinationale et constaté l’insuffisance de son plan de vigilance sur ce point. C’est précisément cette obligation que TotalEnergies cherche aujourd’hui à faire disparaître.

    La position défendue par TotalEnergies est aussi simple qu’inacceptable : le changement climatique serait un phénomène trop global pour relever de sa responsabilité et les émissions générées par la combustion du pétrole et du gaz qu’elle extrait et commercialise relèveraient exclusivement des choix de ses clients. TotalEnergies voudrait ainsi pouvoir décider de développer de nouveaux projets fossiles, organiser la mise sur le marché de ces énergies et en tirer des profits considérables (11,2 milliards de dollars de bénéfice net pour le seul premier semestre 2026), tout en soutenant qu’elle n’aurait aucune obligation de prévenir les conséquences climatiques prévisibles de leur utilisation.

    Cette argumentation apparaît particulièrement indécente au moment où la France est frappée par des incendies destructeurs d’une ampleur exceptionnelle et se prépare à subir une nouvelle canicule sévère, la quatrième de la saison. Plus de 115 000 hectares ont déjà brûlé depuis le début de l’année, un record absolu en France, tandis que les prévisions annoncent, à compter du 29 juillet, des températures pouvant dépasser 40 °C dans plusieurs régions. Les scientifiques établissent depuis longtemps que les émissions de gaz à effet de serre, principalement issues de la combustion du charbon, du pétrole et du gaz, rendent les vagues de chaleur plus fréquentes, plus intenses et plus longues et aggravent les conditions favorables aux incendies.

    Face à ces bouleversements, il n’est plus acceptable que l’un des principaux producteurs mondiaux d’énergies fossiles se retranche derrière le caractère collectif de la crise pour nier sa propre part de responsabilité. Le jugement du 25 juin n’impose pas à TotalEnergies de contrôler les choix individuels de chaque automobiliste. Il lui impose de faire sa part : identifier les risques climatiques résultant de ses activités et de ses produits et mettre en œuvre des mesures adaptées pour les prévenir et les atténuer.

    Notre Affaire à Tous, Sherpa, France Nature Environnement et la Ville de Paris se défendront devant la cour d’appel. Alors que les conséquences du dérèglement climatique frappent déjà durement la population et les territoires, nous continuerons à faire reconnaître que les multinationales fossiles ne peuvent ni organiser l’expansion des énergies responsables de la crise climatique, ni prétendre être juridiquement étrangères aux dommages qui en résultent.

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  • Canicule : des sinistré·es climatiques lancent un appel à se compter pour demander à l’État de mieux protéger la population

    Canicule : des sinistré·es climatiques lancent un appel à se compter pour demander à l’État de mieux protéger la population

    Communiqué – Alors que la France connaît une nouvelle vague de chaleur exceptionnelle et que l’impréparation de l’État face aux conséquences du changement climatique est au cœur des débats, des sinistré·es climatiques venus de toute la France lancent un appel à toutes les personnes touchées par le changement climatique : se compter pour peser. Soutenus par l’Affaire du Siècle, ils les invitent à se déclarer via un compteur citoyen afin que l’État prenne conscience de l’ampleur des impacts du changement climatique et adopte des mesures de protection à la hauteur des enjeux.

    À l’occasion du lancement de la mobilisation, plusieurs sinistré·es climatiques ont témoigné de leur quotidien : 

    “Nos récoltes ont été très affectées par la dernière vague de chaleur, ce qui a un impact significatif pour une ferme comme la nôtre. J’espère que le compteur permettra de remettre la question des sinistres climatiques au cœur de l’action des pouvoirs publics.” 

    Florent Sebban, paysan biologique dans l’Essonne 

    “Je vis un calvaire, il fait 34 degrés dès le matin dans mon logement depuis le début des vagues de chaleur. J’espère que les sinistrés climatiques qui subissent la canicule ne retomberont pas aux oubliettes dès les fortes chaleurs passées.”

    Naïma, retraitée, locataire dans un logement social à Aubervilliers

    Cette mobilisation intervient le jour de la publication du rapport annuel du Haut Conseil pour le Climat, qui appelle à un « changement d’échelle » des politiques climatiques et rappelle que la France n’est toujours pas suffisamment préparée aux conséquences du changement climatique, alors même que les impacts concernent déjà des millions de personnes, en particulier les plus vulnérables. 

    “Pour une France qui nous protège” : les sinistré·es climatiques demandent à ce que l’État reconnaisse leur réalité

    Écoles et logements qui deviennent des bouilloires, hôpitaux saturés, restrictions d’eau, maisons qui se fissurent, pertes agricoles… Partout en France, des millions de personnes vivent déjà les conséquences concrètes du changement climatique, en particulier celles qui sont les plus vulnérables (personnes précaires, âgées, malades, enfants, etc). Pourtant, ces personnes restent largement invisibles dans le débat public et peu écoutées par l’État. Pour cause : il n’y a aucun recensement global de tous les impacts du changement climatique. Les personnes qui font des malaises dans des logements bouilloires, celles qui perdent un proche lors d’une inondation ou dont la maison se fissure après une sécheresse ne sont, par exemple, jamais comptabilisées dans un décompte global des sinistré·es climatiques.

    C’est pourquoi, à quelques jours de la fête nationale, des sinistré·es climatiques de toute la France, aux côtés de l’Affaire du Siècle (Notre Affaire à Tous, Greenpeace France, Oxfam France), publient ce jour un manifeste dans Le Monde et appellent les personnes touchées par le changement climatique à faire entendre leur voix, afin que l’État regarde leurs réalités et agisse.

    Se compter pour peser : un compteur citoyen pour rendre visible un phénomène largement sous-estimé

    Ouvert à toutes les personnes s’estimant directement ou indirectement affectées par les conséquences du changement climatique, le compteur citoyen secompterpourpeser.org permet de se déclarer en quelques secondes et, si elles le souhaitent, de partager leur témoignage.

    Avec cette mobilisation, les sinistré·es climatiques et l’Affaire du Siècle souhaitent rappeler à l’État sa mission de protection de sa population, après des canicules meurtrières. Elles appellent de leurs vœux des politiques publiques protectrices, ambitieuses, financées et justes. 

    Elle a pour but de rendre visible un phénomène largement sous-estimé, faute de recensement des personnes directement ou indirectement touchées par les conséquences du changement climatique, et de permettre aux concerné·es de se compter pour peser dans le débat public.

  • Victoire : TotalEnergies condamnée pour manquement à son devoir de vigilance climatique !

    Victoire : TotalEnergies condamnée pour manquement à son devoir de vigilance climatique !

    Communiqué de presse, 25 juin 2026, Paris – Dans le contentieux climatique porté par Notre Affaire à Tous, Sherpa, France Nature Environnement et la ville de Paris contre TotalEnergies, le tribunal judiciaire de Paris vient de condamner la multinationale pour manquement à son devoir de vigilance climatique. Le tribunal reconnaît que l’entreprise a bien un devoir de vigilance climatique qui s’étend à ses émissions issues de la combustion des produits pétroliers et gaziers (scope 3), qui représentent près de 90% de ses émissions. Il demande à la multinationale  de compléter son plan de vigilance dans un délai de six mois, en incluant les mesures adaptées pour réduire ces émissions. À défaut, TotalEnergies sera de nouveau condamné.

    Retrouvez la décision complète ici.

    Une décision judiciaire majeure qui reconnait le devoir de vigilance climatique des multinationales

    Le tribunal judiciaire reconnaît que les grandes entreprises françaises soumises à la loi du 27 mars 2017 sur le devoir de vigilance ont l’obligation d’identifier les risques que leurs activités et celles de leurs filiales font peser sur le climat et de prendre les mesures nécessaires pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Une décision qui marque une étape importante, en confirmant que le devoir de vigilance s’applique pleinement aux risques climatiques générés par les multinationales. Le Tribunal rejette ainsi la position défendue par le ministère public à l’audience, en soutien de TotalEnergies, selon laquelle la loi ne s’appliquerait pas au climat. 

    Les juges retiennent une conception large du périmètre du devoir de vigilance climatique, qui s’étend non seulement aux émissions directes de l’entreprise (dites de scope 1 et 2) mais également aux émissions résultant de l’utilisation de ses produits (dites de scope 3). Alors que Total soutenait que les émissions de scope 3 sont celles de ses consommateurs, le tribunal reconnaît que l’entreprise est bien en capacité d’influer sur ces émissions. 

    Le tribunal ne s’est pas encore prononcé sur la stratégie climatique de Total

    L’entreprise est condamnée à publier un nouveau plan de vigilance dans un délai de six mois qui devra comporter une nouvelle cartographie des risques climatiques et des mesures adaptées de prévention des risques climatiques. Un nouveau rendez-vous est fixé au 21 janvier 2027. Si les mesures de réduction d’émissions de l’entreprise sont jugées insuffisantes, le tribunal pourra prononcer une nouvelle condamnation. 

    Une victoire pour le devoir de vigilance européen

    Le tribunal confirme l’intégration du climat dans la directive européenne CS3D du 13 juin 2024 sur les obligations des multinationales en matière de droits humains et d’ environnement. Le juge estime, par une interprétation ambitieuse, que la directive comprend des obligations climatiques, en dépit de la suppression de l’ancien article 22 de la CS3D sur l’obligation d’adopter des plans de transition climatique.

    Des mesures complémentaires à venir pour prévenir le dommage porté à l’atmosphère ? 

    Le tribunal a suspendu sa décision en attendant que TotalEnergies complète son plan de vigilance. L’entreprise pourrait donc être condamnée ultérieurement à mettre en œuvre des mesures spécifiques concernant ses activités fossiles pour prévenir le dommage écologique causé à l’atmosphère. En effet, le groupe a une empreinte carbone massive de 376 MtCO₂e, soit près de 1% des émissions mondiales, ce qui équivaut approximativement aux émissions territoriales annuelles d’un pays comme la France.

    “Il s’agit d’une décision importante en ces journées de canicule sans précédent : lutter contre le dérèglement climatique c’est aussi lutter pour un avenir vivable au quotidien. Les multinationales – notamment les entreprises pétro-gazières comme TotalEnergies – doivent faire leur part afin de protéger nos proches, les territoires qui nous sont chers et les personnes les plus vulnérables aux effets du dérèglement climatique. Nous continuerons le combat pour nous assurer que cela soit le cas”, déclarent les associations.

    Dans ce dossier les associations et la Ville de Paris sont représentées par les cabinets Seattle et De Cambiaire-Meziani. 

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  • Pesticides : la coalition  Justice pour le Vivant saisit la justice pour contraindre l’État à exécuter sa condamnation 

    Communiqué de presse, Paris, le 23 juin 2026– Les associations membres de  Justice pour le Vivant (Notre Affaire à Tous, POLLINIS, Biodiversité sous nos pieds, ASPAS, ANPER-TOS) annoncent le dépôt d’un recours en exécution contre l’État pour non-respect de la décision de la cour administrative d’appel de Paris du 3 septembre 2025.

    ​Dans cette décision, la Cour a enjoint à l’État d’actualiser ses protocoles d’évaluation des pesticides dans un délai de 24 mois et d’établir, sous 6 mois, un calendrier de révision des autorisations de mise sur le marché insuffisamment évaluées au regard des connaissances scientifiques les plus récentes sur leurs impacts sur la biodiversité. Or, les associations estiment que le plan d’action transmis par le gouvernement ne permet pas de répondre pleinement à ces obligations.

    ​Ce recours en exécution ne vise pas à rouvrir le contentieux sur le fond, mais à obtenir l’application effective d’une décision de justice. Les associations demandent donc simplement que l’État respecte les obligations qui lui ont déjà été imposées par la justice. L’enjeu reste inchangé : mettre fin à des défaillances administratives qui permettent encore la mise sur le marché de pesticides dont les impacts sur la biodiversité pourraient être insuffisamment pris en compte.

    ​Si les associations ont conscience de l’ampleur de la tâche, elles considèrent que le plan d’action transmis par l’Etat, ne permet pas d’assurer une exécution effective de la décision de justice et identifient trois insuffisances majeures (1).

    1. La révision des AMM existantes demeure extrêmement limitée : seuls 7 pesticides retenus sur près de 1000

    Alors que la justice demandait à l’État de réexaminer les pesticides insuffisamment évalués, le plan d’action aboutit à ne retenir que 7 produits sur près de 1 000 potentiellement concernés.

    Il a d’abord écarté près de 200 pesticides en retenant arbitrairement 2013, année de publication des lignes directrices de l’EFSA sur les abeilles, comme point de départ du réexamen, plutôt que 2009, date d’entrée en vigueur du règlement européen qui encadre l’évaluation des pesticides et sur lequel la décision de la cour administrative d’appel de Paris est fondée. Ce choix, dépourvu de fondement juridique clair, réduit considérablement le périmètre des pesticides concernés.

    Sur les 719 substances restantes identifiées comme pouvant être réexaminées, l’État en a écarté 712 au moyen de filtres reposant sur des critères arbitraires et une vision théorique de l’exposition des abeilles qui invisibilisent les autres espèces non ciblées et ignorent des risques pourtant bien documentés.

    2. Une vision de la biodiversité se limitant aux seules abeilles

    La décision de la cour administrative d’appel de Paris ordonne à l’État d’actualiser l’évaluation des pesticides pour prendre en compte leurs effets réels sur l’ensemble de la biodiversité : vers de terre, insectes non ciblés, oiseaux, mammifères ou encore organismes aquatiques.

    Or, le plan d’action présenté par le gouvernement ne contient en réalité qu’une seule avancée : l’application obligatoire, mais temporaire (2), de la méthodologie EFSA 2013 pour les abeilles domestiques et sauvages, ainsi que pour les bourdons. Cette évolution constitue certes un progrès, en particulier pour mieux prendre en compte certains effets sublétaux des pesticides, mais elle ne permet pas de lutter de manière satisfaisante contre l’effondrement de la biodiversité relevé par la justice.

    Pour les autres groupes d’espèces, les protocoles d’évaluation demeurent inchangés. Ils reposent sur des méthodologies obsolètes, élaborées il y a plus de dix ans et insuffisamment actualisées au regard des connaissances scientifiques récentes. En limitant ainsi la révision des évaluations à une fraction seulement de la biodiversité, l’État maintient une appréciation incomplète des risques liés aux pesticides et ne se conforme que partiellement aux exigences fixées par la Cour en matière de respect du principe de précaution.

    3. Aucune prise en compte des effets cocktails 

    Enfin, le plan ignore totalement les effets cocktails des pesticides, pourtant explicitement reconnus dans l’arrêt de la cour administrative d’appel de Paris et largement documentés par la science. Les évaluations restent centrées sur les substances prises isolément, alors que l’environnement est en réalité exposé à des mélanges complexes de pesticides et de coformulants. Or les données disponibles montrent une contamination généralisée des sols, des eaux et de la faune, avec des centaines de combinaisons de substances déjà identifiées en conditions réelles. En continuant à délivrer des AMM sans intégrer ces effets cumulés, l’État maintient des autorisations fondées sur une évaluation partielle des risques, malgré l’existence de risques systémiques scientifiquement avérés.

    Un enjeu de protection du Vivant mais aussi de l’État de droit 

    Les associations rappellent que le pourvoi en cassation engagé par l’État n’a pas d’effet suspensif : l’État demeure tenu d’exécuter la décision de la cour. Le recours en exécution ne vise donc pas à rouvrir le contentieux sur le fond, mais à garantir la mise en œuvre effective d’une décision de justice.

    « La décision de justice ordonne clairement à l’Etat d’agir pour protéger l’ensemble de la biodiversité. Nous demandons que l’État respecte les obligations qui lui ont été imposées par la Cour et mette enfin ses procédures d’évaluation des pesticides en conformité avec l’état des connaissances scientifiques. Au-delà du droit, c’est la protection de l’ensemble du Vivant et notre santé à toutes et tous qui est en jeu. »

    Notes

    (1) Pour davantage de détails, voir l’annexe et la question “Pourquoi la coalition estime que le plan de l’État ne répond pas à la décision de justice ?”

    (2) Précision, le caractère temporaire des lignes directrices EFSA de 2013 est important, car celles-ci ne seront plus appliquées à partir du moment où celles de 2023, moins protectrices des pollinisateurs, seront adoptées.

    Questions – réponses :

    Rappel – qu’à ordonner à l’Etat la cour administrative d’appel de Paris dans sa décision du 3 septembre 2025 : 

    • Actualiser les protocoles d’évaluation et d’autorisation des pesticides insuffisamment protecteurs du vivant d’ici 24 mois.
    • Revoir les autorisations de mise sur le marché (AMM) actuellement en vigueur d’ici 24 mois, et pour lesquelles la méthodologie d’évaluation n’aurait pas été conforme aux exigences notamment du principe de précaution. 
    • Établir dans les six mois prochains un calendrier de révision des AMM concernées. C’est sur la base du calendrier présenté que nous déposons notre recours en exécution

    Quelle différence entre le recours en cassation et le recours en exécution : 

    Il faut bien distinguer ces deux recours :

    • Le recours en cassation, c’est la suite du contentieux sur le fond du dossier. Ce pourvoi n’est pas suspensif, ce qui veut dire que l’Etat reste tenu d’exécuter la décision d’appel.
    • Le recours en exécution, qui est lancé cette semaine, vise à faire respecter cette décision d’appel. 

    Quel est l’enjeu de ce recours en exécution :

    • L’État avait l’obligation de présenter un calendrier crédible de révision des autorisations de pesticides insuffisamment évalués d’ici au 4 mars 2026. Le plan transmis ne répond pas à cette exigence.
    • Le recours annoncé vise à faire respecter une décision de justice déjà obtenue par les associations. L’objectif n’est pas de multiplier les contentieux, mais bien d’obtenir la mise en œuvre de la décision de justice du 3 septembre 2025.
    • Derrière cette procédure, l’enjeu reste inchangé :
      • mettre fin à des défaillances administratives qui permettent encore le maintien sur le marché de pesticides dont les impacts sur la biodiversité pourraient être insuffisamment pris en compte.
      • Nous demandons simplement que l’État respecte les obligations que la justice lui a imposées.

    Pourquoi la coalition estime que le plan de l’État ne répond pas à la décision de justice ?
    Trois insuffisances

    Insuffisance 1 : 7 pesticides retenus sur 719 

    • L’État devait réexaminer un grand nombre d’autorisations de pesticides potentiellement incompatibles avec la protection de la biodiversité, mais a retenu une méthodologie très restrictive et arbitraire.
    • Il a d’abord écarté près de 200 pesticides en retenant arbitrairement 2013, année de publication des lignes directrices de l’EFSA sur les abeilles, comme point de départ du réexamen, plutôt que 2009, date d’entrée en vigueur du règlement européen qui encadre l’évaluation des pesticides et sur la base duquel la cour administrative de Paris a fondé sa décision. Ce choix, dépourvu de fondement juridique clair, réduit considérablement le périmètre des pesticides concernés.
    • Sur 719 pesticides restants, 712 sont ensuite exclus via plusieurs filtres discutables :
      • 285 produits de biocontrôle écartés d’office, alors qu’ils ne bénéficient d’aucun régime d’évaluation allégé et que près de 60 % d’entre eux pourraient présenter des risques significatifs pour la biodiversité.
      • 335 produits exclus au motif qu’un renouvellement est prévu d’ici 2027, alors que les retards de réévaluation sont fréquents et qu’il est urgent d’examiner en priorité les pesticides les plus dangereux.
      • 24 pesticides écartés parce qu’utilisés sur des cultures dites non attractives pour les abeilles, une approche qui ignore les impacts sur les autres espèces et la contamination diffuse de l’environnement.
      • 29 pesticides exclus car appliqués hors floraison, alors que ces substances peuvent affecter d’autres organismes et que certains pesticides systémiques restent présents dans la plante et exposent les pollinisateurs bien au-delà de la période de floraison.
    • Ces critères ignorent des risques majeurs connus (contamination diffuse, effets sur espèces non ciblées, pesticides systémiques, retards de réévaluation), et conduisent à une sous-estimation des impacts réels sur la biodiversité.
    • Au final, seuls 7 fongicides peu utilisés et peu documentés sont retenus, ce qui ne cible pas les substances les plus problématiques et ne répond pas à l’objectif de réduction du préjudice écologique.

    Insuffisance 2 : La biodiversité dans son ensemble est ignorée

    • La Cour impose d’évaluer les risques sur l’ensemble des espèces non-ciblées (vers de terre, oiseaux, organismes aquatiques, etc.), mais le plan se limite de facto aux abeilles.
    • L’application de la méthodologie EFSA 2013 constitue une avancée (effets sublétaux mieux pris en compte), mais reste insuffisante au regard des exigences de la Cour.
    • Les protocoles utilisés pour d’autres groupes d’espèces sont obsolètes (2002 pour certains vertébrés/arthropodes, 2015 pour les milieux aquatiques), sans actualisation scientifique.
    • L’État refuse de s’écarter des cadres méthodologiques existants, contrairement à ce qu’exigerait la décision judiciaire et l’état actuel des connaissances scientifiques.

    Insuffisance 3 : Les effets cocktails sont totalement ignorés

    • Le plan ne contient aucune prise en compte des effets cocktails, pourtant explicitement recommandés par le droit européen et les connaissances scientifiques.
    • Les pesticides et leurs coformulants sont pourtant omniprésents dans l’environnement, avec des contaminations multiples et combinées largement documentées.
    • De nombreuses études montrent l’ampleur de ces mélanges (sols européens massivement contaminés, centaines de combinaisons détectées, multi-expositions fréquentes en France).
    • Des recherches récentes (dont CNRS 2026) établissent des effets préoccupants sur la faune, confirmant la nécessité d’intégrer ces interactions dans l’évaluation des risques, ce que l’État refuse de faire.

    La condamnation de l’Etat dans le dossier Justice pour le Vivant et ses implications pour la loi d’Urgence Agricole (LUA)  : 

    • La décision de la cour administrative d’appel de Paris de septembre 2025 consolide le standard juridique européen, en imposant que l’évaluation des pesticides repose sur les données scientifiques les plus récentes et les plus complètes, dans la lignée de la jurisprudence Blaise.
    • Cette décision crée un cadre juridique difficilement contournable, qui limite les possibilités de réintroduire ou maintenir des pesticides sans évaluation scientifique robuste et actualisée de leurs impacts.
    • Les amendements visant à réintroduire certaines dispositions de la loi Duplomb se heurtent directement à cette exigence, puisqu’ils nécessitent notamment un avis de l’ANSES.
    • Or l’ANSES est tenue d’appliquer des protocoles d’évaluation renforcés, notamment à la lumière des lignes directrices EFSA 2013 et des exigences rappelées par la justice.
    • L’avis négatif du gouvernement sur ces amendements illustre ainsi l’effet concret de la condamnation de 2025, qui rend juridiquement plus difficile tout recul des exigences de protection de la santé et de la biodiversité (source Le Monde)

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  • Soutenues par le Syndicat des Avocat·es de France, 30 organisations attaquent le décret de simplification du droit de l’environnement

    Communiqué de presse, Paris, le 19 juin 2026 – Le Syndicat des Avocat·es de France ainsi qu’une trentaine d’organisations dont le Syndicat de la Magistrature, France Nature Environnement, la Ligue des Droits de l’Homme, la Ligue pour la Protection des Oiseaux, la Confédération paysanne, Greenpeace France, Terres de luttes, Data for Good, Notre Affaire à Tous, s’unissent pour déposer un recours afin de stopper un coup fatal porté au droit de l’environnement par le récent décret du 21 avril 2026, dit de “simplification de la procédure contentieuse en matière environnementale” et d’accélération de certains projets”.

    Le mouvement de détricotage du droit de l’environnement est bien connu des organisations environnementales et des avocat.es dans cette matière : depuis plusieurs années, le droit de l’environnement est sans cesse diminué, grevé d’exceptions et de “simplifications” dans le but d’accélérer les projets et leurs implantations au détriment de l’environnement bien commun. Les procédures de participation du public sont toujours plus expéditives et les recours contre les autorisations de ces projets toujours plus complexes à déposer pour les associations et citoyens.

    L’année passée, de nombreux.ses avocat.es en droit de l’environnement du Syndicat des Avocat·es de France s’étaient déjà uni.es dans une tribune intitulée “le droit de l’environnement est mort, vive le droit à polluer” afin de dénoncer de prétendues simplifications de procédure, qui, loin de simplifier le contentieux, créent de nouvelles difficultés pour l’ensemble des acteurs concernés : associations, citoyens, avocats, magistrats, etc.

    C’est encore le cas ici, comme le précisait le SAF dans un communiqué de presse au lendemain de la parution du décret : ce décret entraîne plusieurs modifications majeures du droit de l’environnement pour une large série de projets, répartis en cinq catégories, avec des conséquences inquiétantes :

    • L’accès aux tribunaux de première instance est supprimé. Les requérants devront dorénavant saisir directement la cour administrative d’appel. Cette suppression du premier degré de juridiction contraint les requérants à saisir une juridiction plus éloignée et à supporter le coût d’une représentation obligatoire par avocat.
    • Le recours gracieux, qui permettait de prolonger les délais pour introduire un recours devant le tribunal, ne produit plus cet effet, faisant peser sur des personnes souvent peu averties, la responsabilité d’une organisation minutieuse et d’une grande réactivité face à des porteurs de projets accompagnés par des équipes d’avocats spécialisés.
    • Les cours administratives d’appel devront traiter les dossiers dans un délai de 10 mois, ne permettant pas d’instruction précise, d’échanges de mémoires et de réelle étude de l’impact des projets, si souvent dissimulé par les porteurs de projet au sein d’études d’impact de centaines, voire de milliers de page et court-circuitant de fait l’accès à l’expertise et à la médiation, les juges indiquant eux mêmes que ces délais ne sont pas suffisants pour une justice pleine et entière,
    • Enfin plusieurs modifications procédurales, comme la cristallisation des moyens ou l’obligation de notification des recours viennent alourdir la procédure, semant des pièges supplémentaires dans le parcours déjà escarpé du recours environnemental. Le non-respect de cette procédure permettant, évidemment, d’écarter d’un revers de manche la contestation.

    Depuis de nombreuses années, les organisations environnementales tirent la sonnette d’alarme face au mouvement consistant à accélérer et simplifier l’implantation de projets ayant des impacts irréversibles sur le vivant et à toujours complexifier, éloigner l’accès à la justice et l’information du public. La profession agricole, ici représentée par la Confédération paysanne, fait de même au regard des difficultés accrues de régulation des projets agro-industriels types ICPE, mégabassines, ou autres projets énergétiques consommateurs d’espaces agricoles, naturels et forestiers. Les magistrats administratifs eux-mêmes critiquent ces modifications incessantes sans recul qui complexifient au lieu de simplifier, sans tenir compte des principes de droit au recours. Cette fois-ci le Syndicat des Avocat.e.s de France vient épauler ces organisations pour faire obstacle à l’application de ce décret contraire au droit de l’environnement en vigueur et au droit d’accès à la justice.

    Ce 19 juin à 9h seront donc déposés un recours en urgence et un recours au fond pour demander la suspension sans délai et l’annulation du décret n°2026-302 au Conseil d’État.

    Ressources complémentaires

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